‹ Essai sur le traitement des ulcères gastro-duodénaux par certaines méthodes d'organothérapieChapitre 15 sur 20 · PIRE · texte numérisé non relu

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cas d’angine de poitrine, ils ont constaté, par de nombreux examens radioscopiques une action trophique sur les parois artérielles.

Dans le traitement des ulcères variqueux par des injections d’angioxyl à haute dose, les mêmes auteurs ont obtenu des résultats très intéressants. Ils concluent que l’angioxyl a une action trophique d’ordre général retentissant sur la nutrition des tissus périphériques.

« Cela n’explique pas encore tout, et l’on peut se demander comment s'exerce cette action trophique. Est-ce en exaltant la vitalité des tissus ? Est-ce en agissant sur les vaisseaux qui les nourrissent ? À cet égard il serait prématuré de conclure, mais il ne me paraît pas illogique d'admettre que c’est la seconde explication qui paraît la plus vraisemblable. On comprendrait ainsi que le médicament puisse agir dans des cas en apparence ausi dissemblables : artérite oblitérante, coronarite, ulcère variqueux, etc.

« À ce faisceau de faits, s’en ajouterait dès lors un autre concernant les ulcères gastro-duodénaux dont la guérison, comme celle des ulcères variqueux, serait due à des modifications provoquées sous l'influence du médicament dans le territoire des vaisceaux nourriciers de la région malade. Or, l’on a signalé depuis longtemps et l’on sait quelle est l'importance des altérations vasculaires au pourtour des ulcères variqueux comme au pourtour des ulcères gastro-intestinaux.» (Vaquez.)

En résumé, on peut dire que l'extrait pancréatique désinsuliné agit électivement sur les phénomènes subjec tifs douloureux de l’ulcus gastro-duodénal : disparition rapide de toute douleur, des vomissements, de l’intolé-

ENENR

rance gastrique, suivie d’une reprise de poids et de l’amélioration de l’état général; les signes radiologiques s’amendent ou disparaissent ; le taux de l'acidité gastrique ne change guère et même augmente parfois. La guérison n'est pas définitive : les récidives, sans être fréquentes, sont possibles ; la médication n’a pas usé ses vertus curatives et elle peut être réemployée avec succès lors d’une rechute.

L'action de l’angioxyl semble due à des phénomènes vasculo-trophiques qui accélêrent la guérison de la plaie ulcéreuse ; ces phénomènes ne sont pas spécifiques des ulcères gastro-duodénaux, mais se produisent également en faveur des ulcères variqueux, des plaies par artérite oblitérante, coronarite, et en général de toutes celles qui sont dues ou entretenues par un défaut de trophicité ou de vascularisation.

Les injections d’acides aminés

Cela ne paraîtra peut-être pas très exact, que nous fassions entrer au nombre des méthodes d’organothérapie les injections d’acides aminés. Mais ces derniers ne sontils pas un des facteurs indispensables de l’architecture cellulaire, et les expériences récentes de Weiss et Aron ne tendent-elles pas à prouver que la carence en acides aminés par inaptitude de l'organisme à dégrader les protéines,, entraîne la formation d’ulcères gastro-duodénaux ?

Est-ce alors trop osé de dire que par l’aminothérapie on réalise une organothérapie cellulaire ?

Depuis les expériences de Mann, Kawamura et Wil-

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liamson qui montrèrent que l’on pouvait obtenir dans 100 % des cas des ulcères expérimentaux par dérivation duodéno-pancréatico-biliaire dans l’iléon, de très nombreux auteurs ont réalisé des expériences analogues : une infinie variété de techniques furent préconisées, mais toutes tendaient à démontrer que l’ulcère se produisait par suite du manque d’enduit protecteur sur la muqueuse gastro-duodénale ; on dériva séparément le suc pancréatique, la bile, le suc duodénal ; ces expériences furent beaucoup moins démonstratives ; Aron, dans sa thèse très savante, les rapporte longuement.

Poursuivant, avec A.-G. Weiss, ses recherches sur la pathogénie des ulcères expérimentaux chez le chien, il fut amené à penser que le reflux duodénal de Boldyreff ne jouait aucun rôle dans le genèse de l’ulcus ; en effet ce phénomène est loin d’être constant, et de plus …il observa des lésions pré-ulcéreuses et ulcéreuses sur le jéjunum, après gastrectomie totale chez le chien.

Dès lors, il orienta ses travaux dans le sens de la recherche du trouble nutritif produit par la dérivation, en particulier de l'insuffisance protéolytique.

Injectant des acides aminés (histidine et tryptophane) à des chiens sur lesquels il pratiquait la dérivation des sucs duodénaux, il eut la surprise de les voir demeurer en parfait état de santé, alors que les chiens non injectés mouraient rapidement.

Employant alors les acides aminés dans le traitement des ulcères humains, il obtint de brillants résultats.

Essayant séparément le tryptophane et l’histidine, il constata que la seconde seule était efficace.

eV ANR De nombreux malades ont été traités et Aron, dans sa thèse, rapporte dix-sept observations.

Le traitement consiste en injections quotidiennes d’une ampoule de 5 centimètres cubes d’histidine, pendant vingt et un jours ; aucune médication adjuvante n'est prescrite, aucun régime spécial n’est ordonné.

La douleur cède rapidement entre la deuxième et la huitième piqûre, les vomissements, les nausées, les renvois disparaissent, l'intolérance gastrique fait place à une tolérance remarquable, et des. malades qui depuis des années ne pouvaient plus supporter la viande, en prennent avec appétit et ne ressentent aucune gêne.

L'état général s'améliore grandement, et il n’est pas rare de voir le poids augmenter de 2 à 7 kilos pendant le mois de traitement.

Les hémorragies intestinales provoquées par les ulcérations s'arrêtent pour ne plus revenir.

L'effet sur l'acidité gastrique est moins net : il semble cependant qu’il y ait en général une légère diminution du taux de cette acidité.

Les signes radiologiques s’amendent : les niches, sauî lorsqu'il s’agit d’ulcères calleux disparaissent ; les retards d'évacuation, les spasmes, l’hyperkinésie, l’hypersécrétion s’améliorent.

Aucun échec n’est venu assombrir la belle statistique des auteurs ; cependant ils notent que l’action de l’histidine est plus rapide dans les ulcères jeunes que dans les ulcères anciens, et son efficacité plus grande dans les lésions gastriques que dans les lésions duodénales.

Lenormand utilise lui aussi depuis octobre 1932 les acides aminés dans le traitement des ulcus ; il injecte.

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