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La surdité plus ou moins complète

Il ne sera nullement question ici des deux premiers Cas; nous nous arrêterons seulement au dernier, dans lequel l'auteur croit que le galvanisme ne convient qu'à la faiblesse ou à la paralysie du nerf acoustique, avec suppression ou diminution d'irritabilité, quel que soit le degré de cette affection; « car on peut bien, disent MM. « Brower et de La Roche, essayer le galvanisme « dans ceux où l'oreille est seulement plus ou « moins dure, si l’on peut s'assurer que ces sur- « dités ne proviennent que de l'asthénie indi- « recte (1) ».

(1) Biblioth. germ. médico-chirurgicale, t. vit.

Les signes qui distinguent la paralysie avec excès de celle par défaut d'irritabilité, ont été décrits au commencement de cette section. M. Grapengiesser ne conseille pas le galvanisme dans l’asthénie directe avec excès d'irritabilité; il dit n’en avoir jamais obtenu aucun succès.

Des neuf cas de surdité plus ou moins profonde rapportés par M. Grapengiesser, il y en a trois de surdité congéniale. Le sujet du premier cas est un enfant de douze ans. L'auteur ne dit pas le nombre de fois qu'il a soumis l'enfant malade à l'agent galvanique ; il se borne à dire « qu'en « continuant le même moyen (le galvanisme), il « a acquis la faculté d'entendre d’une oreille au « point de pouvoir répéter mot pour mot ce qu'on « dit à voix basse derrière lui, à quelques con- « sonnes près, quil ne peut pas encore bien « articuler (1). »

On n’a obtenu qu'un succès incomplet chez les deux autres sujets, l’un âgé de cinq ans, et l’autre de dix ans. M. Grapengiesser l’attribue à la discontinuation du traitement par les obstacles que les enfans y apportèrent.

Parmi les six derniers sujets, chez les uns, le traitement a été sans succès, et chez les autres, ce même traitement ne milite pas d’une manière victorieuse en faveur du galvanisme; car il

(1) Ouvrage cité.

a été employé concurremment avec d’autres remèdes.

Les journaux de médecine de Paris font aussi mention de cures obtenues par le galvanisme, dans divers cas de surdité.

Je ne sais jusqu'à quel point on doit ajouter foi à tous ces faits ; pour moi, j'avoue franchement avoir mis en usage le galvanisme pour diverses affections, notamment la surdité, soit accidentelle, soit de naissance; mes tentatives ont été sans succès. [l y a plus, le galvanisme a nui au nommé Carteron (dont j'ai donné l'observation dans la seconde section) : cet agent a rappelé les bourdonnemens de l'oreille droite, et l'audition est devenue plus obtuse.

L'opinion de M. Rainold sur ce sujet vient l'appui de ce que je viens de dire. « Selon lui, « dit M. Suc, si l'on doit s’en rapporter aux ex- « périences tentées jusqu'ici, sur l'organe de « louie, il parait prouvé qu'il n'est nullement < susceptible de l'impression galvanique (1). »

Cet agent serait nuisible et même dangereux, sil y avait douleurs de tête , propension à la congestion sanguine dans cette partie. Il ne sera d'aucun secours, quand il y aura embarras dans la trompe d'Eustache, la caisse du tambour, les cellules mastoïdiennes. Au reste, ce moyen est

La!

(1) Histoire du Galyanisme, 1.° partie, p. 159et 160.

très douloureux, peu de personnes peuvent en supporter l'application.

c Le magnétisme minéral a été, dit-on, employé avec succès par M. Klarich (1), médecin du roi d'Angleterre, pendant un mois entier, trois fois par jour, durant quelques minutes, pour une surdité incomplète avec bourdonnement.

Cet agent me paraît un bien faible moyen dans les affections morbifiques; il est vrai qu'on l'a employé avec quelque apparence de succès dansles douleursrhumatismales portées aux dents et à quelques autres parties du corps. Il fait cesser, à ce que l’on prétend, la douleur dès qu'il est appliqué sur la partie seuffrante; mais cette douleur renaît avec la même intensité aussitôt qu'on a enlevé l'appareil magnétique. Or, on voit que ce remède est sans efficacité, puisqu'il ne fait qu'enchaïner l'effet de la maladie sans attaquer la cause. D'ailleurs, dans quel cas de surdité ce moyen pourrait-il convenir? On prétend qu'il a eu des succès dans une surdité incomplète ; mais quelle était la cause de cette surdité? on ne le dit pas. Pour moi, je ne vois que le spasme des nerfs auditifs, où l’on pourrait tirer quelque avantage du magnétisme minéral. Toutefois, j'avoue que je n'ai aucun fait qui m'autorise à conseller ce remède exclusivement à tout autre.

(1) Journal économique, janvier 1767.

d M. Hagstroem a mis en usage, sans succès, le magnétisme animal sur un homme qui lui semblait être d'une constitution propre à laisser facilement apercevoir les effets que ce moyen pourrait produire. En conséquence on lui administra, pendant trois mois régulièrement , le traitement magnétique au baquet. Interrogé sur les sensations qu il éprouvait, il répondit, toujours par des signes, qu'il ne sentait aucun effet ni amendement, soit dans les oreilles, soit dans le reste du corps (1).

: On est revenu, je pense, des prestiges de Mesmer; on s'est désabusé sur les avantages sans nombre de son prétendu remède universel, tombé dans l'oubli. Cependant il paraît qu’on fait de nouveaux efforts pour le remettre en vigueur ; les ouvrages de MM. de Puy-Ségur et Deleuse opéreront-ils ce miracle ? la chose me parait douteuse.

e « On a remarqué, dit Leschevin, que l'oreil- « le externe recoit beaucoup de rayons sonores « et les réfléchit vers le conduit auditif; et l’on « a observé que ce mécanisme fortifie considé- « rablement la sensation. Sur ce principe, dont « la solidité est prouvée par l'exemple de ceux « qui ont l'oreille mal conformée ou emportée « par quelque accident, lesquels ont l’ouïe beau- « coup moins subtile, on a inventé divers ins-

(1) Journal de Médecine , année 1793.

« trumens acoustiques qui ont tous une grande « ouverture pour donner entrée à une grande « quantité de rayons sonores, et une petite, qui « s'introduit dans l'oreille, et où tous ces rayons « vont se réunir comme en un foyer. Le plus « simple, le plus usité, et peut-être le meilleur « de tous ces instrumens, est un tuyau courbe « et conique qui a la forme d’un cornet (1). »

Nous ne nous arrêterons pas davantage sur ce sujet, on trouve les diverses formes, la description des cornets acoustiques, danstous les arsenaux de chirurgie , et notamment dans le Dictionnaire des Sciences médicales.

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CONCEUSION.

De tout ce que nous avons exposé dans ce travail, il résulte que la surdité peut avoir un grandnombre de causes , et qu'elle doit être traitée différemment , selon la cause qui l’a produite.

J'ai indiqué, autant qu'il a été en moi, les maladies de l'oreille interne, desquelles dérive la surdité; j'ai exposé leurs différences, leurs causes, leurs signes et les moyens de les guérir. J'ai aussi désigné celles contre lesquelles l’art est impuissant. J'ai fait quelques corrections à la méthode de M. Cooper. J'ai inventé des instrumens propres à sonder et injecter la trompe d'Eustache par la voie des narines.

Tel est le fruit de mes recherches , de mes réflexions et de ma pratique. Puissent mes efforts étre agréables aux savans auxquels je les soumets! Dès lors j'aurai la certitude qu'ils seront utiles aux hommes.

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