‹ Essai Sur Les Principes De La Métrique Anglaise (volume 2)Chapitre 71 sur 95 · LE VERS LATIN · texte numérisé non relu

LE VERS LATIN

$ 155. Le vers national des Romains, le vers saturnien, n’est qu'une

(1) Les prosodiaques le continuent sous forme de résolution.

(2) : CR RAR OP LE ST (UE A SEEN KE ME SU TA EME a du se changer d’abord en FD TORRENT LRO Ne AC OR ICT UM ete

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Cp., toutefois, p. 148, note 2. |

(3) Le premier témoignage de cette transformation se trouve dans une scholie, non datée, au texte d’un métricien de l’époque des Antonins, Héphestion: l’accent avait déjà rendu la syllabe autrefois purement tonique «plus longue » que les autres (v. Scriplores metrici Graeci, éd. Westphal., I, 93; cp. [re Partie, 8 103 et 10h). Babrius (IT ou IE s.), Nonnus (IV 5.), Gollathus (V s.) etc. choisissent toujours une « accentuée » comme avant-dernière syllabe de liambique scazon et de l’hexamètre. V. Vendryes, Trailé d’accentuation grecque, Paris, 1904, p. 30-32.

(4) Il y a un accent sur l’une ou l’autre des deux syllabes æ.

transformation du grand vers indo-européen. Voici quel en était sans doute le rythme primitif :

SEE, D CPR PS D MATE? D) Summas opes qui Regum Regias refregit (2). Nagvius (d’après Attilius).

C’est en adaptant le saturnien au rythme des tétramètres et des systèmes grecs que les Romains obtinrent leurs septénaires et leurs octonares. Peut-être en est-il de même de leur sénaire fambique, surtout si le saturnien s’était réduit à une hexapodie par le changement des terminaisons tintantes en terminaisons féminines : contrairement à l'usage grec, le pied fort peut être irrationnel (© ), comme dans le saturnien ; la coupe la plus fréquente est identique à celle du saturnien, et l’on sait que « les sénaires latins, à l’égard de la coupe, sont plus réguliers que les trimètres grecs » (Havet, Métrique, p. 146). Il est plus exact de dire qu'en adoptant les mètres grecs, tétramètres, trimètres et hexamètres, les Romains y introduisirent certaines habitudes de leur versification indigène. Il y a eu comme une fusion, un compromis : le cadre métrique était grec, mais le remplissage rappelait le saturnien (3).

$ 156. Parmi les mètres imités du grec, il est probable que les octonaires et les septénaires furent les seuls à devenir bientôt et réellement populaires : comme ils contiennent quatre temps marqués par hémistiche, ils présentent la forme la plus naturelle du rythme (v. $ 106); ils rappellent à ce point de vue le mètre national des Romains, le saturnien, au moins le saturnien chanté ; ils sont très fréquents dans les comédies, qui jouirent sans aucun doute d’une grande popularité ; au lieu de les réciter, comme les sénaires, on les chantait ou tout au moins on les psalmodiait à la manière d’un récitatif, et la mélodie en gravait le rythme dans la mémoire du peuple; il ne pouvait manquer de chanter à son tour les plus intéressants par le texte ou par la musique, exactement comme chez nous

(x) v peut se remplacer par , : et & par LU, le dernier & de chaque hémistiche par & , etc. Le traitement de ,* présente des difficultés. En passant du chant à la récitation, de la poésie populaire à la poésie savante, le saturnien a pu se transformer de tétramètre en hexapodie, V. L. Havet, De saturnio latinorum uersu, Paris, 1880. M. Vendryes a essayé de montrer que la versification du saturnien est accentuelle et repose sur l’accentuation initiale du latin préclassique (L’intensité initiale en latin, Paris, 1902, p. 318 et suiv.). La thèse est séduisante ; on pourrait l'étayer encore en faisant observer que, si elle est juste, l’allitération porte sur les syllabes fortes, tandis que c’est assez rarement le cas avec la scansion quantitative. Mais les vers sont bien irréguliers.

(2) En substituant bidüs à is dans le vers 1323 du Béowulf, on a le pendant presque exact du Saturnien cité, y compris l’allitération : Ne frin pu æfter sælum ! sorh bid us geniwod. On le trouve dans ce vers d’Otfrid, à part l’allitération : ioh féllon ouh, theist méra, thines selbes lëra (IL, xx1, 34). À cela près que le saturnien est quantitatif et le vers germanique accentuel, l’analogie est frappante. Dans tous les deux, le pied fondamental est en réalité xx et peut se remplacer par xxx el par x.

(3) Nous trouverons le pendant dans l'adaptation des mètres français par les Anglais.

Lo

£ Ë [A a wT .

pis

il chante à Paris et jusqu’au fond de la province les «airs favoris » des opéras comiques et des opérettes en vogue.

Et par eux-mêmes et par l’adaptation de nouvelles paroles aux mélodies, ces cantica formèrent ainsi une poésie populaire. Cette hypothèse, nous le verrons, est justifiée par l’histoire de la métrique latine. Aussi ne sera-t-il pas inutile de donner quelques explications sur les septénaires et les octonaires.

1° Le septénaire correspond au tétramètre.

(a). Septénaire iambique :

Hisce hami atque haec harundines sunt nobis quaestu et cultu (2). Rudens, 291.

Plaute « traite quelquefois le premier membre tout à fait comme un vers, car devant la coupe 1l admet l’hiatus et la syllabe indifférente »

(Havet, Métrique, $ 296, p. 151).

(b) Septénaire trochaïque : RCE LT CR SE FRANS RUE In qua ciuitate tandem te arbitrare uiuere ?

Adelphoe, 615.

Ce vers est peut-être, après le sénaire, le plus employé par les comiques latins.

2° Le système du théâtre grec n’est que le développement du tétramètre par la répétition ad libitum de l’antécédent. Il se peut que parfois ces antécédents multiples aient été réunis deux à deux par la musique, comme les vers de sept syllabes dans la laisse d’Aucassin et Nicolette (v. $ 139); suivant que le nombre en était pair ou impair, la période hypermètre se terminait alors par le conséquent isolé (dimètre catalectique — vers de cinq syllabes) ou par le conséquent précédé d’un antécédent (tétramètre ou septénaire — vers de 7 syllabes + vers de 5). C’est ainsi, en tout cas, que se sont formés les octonaires latins, qui correspondent chacun à deux (petits) vers du système.

(c). Octonaire fambique à coupe avancée (4) :

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