ZACINIE CES QVE IN PAGE
Zacinie cesque (pour quiesce) in pace.
Au-dessous , le corps même du sarcophage , en marbre strié , oflfre trois sujets : à gauche , un homme barbu, vêtu d'une toge et tenant un volumen ; à droite , une femme drapée ; au milieu , une colonne surmontée du groupe de Psyché et Eros se tenant embrassés. Psyché a le costume habituel. Le groupe est disposé dans l'attitude consacrée.
D'Agincourt pense que ce monument , malgré l'inscription évidemment chrétienne, a pu être destiné dans l'origine à des païens ; l'attribution à un usage chrétien n'aurait été faite que plus tard. Piper croit que l'inscription et la sculpture sont de la même époque , et que le sarcophage est purement chrétien.
D'Agincourt, Histoire de l'art par les monuments . t. Il, p. 31, et t. IV ,
Planches relatives à la sculpture , pi. IV, n^* 3 à 7. Otto lahn, Archdologische Beitràge, p. 165, note 175 6. Piper, Mythologie der chri8tlichejf> Kunst , p. 217.
No 194. — Bas-relief provenant d'un sarcophage. Cloître de Sainte^ Agnès hors les murs.
Le milieu du bas-relief est occupé par le buste en relief de sainte
Agnès. La tête est entourée d'un nimbe radié. Elle tient une palme de la main gauche , et de la droite caresse un agneau.
Le médaillon est soutenu par deux génies ailés , volant , vêtus de la chlamyde. Au-dessous du génie de gauche , TOcéan , à demi couché , couronné de roseaux , tient de la main droite une longue tige de roseau , et de la gauche une corne d'abondance. A sa gauche, une chèvre broute dans un panier plein de fruits et de fleurs; près d'elle est un chien.
Sous le génie de droite , la Terre , à demi couchée , couronnée d'épis , tient des deux mains une corne d'abondance. Elle est drapée à mi-corps. A sa droite, deux génies, dont l'un est ailé, portent, l'un une grappe de fruits , l'autre un panier renversé d'où s'échappent des fruits.
Entre les deux sujets de la Terre et de l'Océan , sous le médaillon central , une femme à demi-drapée se tient debout. A sa droite , deux enfants ; à sa gauche , un enfant tient de la main droite les branches d'un arbuste. Un oiseau (coq ou dindon) est à ses pieds.
Le buste de sainte Agnès est d'un travail plus fin que le reste du sarcophage. La couleur du marbre est différente. Tandis que le corps du sarcophage est recouvert d'une sorte de patine jaune , le buste et le fond du médaillon sont d'une teinte plus claire. — Cette particularité a donné lieu à différents commentaires, o Ce buste , » dit Piper, « est une œuvre chrétienne exécutée dans des temps plus récents , et représente la figure de sainte Agnès , sculptée par-dessus l'image de celui pour qui le sarcophage avait été fait autrefois » (Christlich. Kunst, I, 47). Marangoni ne doute pas que le sarcophage tout entier soit l'œuvre d'artistes chrétiens {Délie cose gentilische, p. 46). Un examen attentif de ce monument nous fait adopter l'opinion de Piper. La profondeur du médaillon , la diminution visible de l'épaisseur de la bordure, la dépression des doigts des génies qui soutiennent le médaillon , entamés par un travail maladroit et refaits après coup , voilà des indices qui prouvent que le buste de la sainte a été repris par- dessus le buste primitif. Le sarcophage aurait été , à une époque tardive , approprié par les chrétiens à un usage sacré.
Gerhard et Platner, Beschreibung Rom*s, 111, 2, p. 450.
Marangoni , Velle cose gentilische , p. 46.
Piper, Mythologie der christlichen Kunst , 1. 1, p. 47.
No 195. — Bas^relief provenant d'un sarcophage. Il se trouve dans V église de Saint-Pierre de Rome , sous V autel principal de la chapelle de la Madonna délia Colonna,
Ce bas-relief représente le Christ au milieu de dix jeunes gens. A ses pieds sont agenouillés un homme et une femme , sans doute un couple d'époux. Au-dessous du Christ et des apôtres , on voit un agneau au milieu de douze autres plus petits. Derrière les apôtres , une vigne et deux palmiers. Le Christ lui-môme se tient devant un portail , et des deux côtés de l'arc qui forme la porte , on aperçoit deux petites figures .
celle de droite tient un flambeau ; celle de gauche lève les mains dans une attitude suppliante.
Bottari {ScuUure e pitture sagre , t. I, p. 105), et avec lui Platner (Beschreibung Roms, H, 1, 8. 192) , pensent que la figure portant une torche représente la Vie , et Tautre VEspérance. Passer! (De gemma Pasto^ rali in Gori Thés, Gemmarum astriferarum , t. II, p. 91) , y reconnaît le Jour et la Nuit,
Ces interprétations sont arbitraires. Piper (Myth, der christlichen Kunst) a reconnu que la figure de gauche porte des ailes , et même des ailes de papillon. U ne doute pas que ce couple ne représente Eros et Psyché. Je n'ai pu vérifier l'exactitude de son opinion. Le bas-relief est aujourd'hui recouvert d'une toile peinte représentant une mosaïque.
Ce bas-relief, tiré du cimetière du Vatican , a été plus tard employé pour le monument funèbre des papes Léon I«' , Léon II , Léon III , Léon IV, et, comme tel , conservé dans les cryptes du Vatican {grottes Vaticanes), Il était placé dans une des chapelles latérales de la chapelle de Sancta Maria Prxgnantium, Une inscription en fait foi.
Il a été transporté en 1607 dans la nouvelle église de Saint-Pierre , où il est aujourd'hui.
Aringhi, Borna suhterranea novissima. R. 1651 , t. I, p. 307. Bosio , Borna sotterranea , p. 75.
Bottari, ScuUure e pitture sagre , t. I, p 105. Tav. XXVIII. Platner et Gerhard , Beschreibung Bom*s, Il , 1. S. 192. Passeri , In Gori Thesaur. Gemm, astriferarum , t. III , p. 91 . Piper , Mythologie der christlichen Kunst,
N<> 196. Sarcophage. Musée chrétien de Latran,
Psyché et Eros au milieu des vendanges.
Au milieu , et aux deux extrémités de la face antérieure , on voit le Bon Pasteur debout sur un socle , tenant le pedum, et portant une brebis sur ses épaules. L'intervalle entre ces trois figures est rempli par une foule de petits génies ailés , qui montent dans les arabesques d'une vigne chargée de raisins. Les uns sont occupés à traire des brebis ; les autres accomplissent tous les travaux de la vendange , cueillant le raisin, le transportant dans des corbeilles, le foulant dans une cuve. Au milieu d'eux. Psyché, vêtue d'une tunique et portant des ailes de papillon, présente une grappe de raisin à Eros, vêtu d'une chlamyde et assis sous les rameaux d'une vigne.
Le travail du sarcophage est très-soigné.
Brunn , Das Muséum des Lateran in Rom. Tubingen, Kunsthlatt , 1844.
Piper, Mythologie der chrislichen Kunst, t. I. S. 215. Garrucci , Monumenti del Museo Laterano. Tav. XLIX. Cf. une correspondance de Rome dans l'Àllgemeine Preussische Zeitung ,
1844 (27 septembre) , n» 269. S. 1441.
No 197. — Fond de coupe peinte. Bibliothèque Vaticane. Trçuvé en 1693 , dans le cimetière de Priscilla.
Eros et Psyché se tenant embrassés,
Eros et Psyché ont déposé Tua son arc et son carquois , Pautre son miroir. Psyché, portant des ailes de papillon, des bracelets aux poignets, à Pavant-bras , et des périscélides , retient de la main droite son péplos orné de bandes de pourpre. Elle tient Eros embrassé , le bras gauche passé autour de son cou. Eros ailé, la tient également embrassée.
A sa droite on voit son arc et sa chlamyde. Près de là une grande plante, non loin de laquelle une fleur rouge sort du sol.
Cette peinture est entourée d'une bordure. A Tintérieur court la légende suivante :
ANIMA DVLCIS FRVAMVR NOS SINE BILE. ZEZES-
Publié par Buonarroti : Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi
antichi di vetro , t. XXVIII, 3.
Garrucci , Vetri ornati di figure in oro , trovati nei cimiteri cristiani di
Borna, 1864, pi. XXXV, no 4.
Otto lahn, Archdologische Beitrdge , p. 164.
No 198. — Peinture de la salle hypogée du cimetière de Flavia Domitilla, Rome,
Peinture représentant Psyché dansant avec des génies.
Une salle hypogée du cimetière de Domitille offre des peintures d*un style fort ancien ; Psyché, dansant avec de petits génies, y figure à titre de décoration , avec des paysages , des oiseaux , des fleurs et des encarpes.
M. de' Rossi attribue la décoration de cette salle à une époque antérieure au troisième siècle.
V. de' Rossi, Bullettino di Archeologia cristiana , annoIII, 1865, n« 12* a Le varie e successive condixioni di legalità dei cemeteri,,,^ etc. » Cet article est traduit dans la Revue archéologique y nouvelle série, VIP année, 1866, p. 225, sous le titre de : Existence légale des cimetières chrétiens à Rome,
N« 199. — Peintures de l'une des chambres attenant à Vatrium eiCtérieur du cimetière de Flavia Domitilla. Rome.
Trois peintures représentant Psyché groupée avec des génies et cueillant dei fleurs.
Dans l'une des chambres attenant à Vatrium extérieur du cimetière de
Domitilla, les parois des trois arcosolium sont décorées de peintures représentant le même sujet avec quelques variantes :
lo Partais de l'arcosolium de gauche : Psyché, vêtue d'une longue tunique et portant des ailes de papillon, est debout au milieu des fleurs. Elle tient de la main gauche une corbeille pleine de fleurs. Elle est tournée de gauche à droite , et vue de trois quarts. Devant elle , à droite , un génie sans ailes, tourné de droite à gauche, est occupé à verser des fleurs d'une corbeille dans une autre.
2° Arcosolium du fond. Psyché debout à droite, tournée de droite à gauche, est vêtue d'une longue tunique. Elle a des ailes de papillon. Elle tient de la main gauche une corbeille de fleurs.
Devant elle un petit génie sans ailes, le corps incliné en avant et tourné de gauche à droite, recueille des fleurs dans une corbeille. Psyché semble présider à la moisson ; elle étend le bras droit vers le génie.
3° Arcosolium de droite. Répétition de la même scène. La symétrie n'est pas observée. Il semble que la peinture du mur de gauche aurait dû occuper le mur du fond.
Les arceaux des arcosolium sont décorés de fleurs , d'encarpes et d'oiseaux.
L'atrium et la chambre ont été construits vers le troisième siècle , suivant M. de' Rossi.
J.-B. de' Rossi, BulkUino di Àrcheologia cristiana, annoIII, 1865, no 12. a Le varie e successive condizioni di legalità dei cemeterif etc. »
Cf. Revue archéologique, nouvelle série, VIP année, 1866 , p. 225 et s. Existence légale des cimetières chrétiens à Rome , par M. de' Rossi.
N** 200. — Mosaïque du plafond de Sainte-Constance^ près de Sainte- Agnès hors les murs.
Psyché dansant avec de petits génies.
Un des compartiments du plafond de l'église de SÉunte-Constance , décoré de sujets en mosaïque, offre plusieurs représentations de Psyché. C'est le troisième, à gauche, à partir de la porte d'entrée,
La décoration se compose d'une série de médaillons , dessinés par des entrelacs, et formant des bandes parallèles. Les espaces vides entre les médaillons sont remplis par des oiseaux , par des fleurs et par des dessins géométriques. La figure de Psyché est répétée cinq fois <}ans les cinq bandes d'ornements que contient ce compartiment.
Première bande (à partir des colonnes) :
Dans le premier médaillon de gauche , Psyché est représentée petite fille. Elle aies cheveux courts, porte des ailes de papillon ; elle est vêtue d'une tunique et d'un péplos jaunes; une des mains est étendue; l'auti'e porte une sorte de plat couvert de fruits.
Troisième bande :
Dans le premier médaillon de gauche. Psyché, vêtue d'une tunique et
de draperies flottantes, paraît danser. Elle a des ailes de papillon. Elle est représentée de la même façon dans le troisième médaillon de la même bande. Les vêtements paraissent jaunes.
Même bande : cinquième médaillon de gauche à droite. Psyché dansant : elle est vêtue d'une tunique sombre et de draperies flottantes ; elle tient les bras élevés ; elle a des ailes de papillon.
Quatrième bande :
Dans le quatrième médaillon de gauche à droite , Psyché est figurée dansant, les bras étendus. La tunique et le péplos sont jaunes ; derrière elle flottent des draperies plus sombres.
Les autres personnages qui complètent la décoration sont en rapport direct avec ces Psychés. Ce sont des génies dansant et des figures de petites filles sans ailes, qui ressemblent à Psyché. Les génies sont ailés ; ils ont des attitudes variées : les uns jouent de la flûte, les autres dansent, d'autres tiennent des fruits et des fleurs. Ces génies des deux sexes dansant sont reproduits sur le compartiment symétrique , avec un sens analogue. Les intervalles des figures sont également remplis par des fleurs, des fruits, et des oiseaux de toute nature.
Voir Liber Pontificalis , éd. Vignoli, § 23 (vita sancli Sylvestri).
Ciampini , De sacris œdificiis a Constantino Magno exstructis.
Voir le mémoire consacré à cette mosaïque par M. Eugène Mûutz,
Notes sur les mosaïques chrétiennes de l'Italie ( Revue archéologique ) ,
Vu et lu en Sorbonne , Le 14 août 1876 , Par le Doyen de la Faculté des lettres de Paris , H. VSTALLON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de V Académie de Paris , A. MOURIER.
EREIATA.
Page 6, ligne 15, au lieu de : Otto Jahn, lisez : lahn.
Page 16»^note (1), au lieu de : papilionis , lisez : papiUone,
Page 29 , ligne 1 , au lieu de : noce , lisez ; noces.
Page 34, ligne 33, au lieu de : par lesquels, lisez : lesquelles.
Page 58 , note 5 , au lieu de : BulleUino d , lisez : di.
Page 90, no 14, au lieu de : Wolflf, lisez : Wolf.
Page 97, n» 33, ligne 10, au lieu de : Wissenchaftf lisez : Wissenschaften,
Page 97 , n*" 33 , ligne 1 1 , au lieu de : De Psyché , lisez : Psychés,
Page 101, n^ 57, au lieu de : sur un gemme, lisez : sur une gemme.
Page 114, avant Manche de cachet» suppléez : N® 113 bis
Page 114, au lieu de : LateraUt lisez : Latran.