ARTAXERCE III
Schirouièh ne jouit pas longtemps du trône qu'il avait usurpé. Les remords que lui causaient le meurtre de son père hâtèrent sa fin, et, au bout de huit mois de règne, il laissa son royaume à son fils Artaxerce, qui n'était âgé que de sept ans.
Un général , nommé Sarbaraz par les Grecs , et Schahriar par les Persans, mécontent de ce que l'élection d' Artaxerce s'était faite sans sa participation , marcha sur Madaïn , à la tête de l'armée qu'il commandait , assassina le jeune roi et se fit reconnaître à sa place.
On n'est pas d'accord sur la durée du règne d' Artaxerce III ; il parait qu'elle fut de dix-huit mois.
Pl. XII, 1. N* 68. tjjyJJlOW 11/ CJU
Artaliclietr.
artaxebce.
Buste d'Artaxerce, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne à pointes, surmontée d'un globe céleste; les cheveux noués en paquet derrière la tête; les oreilles ornées de pendants; dans le champ, au-dessus de l'épaule du roi, un croissant; en haut, près de la tête, deux astres, dont un croissant. Sur la marge de la médaille, en dehors du grenetis , trois astres dans des croissants.
rç. Pyrée entre deux figures debout, de face, la tête surmontée d'un croissant, les mains appuyées sur la garde de leur épée; dans
le champ, au-dessus de l'autel , un astre et un croissant. Sur la marge de la médaille, en dehors du grenetis, quatre astres dans des croissants.
AR. 9. Poids? Gravé dans l'ouvrage de Marsden, pl. XXVIII, n* dxxv.
SARBARAZ.
Sarbaraz ayant occupé le trône pendant quarante jours , d'autres disent pendant un an, les grands de la Perse ne purent souffrir plus longtemps un homme qui n'était pas du sang royal ; ils le mirent à mort.
N*69. -i-U6MJ ouoii Pl. XII, 2.
Sarparaz?
SARBARAZ.
Buste de Sarbaraz, tourné à droite, la tête ceinte d'une couronne à pointes, surmontée de deux ailes et d'un croissant supportant un astre; les cheveux liés en paquet derrière la tête, près de laquelle sont deux astres. Sur la marge de la médaille , en dehors d'un double grenetis, trois astres dans des croissants, et la légende arabe louange à Dieu.
( fa )
% Pyrée entre deux; Cgwes debout , de. fae* , la t&e stw montée d'un c>poisw*t , te.uiain» appuyées sur la garde, de leur épée , dajus le chan»*», au-dessus de l'autel , un astre et un. croissant. Sur la marge det 1a médaille, en dehors d'un double grenetis, quatre astres dans des croissants.
AR. 9. Poids, ? Gravé dans l'ouvrage de Marsden, n* dxl.
Bien que cette médaille ne soit qu'une des copies faites par les Arabes, et dont parle Makrtsi (r), j'ai cru pouvoir la faire âgurer ici, parce que, selon toute apparence, elle ne diffère de l'original que par l'addition de la légende marginale, et qu'elle nous conserve le nom de Sarbaraz plus complet qu'il ne se voit sur la pièce suivante.
Au reste, ma lecture de ce nom est très-incertaine, et elle ne «'appuie guère que sur la leçon des historiens grecs, qui donnent 2«p6ocp&ç ou 2ape«pa£5ç (2). 11 est vrai que l'historien syrien Grégoire Bar-Héhraeus nomme aussi ce roi Schahrbarz (3).
Pl. XII , 3. N' 70. I3UCJJ
.... Sarpara[z]}
Buste semblable au précédent. Sur la marge , en dehors d'un double grenetis, fjlo
; 1 ) Alor* Omar fil frapper do» dirhams aux mimes empreintes qui étaient en usage du temps <Ies Cosroès, et de la même forme, si ce n'est qu'il ajouta sur les uns louange à Dieu , sur d'autres Mahnntet est l'envoyé de Dieu, etc. P. |3.
(«) Mém. sur libertés antiquités île la Perse, p. 190.
;î) Ibid. , p. *io.
Ity. Type semblable à celui de la médaille précédente. Sur la marge , en dehors du grenetts, outre les astres et les croissants , quatre groupe* de trois points chacun.
AR. 6. Poids, 30 grains. Cabinet de M. Rigollot.
POURAN.
Le choix des Persans tomba d'abord sur Cosroès, fils de Kobatl et d'une sœur de Varahran Tchoubin; mais il mourut au bout d'un an, et la couronne passa à une femme, à Pouran-Dokht, fille d»' Cosroès II. Cette princesse sut se faire aimer par sa justice et la douceur de son gouvernement. Elle fit alliance avec l'empereur grec, auquel elle renvoya le bois de la vraie croix enlevé par son père , lors de la prise de Jérusalem. Pouran mourut, en 63 1, empoisonnée à ce que l'on prétend.
N-71. VMÔQt OWOU Pl. XII, 4.
Pourâan.
POURAN.
Buste semblable à celui qui se voit sur la médaille qui précède. «V Même type.
AR. 7. Poids , ? Cabinet impérial et royal de Vienne.
Sur la monnaie de Pouran, et sur celle de sa sœur Zermi, le mot dokht, que les historiens accolent ordinairement à leurs noms, ne parait pas, ainsi qu'on le comprend aisément. Ce mot est persan ; c'est, suivant Méninski, un contracté de dokhter, et il signifie de
même, fille, jeune vierge (i).
On ne cherchera pas à reconnaître sur cette monnaie, ni sur la suivante, des traits féminins, ni un ajustement qui convienne à des reines. On se rappellera que nous sommes arrivés à une époque de barbarie qui ne connaissait plus aucun art. Si la monnaie porte encore un type, c'est que, sans cette marque d'absolue nécessité, elle ne serait pas acceptée par des gens incapables d'en reconnaître autrement la valeur. Encore la copie du type des Cosroès est- elle si défectueuse, que le buste royal est à peine indiqué. La numismatique européenne offre plusieurs exemples de types masculins adoptés par des femmes; je me contenterai de citer les monnaies d'or de Jeanne de Naples et de Jeanne de Brabant , qui ne sont que des copies des franc à cheval ou à pied de Charles V (2).
(t) Mémntki, p. 680.
(a) Tobiesen Duby, Traité dtt monnaiet des banni fronçait, t. II, pl. XCVI.
AZERMI.
Cette princesse, sœur de Pouran, régna sur la Perse après elle.
Férakh, gouverneur du Khorassan, ayant laissé son commandement à son fils Roustam , se rendit à Madaïn , auprès de la reine , pour laquelle il conçut une passion qu'il ne put cacher. Azermi- Dokht , offensée de cet amour, fit tuer Férakh , et ordonna que son corps fût exposé à la porte de son palais. Roustam, ayant appris la mort de son père, accourut avec ses troupes pour le venger. Il s'empara d'Azermi et la fit mettre à mort, après l'avoir livrée à la brutalité des soldats.
Quelques années après cet événement, la Perse, alors gouvernée par Izdegerd III , fut envahie par les musulmans , et devint une des provinces du vaste empire des Khalife.
N- 72. CUit Pl. XII, 5.
Zermi, rétrograde.
ZERMl.
Buste semblable au précédent.
Même type.
AV. 5. Poids, 37 grains. Cabinet de M. Rollin.
La différence de Zermi avec Azermi, orthographe des manuscrits persans, est absolument insignifiante, quand on sait que les Orientaux ont l'habitude de faire précéder d'un aliph, presque tous les noms propres ou les mots étrangers commençant par une consonne.
PI XII, 6. N' 73. Une médaille d'argent du cabinet de M. Rigollot, offre, avec un type entièrement semblable à celui de Zermi, la légende Loa dans laquelle je n'ose pas lire le nom de Roustam , parce que j'ignore si ce nom a jamais été écrit avec un zaïn. C'est une question que je laisse à décider au* philologues qui voudront bien examiner cet ouvrage.
Outre le» monnaie* que je viens de faire connaître, j'ai rassemblé les empreintes de plusieurs pièees qui sont des copies indiennes, arabes et arméniennes, des monnaies saasanides; je me réserve de les expliquer plus tard : ce sera l'objet d'un nouveau travail que j'ai l'intention de publier.