‹ Essai sur les monnaies de Charles 1er, comte de ProvenceChapitre 140 sur 183 · Carlin et demi-carlin d'or et d'argent · texte numérisé non relu

Carlin et demi-carlin d'or et d'argent

\ . Le carlin et le derai-carlin d'or ont un même type et une même légende. Au dr., l'écu rai-parti de .férusalem et de France, surmonté d'un croissant entre deux étoiles et accosté de deux roses entre deux étoiles. Lég. : KAROL. DEI GRA lERLM. SICILIE REX. — Au fJ, ., la salutation angélique. Lég. : AVE GRACIA PLEiNA DOMINUSTECUM.

2. Le carlin et le demi-carlin d'argent ont le revers des carlin et demi-carlin d'or ; au dr., il ont l'écu mi-parti de Jérusalem et de France, et pour lég. : KAROL'. lERL' ET SICIL' REX (1).

§ III. —Marcs.

1. Les marcs dont on se servait dans les ateliers siciliens de Charles 1" variaient de poids selon les lieux e: le métal.

11 y avait les marcs de Brindes composés de 9 onces, et les marcs des autres ateliers formés de 8.

(1) Cf., .sur la réale et les carlins, Des monnaies frappées «n Sicile par les Suzerains de Provence, ave.c pi. et introd. Paris, 1864, in-S".

Il y avait le marc à peser l'argent et le marc à peser l'or, variant entr'eux d'un dixième du poids de ce dernier.

2. Le marc à peser l'argent se divisait, — sauf à Brindes, — en 8 onces ; l'once, en 30 tarins ; le tarin, en 20 grains.

Le tarin de ce marc avait le poids des -js d'un denier esterlin, un denier esterlin équivalant, en poids, à i tarin V» : Sterlinus pondérât tarenum unum et grana decem (1).

Ce tarin avait donc le poids de 0='- 93981 17 -, l'once de 30 de ces tarins, 28«" 794332941 , et le marc de 8 de ces onces, 230^'- 334823329.

Ci-dessus, j'ai indiqué par le nombre 229^" 85, le poids que j'attribuais au marc esterlin (2;. Le contrôle des calculs par les textes m'oblige à élever ce poids à 230^'- 334823329.

Cette rectification a pour effet de faire ressortir l'identité du marc esterlin et du marc sicilien à peser l'argent. C'est un fait remarquable et qui mérite l'attention des métrologues.

3. Le marc à peser l'argent équivalait au marc à peser l'or augmenté de Vio du poids de ce dernier marc (3).

Le marc à peser l'or avait donc un poids de 209^'' , 413475936 : l'once de ce marc, de 26«", 176684492, et le tarin de cette once, de 0«'-, 872556 (4).

Les marcs de Brindes étaient le marc ordinaire à peser l'argent accru du poids de l'une de ses onces, et le marc ordinaire à peser l'or augmenté de même du poids d'une de ses onces. C'étaient deux marcs exceptionnels (5).

(1) Arch. des B.-du-R., B. 269, f 259 v» m fine.

(2) Cf., ci-dess. p. 28.

(3) Cf. Des monnaies frappées en Sicile, au Xlll' s. par les Suzerains de Provence, Paris, 1864, in-S", p. 15. § 4.

(4) Dans l'opuscule cité à la note précédente, j'avais cru pouvoir établir le poids de l'once à peser l'or à 256'- 85 (Cf. p. 11) ; depuis ayant reconnu trop de faiblesse à ce poids, je l'avais élevé, après bien des tâtonnements, à 26,35 (ci-dess. p. 297) ; enfin la découverte du texte qui assimile le denier esterlin â I tarin 1/2, m'a permis de fixer ce poids à 26,17.

(5) Cf. Sur les marcs de Brindes, ci-après, la Note sur les poids siciliens, App., IV.

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§ IV. - Métal.

Le métal qui alimentait les ateliers monétaires de Charles I-" provenait en grande partie des espèces de ses i)rédécesseurs démonétisées par le prince français (1), et, en moindre part, du produit des mines (2) ou des importations de lingots et de monnaies étrangères.

Comme Charles V' maintint pour ses premières monnaies d'or, le tarin et la réale, le titre des monnaies correspondantes de ses prédécesseurs, il ne fut pas nécessaire, tout d'abord, d'affiner le métal provenant de ces monnaies-ci.

L'pffînagede ce métal n'eut de raison d'être qu'en 1278, lors de la fabrication des carlins, vulgairement connus sous le nom de saluts.

J'ai lieu de croire que, même après cette date, la monnaie d'argent, le carlin, conserva le titre des impériales de Frédéric II, dont la valeur, d après Mathieu Paris, était presque celle des deniers esterlins (3), au titre de 1 1 d. obole.

Le métal n'était pas affiné en Sicile comme il l'était à Marseille, dans un établissement spécial et public, Vesmerum communal. Les particuliers pouvaient affiner eux-mêmes pourvu qu'ils eussent l'autorisation du maître de la Monnaie, qui surveillait ou faisait surveiller l'opération :

'( Nullus potest smirare absque licentia magistri sicle.. ; [bullonumj M mercator habens, illud potest smirare in domo sua, requisito prius " magistro sicle ut per se aut per alium intersit smiracioni ut non

(1) Cf. notamment, à ce sujet, Gius. del Gmdice, Codice diplomatico del regno di Carlo 1°, elc, t. I, p. 190. Napoli 1863, 2 vol. in-4".

(2) Ertsnovi, cf. ci-dess. p. 110, § 8.

(3) Imperialium vero libra quanti foret, innuit Matheus Paris ad annum MGCXLIX, commemorans xviii. m. 1. de moneta Imperialium, quae tantum fere valet quantum Esterlingorum. (Muratori, Antiq. med. œvi. l II, col. 806.)

<= possit decipi in quantitate argenti et metalli que exibunt (sic) de « buUono smirato (1). »

Le métal qui servait au monnayage était-il affiné aussi soigneusement que celui de Montpellier ou ressemblait-il à l'argent le Hoi, de France ?

Il ne m'est pas possible, faute de texte, de résoudre très exactement cette question ; toutefois, en considérant comme frappé à 1 1 deniers obole de fin du moyen âge le carlin d'argent dont le litre actuel est de ^q (2) on établit, du coup, l'argent fin de Sicile à un degré, d'affinage qui , avec ^^^ de brut, tient le milieu entre les argents de France et de Montpellier

Ce chiffre a servi de base à mes calculs de redressement, dans la déterminaison des valeurs diverses des monnaies de Charles I".

§ V. — Titre, Poids et Valeur intrinsèque. 4. Le Tarin.

1 . Le tarin de Charles I" fut frappé au poids du 30'"" de l'once d'or et au titre de 8 onces et 5 tarins ou .^^ d'or , 2 onces 26 tarins Vi oUj^y, d'argent et de 28 tarins ^/^ ou —^ de cuivra, par livie. tel qu'il était du reste sous Fré éric 11, sicut erat auri tarenus quod olim in dicto regno fiebat (3).

2. Le poids de l'once étant de 26 grammes 1 '76684492, celui du tarin était ihéoriqueinent de 0^" S72oiJ6, composés de o-'- oSôSôSos d'or, 0^" 209413U d'argent et 0^" 0698044H de cuivre.

3. La valeur intrinsèque du tarin, calculée sur le pied de fr. 3,44444 le gramme d'or, ^le f-apport de l'argent à l'or étant de 1 à -1 2,25 (4) et

(1) Arch. desB.-du-Rh., B. 269, f» 260.

(2) Cf. ci-après, p. 504, note l.

(3) Glus, del Giudice, Cod. diplom., etc, 1. c.

(4) A raison de 19 grains 1/4 (monnaie d'or) pour un quart d'once d'argent (poids d'argent).

cpluidii cuivre à r;irgentde9"), correspondrait à 2 francs, 102803(1), s'il ne fallait en retrancher, pour cause de redressement, ^ de brul.

4. Ce redressement op'Té, la valeur intrinsèque du tarin correspondait à 2 francs 050237, et celle de l'once de tarins (2) à Gi francs 50711.

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