SAPOR
Pyrée entre deux figures debout , la tête ajustée comme celle de Sapor; elles tournent le dos à l'autel; ont une main posée sur une haste, et l'autre sur la garde de leur épée.
AV. Mod. 5. Poids, i36 grains. Cabinet de la bibliothèque royale.
l/e poids de cette belle monnaie ne se rapporte point avec le statère a t tique ou syrien, qui pèse environ 162 grains, non plus qu'avee la darique, dont le poids moyen est de i56 grains.
Si l'on examine bien la fabrique de cette médaille et des autres pièces d'or frappées par les Sassamdes, on reconnaîtra que leur module, leur épaisseur, leur grenetis ont été copiés des monnaies impériales romaines. Le poids de Yaureus romain, qui était de i4# à i5o grains au temps d'Auguste, s'était abaissé, au III* siècle à environ i3o grains. Les aurais de Macrin, certainement fabriqués en
Syrie , nous fournissent un point de comparaison fort précieux , leur poids étant précisément de j 35 et i3b' grains; on peut conclure qu'ils ont servi d'étalon à la monnaie d'or des Perses. Ici se présente une difficulté, ou tout au moins une singularité : les Sassanides auraient suivi le système grec pour leur monnaie d'argent , et le système romain pour leur monnaie d'or ! Ce fait , en apparence contradictoire , s'explique pourtant facilement. La dynastie sassanide avait continué pour ainsi dire la monnaie d'argent, la drachme des Arsacides, qui ne frappaient pas d'or, à ce qu'il semble; du moins il ne s'est point encore rencontré de médailles de ce métal que l'on puisse leur attribuer. Le commerce, les relations fréquentes avec les Romains, l'expédition de Macrin en 217, avaient dû répandre chez les Perses une quantité considérable d'aureus impériaux. N'était-il pas naturel aux rois sassanides d'adopter le module et le poids de ces monnaies, lorsque la conséquence de cette imitation devait être un accroissement de facilités dans les relations commerciales? N'en était-il pas de même dans la Gaule, où les philippes d'or et les deniers romains étaient copiés tout à la fois ? Une nouvelle preuve en faveur de cette conjecture naît de l'observation suivante : les aureus de Théodose pèsent de 8a à 84 grains; et la médaille d'or (n° 43) de Sapor III, qui régnait à la même époque, est, comme on le verra plus bas, de 81 grains. Peut-on se refuser à voir dans cette nouvelle parité, la continuation d'un système constamment observé ?
Je dois , avant de quitter le sujet de la monnaie d'or sassanide , rapporter un passage de Procope qui y est relatif, et qui avait fait longtemps douter de l'existence même de cette monnaie. Voici comment s'exprime l'historien de la guerre des Goths :
«•iroy.pdtTOpoî (tfwip tî&tiTSu) x«paxTiipct Mrfpuvoi tw «rwrrtpt twJtij» , cîXXi rry t-
tipav aÙTÛv eïjcova. K«î roi voaiîaa pitv âpyujXiûv 6 Iltpffûv ftaaiXcù; , tj {vOuWto , TTOiiîv iluQe. Xapaxrijpot oè rttov l|A&ÉXXtaQsi ïTarnipt Ypvfffi, ovti tûv aùrwv ipYovTa Wu-iç, otfre oi iXXov AvTivaoûv $a.oi\(a tûv ttsvtwv {ïapëàpwv , xal TaÛTa [iaXJ.iv ovra vpuaoC X'jpiov. Êrei oôii rot; Çvi{i.€ctX>\oud irpoîe'oflai tq v(tai<rpx toûto oïoî ilfftv ■ lî
Ainsi, d'après ce témoignage, les rois des Perses, comme ceux des autres barbares, n'auraient pas osé faire placer leur propre effigie sur la monnaie d'or, tandis qu'ils étaient libres de se faire représenter sur la monnaie d'argent. On comprend difficilement comment les rois sassanides, presque toujours vainqueurs des Romains, auraient conserve pour les prérogatives impériales un respect qu'ils étaient loin de témoigner pour la personne des empereurs. Si jamais la règle à laquelle Procope fait allusion fut observée par les rois perses, elle dut être abolie le jour où Sapor commença à exercer sur la personne de Valérien les traitements indignes qui outragèrent pendant sept années la majesté romaine.
Les monuments sont en contradiction manifeste avec l'assertion de l'historien ; mais leur authenticité n'est pas douteuse. Je laisse à de plus habiles à découvrir la cause de l'erreur de Procope, à laquelle l'absence de monnaies d'or sassanides avait pendant si longtemps contribué à donner crédit.
Les deux figures qui se voient des deux côtés du pyrée, au revers des médailles de Sapor et de ses successeurs, paraissent représenter le roi et le chef des mobeds ou grand pontife de la religion de Zoroastre. Telle est du moins l'opinion de Visconti. Cependant quelques médailles de Varahran II , représentant d'un côté de l'autel une figure de femme , qui ne peut êtqe que celle de la reine dont le buste
(i) Procop., de Bttlo Golhieo, Mb. III, cap. xxxiu, p. 54». D.
se voit au droit de ces mêmes médailles, on pourrait présumer que les rois de Perse ont admis quelquefois aussi à l'honneur de figurer sur la monnaie, leur héritier présomptif, lors, par exemple, qu'ils l'avaient de leur vivant même associé au gouvernement.
Pl. III, 2. N* 13. lUjj'poniKH» iuvu un» iu\\» iriorcu
Mazdiesn bèh Clvahpouhr malcan malca Aïran minoutcketri mm
iezdan.
l'adorateur d'ormuzd, l'excellent sapor, roi des rois de l'iran,