‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 90 sur 150 · ËCOBUAOB ET SARTAOB. CULTURES AORIGOLES PREALABLES · texte numérisé non relu

ËCOBUAOB ET SARTAOB. CULTURES AORIGOLES PREALABLES

Nous ne pouvons que renvoyer, sur la question de l'écobuage et du 8artage,auz renseignements donnés précédemment (chap. VIII, §S 14 à 20); et, sur la question des cultures agricoles préalables, au même* chapitre (§21). Nous ferons simplement remarquer qu'L^ s'agit de procédés dont l'utilité et la convenance se justifient dans chaque cas particulier, comme il a été dit ci-dessus (g 2, fin).

206 LES PLANTATIONS FaRESTŒRSS EN GENERAL

5. Ambublisskmœnt PRÉALABLE DU SOL. — L'ameublissôment préalable du sol, soit à la charrue, soit àbras d'homme, soit en plehî,soit partiellement, suffit pour assurer le succès d'une plantation quand le sol est d'une consistance moyenine et quand les racines delà végétation superficielle ne forment pas un réseau trop épais.

En ce qui concerne: remploi de la charrue, nous renvoyons au chap. VIII §§ 11 et 12; remploi du bras de l'homme, au § 22; les inconvénients de la culture en pleinet les avantages des bandes, aux §§ 2 à 41; l'emploi des potets, aux SS ^4 à 47 : remploi des bandes relevées ou banquettes, aux §§48 à 51, l'assainissement et Firrigation, aux §§ 52 à 57.

Nous rappellerons qu'on doit ameublir le sol d'autant plus profondément qu'on se trouve à une exposition plus chaude et dans un sol plus sec. Quand on a à redouter les excès de la végétation herbacée, on doit donner aux bandes ou places ameublies une largeur convenable, de manière à empêcher l'envahissement nuisible des herbes.

Les tableaux n»" 8, 9, 10, H , 12, 13, peuvent foutnir, au sujet de la préparation du sol, tous les éléments mumériques nécessaires.

Unous suffira de dire, pour épuiser ce sujet, que l'ameublissement adonner au sol, pourpréparer la mise enterre, doitêtre évidemment moins perfectionné que dans le caâ du semis; lors de la mise enterre, envient en efFetremuerà nouveaule terrrain sur l'emplacement destiné à recevoir chaque plant, et cette seconde culture complète assez la première pour qu'il ne soit pas nécessaire de donner à celle-ci un soin exagéré.

6. Préparation des trous. — Sur un sol qui n'a subi qu'une préparation sommaire (§§ 3 et 4) ou même aucune préparation, on opère généralement par trous, quand le terrain est compact, épais, fortement gazonné. Malgré les inconvénients que présente cette méthode, ainsi que nous le verrons plus loin (§ 22), elle est très répandue; nous l'examinerons donc en détail, tout d'abord au point de vue de la préparation du terrain.

Cet examen comporte trois points :

1® Confection des trous.

2« Distance et disposition des trous.

3° Largeur et profondeur des trous.

7. Confection des trous. — La confection des trous a lieu de la manière suivante :

Au moyen d'instruments qui seront décrits plus loin, on extrait les terres^ et on les sépare, sur les bords du trou ouvert, suivant

LES PLANTATIONS FORfiSTIÈRBS EN GÉNÉRAL 207

leurs q[ualités respectives. Les gaaons sont mis à droite, par exemple ; la bonne terre, qui vient ensuite, à gauche ; la mauvaise terre du fond, en avant. Par cette attention, qui ne coûte pas plus de temps que si on ne faisait qu'un seul tas, en recouvrant les bonnes terres par les mauvaises, on a facilement sous la main, lors de la plantation, chaque nature de terre; et le choix, pour la mise en terre, a lieu sans hésitation.

De plus, la séparation des terres présente l'avantage do rendre TinfLuence atmosphérique plus prompte etplus active sur ces trois petits tas. Les molécules de terre sont bien mieux améliorées et divisées que si on les eût réunies en une seule masse.

Si des pierres sont mêlées à la terre extraite, on doit les mettre à part, sauf à les employer en mélange avec une terre trop compacte, ou à les placer sur un sol trop léger pour le tasser et le rafraîchir, où à les laisser de côté comme inutiles. »

8. Distancé et disposition des trous.— La distance et la disposition des trous sont déterminées par la nature même de la plantation à exécuter et par le but à atteindre qui est, dans le cas de vides à repeupler, celui de constituer un massif forestier d'avenir.

La nature nous offre les arbres forestiers en massif comme le type le meilleur que Ton puisse suivre. Dès les premières années, les jeunes semis naturels se présentent à nous en fourrés serrés. Une multitude de tiges pressées les unes contre les autres étendent sur le sol un couvert impénétrable, toute végétation parasite disparaît; et tandis que les cimes plongent dans l'air et y absorbent tous les principes viviûants, les pieds des racines, maintenus dans tm milieu constamment frais, s'assimilent les principes solubles du sol, qu'un épais lit de feuilles mortes fertilise sans cesse, sans craindre de voir aucune fraction de ces aliments disputés et enlevés par des plantes étrangères.

Dans la pratique des plantations artificielles., il est bien évident qu'on ne peut donner, dès le début, au peuplement un état aussi serré que celui offert en exemple par la nature. S'il est désirable que l'espacement soit faible pour ombrager le sol, étouffer les herbes et faciliter ainsi la reprise des plants, il faut aussi compter avec la dépense. Ajoutons qu'une plantation trop serrée à l'origine exige promptement une éclaircie dont les produits ne couvrent pas les frais.

9. Dimensions des plants. Essences. ~ Pour lesbasses tiges, un espacement variant de 0. &0 à 2 mètres est généralement le plus

convenable. L'espacement de 1 mètre, 1.25 est le plus souvent adopté. Les hautes tiges s'espacent à 2 mètres et plus.

Plus le plant est fort, plus il est possible de l'espacer. Il en est de môme s'il donne un bon ombrage et si sa croissance est active.

Les diverses essences ont à ce sujet des exigences variées. On peut dire d'une manière générale que les essences à couvei^t épais, telles que le hêtre et le sapin, demandent un moindre espacement que celles à couvert léger.

10. SoL ET CLIMAT. — Uu sol fertile, daus lequel la végétation est plus rapide et les influences résultant de la dénud^tion sont moins redoutables, permet aux jeunes plants de résister plus longtemps à rétat isolé qu'un terrain médiocre et sec. Le massif peut mettre sans inconvénient plus de temps à se former dans le premier de ces sols que dans le second. On peut donc espacer plus largement les plants sur un terrain de bonne qualité.

D'autre part, dans les terrains médiocres, les jeunes plants périssent en bien plus grand nombre que dans les terrains fertiles; ils prennent moins d'ampleur aussi, comme on vient de le dire, et le massif se forme moins vite. Les racines s'étendent moins, et les plantes parasites tendent à s'emparer de la place qui se trouve vacante. Pour tous ces motifs, il y a donc lieu de serrer le massif dès l'origine, sous peine d'obtenir, sur un sol mal couvert, des arbres mal conformés et sans hauteur.

De même un climat froid et rude oblige à un espacement plus serré qu'un climat tempéré.

11. But a atteindre. — En limitant la question à celle des vides à repeupler dans les forêts, on peut atteindre ce but de diverses manières, suivant le nombre et l'étendue de ces vides, le délai dans lequel on veut exécuter les travaux, les sommes à y consacrer. Si on veut opérer en peu de temps sur de nombreux vides avec des ressources limitées, dans le but de mettre rapidement ces terrains à l'abri d'une dénudation toujours croissante, on peut adopter un grand espacement. Mais il faut bien compter qu'on devra venir plus tard compléter les premiers travaux, si le résultat obtenu est peu satisfaif-ant ou incomplet, si les forces naturelles n'ont pu combler d'elles-mêmes les intervalles laissés à nu.

Lorsqu'on ne veut produire que des bois de feu, on peut donner un plus grand espacement que lorsqu'il s'agit de produire des bois de construction ou de fente.

Si le vide à repeupler doit être livré à une culture accessoire ou

au pâturage, on procède par voie de plantation de têtards et d'arbres d'émondes, et alors on peut donner un grand espacement. Mais il devient nécessaire d'employer des hautes tiges bien constituées, lesquelles sont espacées de 5 à 10 mètres.

12. Modes divers d espacement.— Il est souvent difficile d'aligner régulièrement les trous ; on est commandé dans le choix de chal^ue emplacement par des conditions du sol, qui varient pour ainsi dire à chaque pas.

Toutefois il y a intérêt à ne pas s'écarter trop de la régularité dans l'espacement des trous. Cette régularité peut s obtenir par quatre procédés différents. 1® Les allées ou files ;2oi0a triangles équllatéraux; 3° les carrés; 4® les triangles isocèles ou quinconces.

Le choix de l'un ou l'autre de ces procédés est sans intérêt, au point de vue cultural proprement dit. Il est toutefois avantageux d'établir les plants suivant des lignes droites, de manière à pouvoir les retrouver facilement, et à remplacer sans hésitation les manquants, quand il s'agit de basses- tiges perdues au milieu de la végétation superficielle du sol. Quand il s'agit de hautes tiges, la symétrie n'est pas à dédaigner, elle intéressa ceux qui visitent la plantation et leur donne une bonne opinion de l'ordre et de l'exactitude de celui qui l'a dirigée.

13. Trace des auonements. Procédé de Hartio. Trous ronds. — On se sert d'un cordeau à nœuds indiquant les longueurs des espacements et de piquets ou jalons destinés à marquer la place de chaque trou. Pour tracer des alignements perpendiculaires ou faisant des angles de 45 degrés par rapport à la ligne qui sert de base d'opération, on emploie une équerre d'arpenteur.

Hartig conseille de bien marquer à l'avance par des piquets les points où les arbres doivent être plantés, et de tracer en même temps la circonférence des trous afin que les ouvriers ne paissent se tromper. L'émineut forestier allemand préfère les trous circulaires aux trous carrés, parce que le cercle est plus en rapport avec la disposition formée par les racines du plant. Quand le piquet fixant le centre de chaque 'rou est bien enfoncé en terre, on attache une fiche de bois pointue à une corde double, ayant la longueur de la moitié du diamètre que doit avoir le trou, et au moyen de cette corde que l'on pas»*! autour du piquet déjà planté et de la fiche de bois qui la termine, on trace une courbe sur le terrrain en appuyant fortement avec la fiche de bois pour rendre le tracé de la Ugne circulaire bien apparent.

Avec cette précaution, on fait des trous parfaitement ronds, et

si on a le soin de placer les arbres perpendiculairement au milieu des trous, on obtient un alignement aussi exact que celui que formaient les piquets. Si on a négligé au contraire de figurer la plantation par des piquets et de iracer les cercles sur remplacement des trous, les ouvrier», manquant de guides, s'écarteront de la forme circulaire qu'ils doivent donner aux trous, et on se verra obligé, lors de la plantation de chaque arbre, de rectifier la forme des trous et l'alignement des arbres.

14. Procédé de Duhamel. — Duhamel du Monceau indique un autre procédé. On place en alignement plusieurs jalons sur une ligne, trois par exemple; puis on plante sur cette ligne d'autres jalons aux endroits des plantations, en ayant soin que tous ces jalons se recouvrent les uns les autres, pour l'œil d'un observateur placé en un point quelconque de l'alignement. A. mesure que Ton plante, celui qui dirige la plantation vérifie lee alignements sur les jalons qu'on laisse en place, et pour cela on fait en sorte que les jalons ne se rencontrent point aux endroits où doivent être établis les arbres. Quand les arbres ont une courbure, on met leur face droite dans le sens de l'alignement.

12. Trous ronds et trous carrés. — Le tracé des trous ronds recommandé parHartig exige des soins multipliés qui surélèveraient notablement la dépense d'une plantation forestière, si on suivait à la lettre ses prescriptions. Dans la pratique, quand il s'agit de basses tiges et de travaux d'utilité et non d'agrément, l'ouvrier chargé d'ou\Tir le trou en trace lui-même les limites ; si on désire obtenir une certaine régularité, on peut lui donner im petit gabarrit en bois représentant la section d'ouverture du trou, et marquer sur l'instrument dont il se sert un point de repère pour indiquer la profondeur à laquelle le trou doit être ouvert.

Quant à la forme du trou, elle n'est pas indifférente; mais on peut dire que la forme carrée, plus facile à obtenir, quand le trou a de faibles dimensions, peut donner aussi de bons résultats, car les racines ne se répandent pas nécessairement d'une manière symétrique autour de l'arbre; elles se dirigent indifl'éremment vers un point quelconque, pourvu qu'elles y trouvent de l'espace et de la nourriture.

16. Tableau pratique n^ 18. Allées. — On peut ramener les quatre procédés indiqués à Tarticle 12àunseul, celui des allées. Les carrés sont des allées dans lesquelles les distances des plants sont égales dans le sens ' « ^ngueur aà^g/^e sens de la largeur. Les

plantations en triangles équilatéraux correspondent à des allées obliques dans lesquelles l'une des distances est égale à la hauteur du triangle ayant pour côté l'autre distance. Los plantations en triangles isocèles correspondent à des carrés. — Dans les plantations par triangles, les plants, au lieu de se trouver vis-à-vis l'un de l'autre, pour deux lignes parallèles voisines, alternent au contraire, tandis que, dans les allées et carrés, les plants se correspondent dans toutes les directions.

Nous donnons ci-après un tableau (n«> 18) indiquant le nombre de centaines de trous à ouvrir à l'hectare pour des espacements variant de m. 30 à 8 mètres, dans le système par allées.

Le tableau n» 19 ci-dessous indique, pour les triangles équilatéraux, quelques données numériques.

— Triangles équilatéraux.

ESPACEHEXT.

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