‹ Essai sur les Modifications physico-chimiques dans la genèse des granululations éosinophiles des leucocytesChapitre 4 sur 20 · STE · texte numérisé non relu

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en faire le sujet de ce travail : L’éosinophilie, dont l'origine, la nature et la signification sont encore très discutées. Nous étudierons successivement «14 cel: lule éosinophile, les éosinophilies, l’origine des granulations éosinophiles, les hypothèses que l’on peut former sur leur genèse et leur signification.

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LA CELLULE EOSINOPHILE

Sur les lames de sang fixées et colorées, on rencontre de temps en temps dans le champ du microscope des cellules particulières qui ont été rangées par les hématologistes dans une classe spéciale : ce sont les polynucléaires éosinophiles.

Leur morphologie est ‘en effet assez caractéristique. Nous décrirons ici la forme la plus typique de ces éléments, dont les aspects peuvent être plus divers, Comme on le verra par la suite.

« Le noyau est lobulé, presque toujours constitué par deux masses rondes ou ovalaires de volume à peu près semblable et le plus souvent réunies par un mince filament. Parfois le noyau est seulement étranglé en bissac; plus rarement formé de trois lobes. » (Jollv). |

Les affinités tinctoriales de la substance nucléaire sont les mêmes que celles des autres polynucléaires. Le protoplasme incolore, transparent; sur ce fond apparaissent très distinctes les granulations « plus volumineuses et plus réfringentes que celles des leucocy-

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tes à noyau polymorphe comme elles, élles sont insolubles dans l’eaü qui des gonfle un peu et augmente leur affinité pour les couleurs acides et en particulier pour l’éosine d’où le nom donné aux cellules qui les portent. » (Jolly).

Le nombre de ces granulations est très variable, certaines en sont littéralement bourrées. A l’état frais on reconnait aussi bien les éosinophiles grâce à la haute réfringence de leurs granulations.

Le volume général de la cellule est un peu supérieur à celui des autres leucocytes polynucléaires, La membrane externe semble avoir perdu son élasticité et sur les étalements colorés elle peut même éclater, laissant échapper son contenu.

Chez les animaux, on retrouve des cellules semblables; mais la taille et la forme des granulations sont différentes et caractéristiques de lespèce. Chez le cheval elles sont grosses de trois à quatre w, parfois ovoides, mais toujours de même diamètre. Chez le rat, elles forment un anneau. L’aspect en bâtonnet se rencontre chez le lapin, le chien, le chat, le porc et les oiseaux. Chez les sauropsidés ce sont de véritables cristalloïdes. Malgré ce polynorphisme toutes sont de même nature et se colorent fortement par l’éosine.

De nombreux auteurs ont cherché à différencier par des techniques de coloration les polynucléaires éosinophiles de ceux qu’ils ont appelés les pseudoéosinophiles et des cellules à granulations oxyphiles. En réalité nous pensons qu’il ne s’agit pas de distin-: guer des éléments différents; mais qu'il faut plutôt

considérer les äspects un peu aberrants de certaines cellules comme des formes de transition ou comme des:manifestations d’un état colloïdal spécial. :

Les granulations oxyphiles sont de petite taille, non réfringentes, elles peuvent s’observer aussi bien dans les cellules mononuclées que dans les cellules à noyau lobé; maïs elles fixent les colorants acides.

Les pseudo-éosinophiles ne sauraient être véritablement différents qu’en employant des techniques et des colorants spéciaux, par exemple : la méthode de l’éosine combinée au sulfate de cuivre et à la benzidine (en présence d’eau oxygénée) colore les éosinophiles en rouge, les pseudo-éosinophiles en violet. Cette différence d’affinité tinctoriale ne nous semble pas avoir de valeur; elle s’observe d’ailleurs toujours avec la simple technique au May-Grünwald- Giemsa. Certains éléments d’un même sang peuvent apparaître plus ou moins foncés : quelques granulations sont rouge clair; dans une autre cellule elles seront brun noir au point que l’on à pu les cosfondre avec des granulations basophiles. Dans un même polynucléaire nous avons observé de telles différences de coloration. LR

Des observations rapportent la présence, dans les lésions tégumentaires de la lèpre, de cellules à granulations mélanoïdes voisines des granulations éosinophiles; il y a d’ailleurs dans ces cas une éosinophilie sanguine notable. (Massias)

Par contre MM. Le Lorier et Veingarten rapportent le cas d’une aëcouchée qui, à la suite d’une transfu-

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sion, aurait eu une crise éosinophilique à granulations incolores. Ces auteurs hésitent à classer les éléments observés parmi les polynucléaires acidophiles; mais nous avons nous-mêmes obtenu de tels aspects en colorant des globules blancs préalablement soumis à divers réactifs, On comprend pourquoi il est difficile de donner des caractéristiques absolues de ces cellules. Si l’on veut même leur accorder une forme nucléaire assez constante, on doit admettre que les. noyaux sont semblables chez tous les myélocytes de la moëlle et qu’il existe dans le sang circulant des éosinophiles à trois et quatre lobes nucléaires. Quelques auteurs ont établi une formule d’Arneth assez fixe chez l’individu normal. D'ailleurs nous étudierons plus loin les causes physico-chimiques qui peuvent expliquer tous ces phénomènes.

En résumé nous pensons qu’il n’existe qu’une seule caractéristique marquante de cette catégorie de leucocytes : ce sont les granulations normalement colorables par l’éosine.

LES EOSINOPHILIES PHYSIOLOGIQUES.

On note la présence des cellules éosinophiles du sang circulant chez la plupart des individus sains. Le taux est variable de 0,5 à 3 %. Il peut s'élever même en dehors de toute cause pathologique. C’est aïnsi que la proportion sera plus forte :

1° pendant la digestion; 2° chez la femme enceinte; 3° chez la femme à la ménopause.

Au contraire on en trouvera moins :

1° pendant le travail musculaire; 2° pendant une cure d’altitude.

En réalité nous dirons que toute cause de sensibilisation comme la digestion, la présence du fœtus, tend à augmenter le nombre des éosinophiles; tandis que les cures d’altitude peuvent agir en sens inverse.

‘Chez l’enfant, le taux croît de 1 à 10 ans pour décroître ensuite. II a même été considéré comme un signe de bonne santé (Dufoint). Il se peut que dans ce

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cas l'enfant se trouve sensibilisé, puis vacciné ainsi qu’on l’observe chez l’adulte normal qui a subi une forte réaction pathologique. Mais chez l’enfant les observations sont le plus souvent troublées par la présence de parasites.

LES EOSINOPHILIES PATHOLOGIQUES.

Des maladies bien différentes les unes des autres peuvent donner lieu à la production d’éosinophiles. Nous classerons leur étude en :

Eosinophilies générales. Eosinophilies locales.

Dans certains cas les deux phénomènes peuvent s’intriquer avec prédominance de lun d’eux.

Les éosinophilies générales. — Là encore, nous aurons affaire à des affections diverses : les unes semblent dues à une sensibiliation envers une toxine endogène telles sont : les parasitoses, les éosinophilies de la convalescence. Les autres apparaissent consécutives à l’absorption de toxines soit par voie intestinale comme dans l’urticaire alimentaire, soit par voie pulmonaire comme dans la crise d’asthme par anaphylaxie au pollen. Parfois il est difficile de rattacher l’origine à une sensibilisation quelconque : dans l’éosinophilie par troubles circulatoires asphyxiques par

exemple.

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