Partie économique
26. Partie économique. — Dans la deuxième partie, dite économique, nous examinerons le but à atteindre, les besoins locaux, le courant commercial, l'économie financière du repeuplement, le taux de placement.
27. 14« ARTICLE. But a atteindre. — Quand on procède au repeuplement des vides et clairières d'une forêt, le but à atteindre est celui de mettre en valeur un sol improductif, c'est-àdire d'améliorer la production forestière de la forêt, en ré^larisant les massifs, en introduisant les essences qui donneront les produits en matière les plus considérables et les plus utiles, tout en recherchant pour le capital engagé dans l'opération un placement sûr et avantageux.
28. 15« article • Les besoins locaux. — Les besoins locaux assurent un premier débouché aux produits d'uae forêt.
Une verrerie, un haut fourneau au bois, une briqueterie, s'approvisionneront certainement dans la forêt la plus voisine. On devra donc y cultiver les bois qui conviennent le mieux à ces industries, et les couper à l'âge le plus favorable.
Dans les pays de vignobles, le bois fournit des cercles pour les tonneaux, des échalas pour les vignes, des douves pour les fûts (le merrain).Les essences qui conviennent le mieux sont le chêne, le frêne, le châtaignier.
Le charbon, l'écorce à tan, constituent dans certaines régions des industries considérables que les forêts les plus voisines ont intérêt à alimenter.
Sans entrer ici dans le détaU des emplois commerciaux de chaque essence, on peut dire qu il sera facile à un sylviculteur intelligent de se rendre compte des besoins locaux et de diriger la culture de sa forêt dans le sens le plus favorable à ce point de vue.
29. 16* article. Le courant commercial. — Le sylviculteur devra faire une étude plus sérieuse et plus attentive pour se rendre compte du courant commercial, c'est-à-dire du mouvement des produits forestiers les plus rares et les plus recherchés.
Sans entrer dans de grands développements, on peut dire d'uu^
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manière générale que les besoins les plus impérieux du commerce sont, à l'heure présente, le merrain chêne poiur la fabrication des fûts, et les résineux à employer comme bois de construction.'
Sur 220 millions de francs représentant l'importation des bois en France en 1878, les sciages de sapin comptent pour 131 millions, et les merrains de chêne pour 40 millions et demi. Les sciages de chêne entrent de plus dans l'inportation pour 13 millions environ.
Comme ce courant d'importation a été progressivement croissant depuis longues années, il est permis de penser et de dire qu'un tel courant ne saurait se ralentir, et qu'il y a lieu de compter avec lui pour établir les prévisions de l'avenir.
30. 17* ARTICLE. Economie financière du repeuplement. — Les travaux de repeuplement comportent des mises de fonds importantes qu'il importe de rendre productives, tout en les limitant au strict nécessaire (chap. ix, xi, xii).
U y a lieu, pour atteindre ce but, d'examiner les points suivants : l« Profiter des saisons, des années, où la main-d'œuvre est la moins chère.
3» Economiser les frais de préparation du terrain en concédant temporairement les vides à repeupler à des cultivateurs qui améliorent ces terrains par des cultures agricoles spéciales (chap. vm,
S"* Employer les instruments les plus commodes et les plus perfectionnés. Tenir toujours son matériel en bon état, et avoir toujours une réserve.
4» Rechercher les procédés les plus économiques et les plus sûrs au point de vue cultural ; se tenir bien au courant des méthodes suivies dans la région, écarter les mauvais procédés, profiter des fautes commises avant soi pour n'y pas tomber soi-même.
B» S'entourer de chefs d'atelier et surveillants, sûrs, bien payés, intéressés au succès des repeuplements.
6» Se préoccuper du bien-être, de l'hygiène de ses ouvriers.
7« Se rendre compte, par une comptabilité régulière, de toute les dépenses de repeuplement. Apporter dans les travaux toutes les améliorations reconnues nécessaires, au point de vue économique, et que la comptabilité elle-même permet de constater. ^Chapitre xii.— Introduction).
31. 18* ARTICLE. Taux de placbbcbnt. — C'est en eombinant les procédés les plus économiques et les plus sûrs de repeu* plement avec le choix des essences les plus productives en quantité et en qualité qu'on obtient le taux de placement le plus
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avantageux. Dans ces conditions, la culture forestière devient une véritable Industrie ; la forêt est alors réellement, au point de vue économique comme an point de vue scientifique et réel, une usine qui fabrique du bois et qui distribue à ses actionnaires de bons dividendes, (chap. xii. — Introduction).