‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 2)Chapitre 37 sur 64 · D. AUGUSTIN · texte numérisé non relu

D. AUGUSTIN

» vive Dieu I le fripier me le payera plus tard.

D. MARCOS

» Vous manque-t-il encore quelque chose ?

L'HOMME

>^ Cette robe de chambre et ce bonnet.

D. M ARC os (les lui jetant).

» Les voi(îi, et s'il faut encore ma peau, pronez-la, » pourvu que vous ne me demandiez pas de l'argent. » D. Agapet, qu'est-ce que cela signifie ?

D. AGAPET

» Que sais-je I

D. MARGOS

» Entremetteur du diable, nous voilà frais I

D. AGAPET

» Mais moi...

D. MARCOS

» C'est à vous la faute, et...

ISIDORE

» Ecoutez-moi, je vous prie. 11 n'y a ici d'autres^s^^s » torts que les torts de l'amour. Éprise de vous, c'est^-^sst

» pour vous appartenir que je m'étais donné ces ap ^^^

» parences de richesse et de luxe.

D. MARCOS

» Que dites-vous?

ISIDORE

» Ce que vous entendez.

D. MARCOS

» Quoi, ce riche colon, votre premier époux...

ESSAI sua L9 THÉÂTRE AfiFAONOL 203

ISIDORE

» Pure fiction I

D. MARGOS

» Et tout cet argent en barres !...

ISIDORE

» Il s'est envolé*

D. MARGOS

» Ces navires...

ISIDORE

» Submergés.

D. MARGOS

» Cette dot magnifique...

ISIDORE

» Il n'y faut plus penser.

D. MARGOS

» Et ce sera à moi de vous nourrir ?

ISIDORE

» Sans doute, puisque je suis votre femme.

D. MARGOS

» Eh I qu'attends-je donc pour me pendre à une poutre, ou plutôt, ce qui m'épargnerait la dépense d'une corde, pour me jeter dans un puits la tête la ^ première! >

Les passages que nous venons de citer sont plus que suflasants pour caractériser le genre démérite de cette comédie. Elle indique une transformation remarquable dans la nature du drame espagnol,- la substitution de la peinture plus ou moins chargée des vices et des ridicules aux conceptions idéales et poétiques deLope et de Calderon. Moreto, dans quelques-uns de ses ouvrages, avait commencé cette ré-

204 BSSAI SUR LE THÉÂTRE BSPAQNOL

volution avec la mesure, l'élégance, la grâce qui m Tabandonnent jamais. Rojas moins châtié, moinî exquis, mais non pas moins fort de comique, s'étaii avancé plus hardiment dans la même voie. L'œuvr( de la Hoz va plus loin encore. En la lisant, on croirais déjà toucher au dernier terme de cette révolution, répoquede Zamora et Caûizarès. Si le peu de donrr^^j; nées biographiques qu'on possède sur l'auteur d^^ ^ Châtiment de l'Avarice n'excluait pas presque abso ^^g^ lument cette supposition, on pourrait croire, ^ ^ effet, que cette pièce appartient à la fin du règne ^ ,^ ^ Charles II ou plutôt au commencement de celui ^ j Philippe V. D'une part, l'absence complète de poés,^^ ^gj^ de sentiments exaltés ou romanesques, de l'aut of-^^^^ certaines idées, certaines expressions, certaines pl^^^ja/, sauteries où perce Timitation du goût et des usa,^«^^^ français, tout semble révéler une autre atmosplL^r^^^.^ que celle de la cour de Philippe IV.

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