‹ Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé [microforme]Chapitre 2 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

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Des trois causes principales qui peuvent modifier les récoltes, il y en a deux qui dépendent de l’homme, ce sont la préparation ou l’état du sol, et la qualité des semences ; la troisième seule échappe à son action, quoiqu’il ne soit pas impossible que l’homme arrive peut-être un jour à maîtriser les influences atmosphériques et météorologiques. Mais sans exercer aujourd’hui de contrôle aucun sur ces influences, ne peut-il pas, guidé par l’étude et l'observation, et instruit par ses insuccès et ses pertes, se mettre plus ou moins à l’abri de leur action ? Voilà sans aucun doute ce qu’on ne saurait contester ; et c’est même ce qui constitue une des bases de l’agronomie ou de l’étude théorique de l’agriculture.

Mais ne devant m'occuper dans cet opuscule que des maladies ou ennemis qui peuvent affecter la récolte du blé dans son rendement, le lecteur ne doit point s’attendre à ce que je m’étende ici sur le mode de culture le plus approprié ou qui pourrait être le plus avantageux à cette céréale.. Ainsi donc je ne dirai rien du choix du terrain qui convient au blé, de la préparation du même terrain, des différentes espèces de semences, etc. ; je supposerai même que toutes ces choses, dans tous les cas, seront toujours tellement en harmonie avec les règles d’une culture bien entendue, qu’elles ne puissent jamais paralyser les effets des remèdes que j’indiquerai dans chaque cas particulier.

Les plantes en général vivant et se régénérant sous l'influence de conditions géologiques, climatériques et thermométriques qui varient comme les lieux mêmes où elles se trouvent, on les verra très souvent languir, souffrir et mourir, si ces différentes conditions sont plus ou moins modifiées et à plus fortes raisons si elles l’étaienttoutes ; mais il peut arriver aussi souvent, et l’expérience le démontre, que des plantes transportées daus des pays d’un sol, d’un climat et d’une température bien différente de ceux où elles vivaient originairement, y gagnent en santé et en productibilité, en même temps que l’influence de ces nouvelles conditions les débarrasse complètement de leurs ennemis d’autrefois, tels que maladies organiques ou spéciales, entophytes, parasites, etc. C’est un fait à la connaissance de tous les bons agriculteurs. que les parasites végétaux et animaux s’acclimatent bien plus lentement que les céréales qui leur servent d'appui ou même de nourriture : de là cet empressement chez eux à se pourvoir de grains de semences de pays éloignés. C’est en partie, je pense, à cette cause, jointe à la vigueur de végétation qui caractérise notre climat, qu’on doit attribuer l’absence de maladies dans le froment pendant les premières périodes de la colonisation de ce pays, qui dès 1737 exportait déjà plus de 80,000 minots de blé. Ce ne fut que plus tard que le manque absolu de méthode dans la succession des récoltes, et l’épuisement de grandes pièces de terre qu’on avait forcées pendant des cinq et six années de suite à produire cette céréale, permirent de constater l'apparition de plusieurs de ces

maladies qui firent périr presque complètement larécolte de certaines années, et qui aujourd’hui encore viennent si souvent frustrer le cultivateur de ses justes espérances.

Car les végétaux vivant, naissant et se reproduisant comme les animaux, partagent leur sort, et sont aussi comme eux sujets à être malades. Et bien que les liquides et les solides de ces deux grandes classes d'êtres différent essentiellement, ainsi que les fonctions que duns l’une et dans l’autre ils sont destinés à remplir, cependant plusieurs auteurs ont cru reconnaître une grande analogie entre les maladies qui affectent l’animal et la plante, telles que l’asphixie, le chlorate, l’empoisonnement, les parasites, ete. Mais comme la science ne fait pour ainsi dire que d’entrer dans l'étude de ces différentes analogies, je me contenterai de rechercher et d’étudier ici celles de ces maladies que l’œil peut saisir d’ordinaire à première vue, ou que la raison ne permet pas de contester. Ces maladies pour le froment sont très nombreuses, eu égard au grand nombre d’ennemis qui lui font la guerre dans toutes les phases de son existence. Quelqües-uns l’attaquent dans la terre même avant qu’il soit éclos à la vie végétative, d’autres en bien plus grand nombre se suceèdent les uns aux autres pendant tout le cours de sa croissance, enfin rendu dans le grenier il n’est pas encore à l’abri de leurs poursuites.

Pour plus de clarté je rangerai ces ennemis en trois

classes : la première comprendra les maladies causées

par des influences atmosphériques ; la seconde les parasites végétaux ; et la troisième les parasites animaux.

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