VOL
riences se ramènent à un seul : diminution de l’al- Calinité du sang. En effet, les prélèvements sanguins subissent peu à peu la mortification commune à tous les tissus, d’où acidification, la stase veineuse par surcharge en Co aboutit au même résultat, la centrifugation qui sépare le plasma basique, la dilution qui en diminue le pouvoir agissent de même. La coagulation, le choc anaphylactique et tous les processus de floculation s’accompagnent d’une chute du P}, sanguin.
En clinique, d’une façon générale, les malades porteurs d’éosinophiles : parasités, asthmatiques, eczémateux et ceux qui sont porteurs d’affections cutanées diverses ont une réserve alcaline abaissée, ou tout au moins un P,, sanguin bas.
Nous avons voulu « in vitro » reproduire les conditions d’acidité nécessaires. Dans une première série d'expérience, nous avons remplacé le sérum sanguin basique par une solution saline isotonique naturellement neutre, donc de P,, inférieur au sang. Enfin nous avons réparti des globules blancs dans des gammes à P,, décroissant obtenues par des systèmes tampons. Les résultats ont été identiques aux techniques précédentes, sauf en ce qui concerne l’utilisation des gammes de P,4, qui ont fait varier comme nous le pensions les affinités tinctoriales et l’état colloïdal du protoplasma des cellules. Les granulations oxyphiles n’apparaissaient que dans les tubes à réaction acide. l'est même intéressant de constater qu’une partie du sérum lui-même peut être coloré, si l’on emploie un
ae
système tampon assez acide, ou mieux si l’on additionne au sérum une quantité d'acide de l’ordre dw millionième, on précipite en une zone à P très déterminé une fraction des albumines sériques (Peyre: et Colin), et celles-ci prennent immédiatement les unes les couleurs acides, les autres les couleurs basiques. Le même phénomène est à notre avis à l’origine de la cristallisation de la substance acidophile. Nous le schématiserons ainsi. Il y a dans le sang sensibilisé et principalement, nous l’avons vu dans le protoplasma du neutrophile un lipoprotéïde instable. La chute du P,, sanguin retentit sur une partie des albumines sanguines; celles-ci floculent parce qu’elles atteignent leur point iso-électrique en rapport avec l’acidité du milieu extérieur. Il y a rupture de l'équilibre de stabilité de la substance lipo-protéide qui cristallise en petites boules arrondies ou en bâtonnets : les granulations éosinophiles. II y a en même temps changement dans la tension superficielle du leucocyte, d’où augmentation de volume, perte de l’élasticité de la membrane, aspect bilobé du noyau.
Nous nous sommes rendu compte en partie de l'exactitude des phénomènes par l’expérience sui-vante. Du sang normal citraté est centrifugé, on prélève une goutte de la couche leucocytaire que l’on introduit entre lame et lamelle pour lobserver au fort grossissement du microscope. On introduit alors. par un coin de la préparation une goutte d’acide HcF dilué; on se rendra compte alors des phénomènes suivants : destruction des albumines dans la partie im-
prégnée par l'acide, mais peu à peu, si l’on gagne le centre de la préparation, il existe une zone pour laquelle le mélange sérum + acide a été convenablement dosé par diffusion, si bien que nous pouvons chserver des aspects curieux; une floculation légère du sérum qui correspond à la zone de précipitation isoélectrique, cette floculation gagne les leucocytes dont le protoplasma devient très granuleux. La transformation la plus visible et la plus remarquable intéresse le noyau. Celui-ci se ramasse, les lobes se rejoignent et en quelques minutes dans la zone observée il n'existe plus que des cellules, à noyau unique, en fer à cheval et en bissac, ou nettement séparés en deux petites masses rondes ou ovoïdes. Toutes ces mutations gagnent de proche en proche les régions cncore inaltérées et bientôt toute la préparation si la quantité et la force de l’acide sont suffisantes ne contiendra plus que des leucocytes à noyaux bilobés. Peut-être serait-il possible en conservant leur vitalité aux globules blancs un temps suffisamment long, de faire apparaître également sous les yeux de l’observateur, par cette méthode des granulations acidophiles. Mais même avec un sang sensibilisé nous n’avons jamais eu de résultats très probants. Il se peut d’ailleurs que les conditions entre lame et lamelle soient défavorables car il y a une répartition des substances lipoïdes par phénomènes de tension superficielle, aux surfaces de contact qui sont ici très grandes, d’où impossibilité de les concentrer et les faire cristalliser dans les leucocytes. Toutefois nous