AVERTISSEMENT
J-j' OUVRAGE que je publie aujourd'hui me semblait depuis long-temps manquer aux amateurs des beaux-arts, et il me paraît devoir former, en quelque sorte, les prolégomènes du Peintre-Grai^eur^ publié par M. Bartsch, en vingt-un volumes. Les objets que j'y décris sous le nom de nielles^ sont d'un grand intérêt et d'une extrême rareté 4 le nom même que j'ai employé est peu connu : aussi ai -je. cru devoir donner, dans la note !.*'«, p. 91, les renseignemens qui m'ont paru les plus importans sur l'origine de ce mot. Malgré ce soin, quelques personnes , en voyant les épreuves de cette partie de mon travail, ont pensé qu'en adoptant ce mot au masculin , j'aurais dû lui donner la même terminaison que celle des mots miel ^l fiel y qui est plus conforme à l'analogie de la langue française. Je pourrais répondre que le mot
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# libêilé a la terminaison féminine , et que pourtant il est masculin^ mais je crois plus convenable encore de faire observer que niello en italien, étant masculin, j'ai dû.
conserver le même genre en français; quant à la traduction, je me suis conformé à Tusage , et j'ai adopté une terminaison semblable à celle des mots violoncelle ^ vennicelle et autres.
Plus tard , peut-être publierai- je une histoire de la Gravure ; mais aujourd'hui , j'ai voulu seulement remplir la lacune qui existe relativement à la découverte de l'art de tirer des épreus^es d^une gmi^ure sur métal. Mon projet était d'abord de donner seulement la description des épreuves de nielles qui font partie de la riche et nombreuse collection d'estampes de la Bibliothèque du Roi. Afin de rendre ce catalogue plus curieux , je voulais y joindre la description des nielles qui , du Cabinet Gaddi, ont passé dans le Cabinet Durazzo, à Gênes. Naturellement je devais
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aussi faire entrer dans mon travanie petit nombre de nieUes décrits par Fablt^ë Zani , soit dans ses Materiali y eic\ y soit dans son Enciclopedia y ainsi que ceux qui se trouvent dans l'ouvrage de M. Ottley : An Inquiryy etc. y enfin ceux qui, décrits par Bartsch, dans le Peintre - Gnn^eur, n'avaient pourtant pas été reconnus par lui pour des épreuves de nielles y mais qu'il avait regardés comme des épreuves de gravures d'anciens maîtres italiens.
Ce travail était à-peine fini, que je sentis qu'il serait encore incomplet, si je ne donnais pas connaissance des nielles qui se trouvent en Angleterre , et dont j'avais aperçu une partie à Paris , lorsque M. Samuel Woodburn y passa à son retour d'Italie. Ces nielles faisaient alors partie de la collection du chevalier Marc Masterman Sykes. J'attendais de cet amateur, aussi instruit que zélé , une lettre , qui me donnât la certitude que je pourrais voir ses
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richesses, lorsque j'eus le chagrin d'apprendre qu'il venait de mourir. Ce contretemps me força à retarder mon voyage jusqu'en 182/^. Son Excellence le Ministre de l'Intérieur voulut bien alors accueillir et approuver mon projet; elle eut même la bonté de me dire que mon travail était un de ceux qu'elle croyait devoir encourager. Grâce à sa bienveillante protection , je pus enfin réaliser le projet que j'avais formé depuis plusieurs années; et l'obligeance de M. Ottley me mit à même d'examiner avec un soin particulier la précieuse collection de nielles qu'avait formée son ami.
Je trouvai aussi quelques nielles chez MM. Samuel Woodburn et Thomas Lloyd.
Si je puis m'açquitter envers ces amateurs, ce n'est qu'en leur témoignant combien je suis reconnaissant de l'accueil qu ils ont bien voulu me faire.
J'ai aussi contracté une dette envers