‹ Essai sur les causes de variations de l'intensité des courants galvaniquesChapitre 6 sur 18 · DÉVIATION · texte numérisé non relu

DÉVIATION

Ij Nitre.

Nitre.

Acide nitrique.

Potasse.

Âcide nitrique.

1) Sel marin.

Sel marin.

Sulfate cuivrique.

Sulfure potassique.

Sulfate cuivrique.

Ij Sel marin.

Sel marin.

.4cide hydro-cblorique.

Potasse.

Acide hydro-cblorique.

1) Sulfate sodique.

Sulfate sodique.

Acide sulfurique.

Potasse.

Âcide sulfurique.

Le courant produit diminue avec la plus grande rapidité, et on pourrait en chercher la cause dans la couche de sel neutre, qui se forme par l’union de l’acide avec l’alcali, puisqu’on effet en éloignant le siphon 2, et le remplaçant par un autre semblable rempli de liquide, l’intensité du courant primitif reparaît presque entièrement.

Mais un examen plus attentif montre que cette diminution provient de la polarisation en sens contraire des plaques de platine.

En effet en réunissant par un siphon les vases conducteurs , après avoir enlevé 1 et 3, on obtient un courant en sens inverse du premier.

Dans une expérience, a et è contenaient de l’eau de puits, A de l’acide sulfurique — et B du chlorure sodique -I-. Il y eut déviation de l’aiguille, d’abord de 27% puis 23®, puis 20®; lorsqu’elle n’était plus que 10®, on remplaça le siphon 2 rapidement par un siphon

frais. Il n’y eut aucune augmentation de déviation. En faisant communiquer les vases conducteurs, il y eut un courant énergique en sens inverse.

Après que celui-ci eut disparu, le siphon des vases conducteurs fui enlevé et celui des vases excitants rétabli , sans l’avoir rempli de nouveau et sans en avoir essuyé les extrémités. Sa déviation fut de nouveau de 27® vers l’acide sulfurique.

De ces faits il résulte incontestablement que l’action réciproque de deux liquides produit un courant, mais bien plus faible que celui de la pile de Becquerel, dans laquelle les plaques métalliques plongent elles-mêmes dans les liquides excitateurs.

M. Fechner trouva que le rapport des courants produits :

1® Par zinc et cuivre dans une solution de nitre;

2“ Par deux plaques homogènes de platine , dont l’une plonge dans de l’acide nitrique et l’autre dans une solution de potasse caustique , est comme i3,ioi : 3,644*

Et celui des courants de ces mêmes plaques , mais plongeant

1“ Dans les liquides excitateurs directement;

2“ Dans des liquides conducteurs intermédiaires comme 8,644 •

En outre on obtint souvent , comme par exemple avec le sulfate cuivrique et le sulfure potassique des courants en sens inverse , suivant qu’on opérait en faisant plonger les plaques de platine directement, ou seulement dans les intermédiaires.

Dans le premier cas on obtint une déviation de 128“ dans la direction du sulfate cuivrique qui était négatif.

Dans le second cas , il y eut 80® dans le sens du sulfure potassique , qui était alors négatif.

La grande influence des liquides sur les métaux dans ces sortes de piles , se montre encore par les différences des déviations obtenues avec les mêmes liquides, suivant qu’on employait un métal ou un •autre.

Il arrive souvent que c’est précisément avec les métaux les plus négatifs, c’est-à-dire les moins altérables, qu’on obtient les plus fortes valeurs.

Ainsi, par exemple, un vase avec du sulfure potassique fut mis en communication avec de l’eau ordinaire au moyen d’un siphon rempli de ce dernier liquide, et dans les vases furent placées des plaques homogènes de platine , cuivre , etc.

Les plaques placées dans le sulfure potassique étaient positives, et les déviations de l’aiguille furent :

Pour le platine i36 +19,5

— cuivre. ...... 1 34,7-1- 11, 3

— bismuth pur . . . 91,8-h 2,8 •

— antimoine pur. . . 77,5+13,8

— étain purifié. ... 58 +i5

— plomb 49î^ — 5^4

— zinc distillé .... 35,5 — 33

Les nombres de la première colonne indiquent la marche extrême de l’aiguille au premier instant , ceux de la seconde colonne marquent son point d’arrêt dans son mouvement d’oscillation rétrograde. La moyenne des deux donne à peu près la déviation fixe.

Quant à la production elle-même de l’électricité par deux liquides hétérogènes , nous remarquons d’après les expériences :

r Que la grandeur de la surface de contact des liquides est sans influence;

2“ Qu’il n’existe pas de résistance de passage d’un liquide à l’autre, ou si elle existe, sa valeur est extrêmement petite;

3“ Que la différence de niveau est sans influence;

4“ Que la nature du liquide du siphon 2 est sans influence, pourvu que ce soit un de ceux contenus dans les vases excitants.

Si ce liquide est le même que celui des vases conducteurs, l’action est nulle ; s’il est différent, on pourra obtenir des courants différents en intensité et même en direction.

Par exemple, de l’acide sulfurique et une solution de chlorure ammonique se trouvaient entre des solutions de nitre et des plaques de cuivre. Le siphon n“ 2 étant rempli d’acide sulfurique, il y eut déviation vers l’acide sulfurique de 71“, 5 à 16°, 8; rempli de sulfate sodique, déviation de 64°, 3 -h 5“ vers le sel ammoniaque; rempli de potasse caustique, 24%9-h9”,5 vers le sel ammoniac en- , core; rempli d’acide chlorhydrique, déviation considérable vers l’acide sulfurique.

5“ Que le courant doit toujours conserver la même direction , en substituant au liquide des vases conducteurs le liquide d’un des vases excitants et réciproquement.

En effet, les vases conducteurs sont proprement tout aussi bien excitants que les autres; car dans une disposition dans laquelle on a par exemple de l’acide nitrique et de la potasse caustique entre du nitre, la chose se passe comme si l’on avait la disposition suivante ;

La séparation (;Ju vase avec la solution de nitre en deux et leur réunion par les fils du multiplicateur, ne l’empêche pas d’avoir dans 1 acte de la production du courant une part analogue à celle des vases excitants.

6“ Que le choix des métaux n’est pas sans influence à cause de leur différence à se polariser, à redevenir homogènes , à conduire le courant ou à le laisser passer du liquide dans le corps solide, etc. Ainsi, par exemple, le platine offre une action moindre et une diminution plus rapide que les autres métaux.

7“ Que l’augmentation de surface des métaux plongeant dans les liquides, a une influence marquée sur l’intensité du courant. Ce qui

prouve que la diflFérence observée avec les dilFérents métaux réside surtout dans la résistance du passage qui varie suivant le métal dont ou fait usage.

8" Que l’intensité du courant produit par deux liquides seuls est insuffisante pour produire une décomposition chimique.

De ce qui précède il résulte que le contact de deux liquides peut produire un courant électrique : ce courant ne se manifeste que par des effets très-faibles, mais ce qui n’autorise pas à en conclure que le développement de l’électricité soit plus faible que celui produit par deux corps solides ; au contraire, on serait tenté à le croire plus considérable, en considérant que des piles formées seulement de métaux hétérogènes ne produisent absolument aucun courant en vfirtu de la loi des tensions électriques. Mais l’existence du courant et sa faiblesse pour deux liquides hétérogènes peuvent s’expliquer en admettant que pour les liquides cette loi n’existe pas aussi parfaitement que pour les solides, ou bien que, même en y étant soumis, il résulte de leur action réciproque des effets secondaires, effets chimiques, de polarisation, etc., qui détruisent l’équilibre et manifestent ensuite leur action, soit sur le multiplicateur, soit sur le condensateur.

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