‹ Essai sur les repeuplements artificiels et la restauration des vides & clair�eres des for�etsChapitre 94 sur 150 · Figure · texte numérisé non relu

Figure

Par suite de cette décomposition, il y a production d'eau, dégagement de chaleur, production de vapeur d'eau, transformation des tissus végétaux en matières assimilables.

Si un jeune plant est placé dans un tel milieu, ses racines absorbent rapidement la vapeur d'eau tiède et saturée de principes assimilables ; ses fonctions vitales s'exercent avec énergie, et la plante entière en ressent les bons effets.

Le monticule de terre substantielle qui garnit la butte assure aux racines ime nourriture suffisante jusqu'à l'époque où les racines auront dépassé la périphérie de la butte.

Enfin, par le gazonnement de celle-ci, on limite l'accès de l'air, on empêche la dispersion de la vapeur d'eau et, par suite, la perte des principes assimilables que cette vapeur tient en suspension.

24. Permanence régulière de l'humidité. — A surfaces égales, la butte absorbe pendant le jour plus de chaleur qu'un plan horizontal, parce que sur la paroi inclinée de la première, les rayons solaires se réfléchissent sous un angle plus aigu que sur un terrain plat.

D'autre part, les gazons qui recouvrent la butte s'élèvent sensiblement dans la couche d'air froid qui touche le sol, et se refroidissent pendant la nuit à un degré plus grand que le terrain sous-jacent.

Il en résulte que les exhalaisons terrestres, traversant le terreau, se condensent ensuite en grande partie au contact des plaques refroidies, et retombent ensuite sous forme de gouttelettes pour aller aux racines.

Chaque jour, au moment de la rosée, ce mouvement double de vapeur d'eau se produit, même pendant les plus fortes chaleurs, et assure au terreau de la butte une humidité permanente et constante.

Les principes nutritifs que ce terreau contient sont non seulement rendus assimilables, mais encore la consommation en est si bien réglée qu'il ne s'en perd qu'une faible portion pour la plante.

25. RÉSULTATS OBTENUS. — La pratique a fourni le meilleur exemple et la plus forte preuve de l'exactitude des principes qui précèdent. Depuis trente ans, le mode de buttage est, dit-on^ pratiqué en Allemagne avec un succès certain. Dès la mise en place, la reprise est assurée, les plants végètent avec vigueur et uniformité. Le nombre des regarnis est sans importance.

Nous pensons donc qu'il y a un sérieux intérêt à faire connaître les procédés du buttage. C'est ce que nous ferons ci-après.

26. De la préparation du terreau. — La préparation du terreau est une des opérations les plus importantes des travaux de culture. On ne conûe cette besogne qu'aux ouvriers les plus sûrs et les plus capables, et la surveillance à exercer sur eux doit être active et continue.

11 faut ensuite choisir avec le plus grand soin les places d'où Ton tire son terreau. Il s'agit avant tout d avoir une terre substantielle, et cette règle doit primer celle qui a pour objet de répartir les tas de terreau aussi régulièrement que possible sur l'étendue du terrain à repeupler.

L'époque la plus favorable à cptte préparation s'étend du mois d'août à la un d'octobre. A cette époque, le temps est sec et chaud ; on travaille facilement la terre ; les plaques de gazon et de bruyère se dessèchent complètement et, en peu de temps, se dépouillent aisément de la terre qu'elles contiennent ; enûn les racines et autres résidus, brûlent avec facilité.

27. Formation des tas par couches. — Supposons qu'après quelques sondages faits à coups de pioche on ait reconnu un terrain de bonne qualité, c'est-à-dire formé d'une couche épaisse de matières végétales bien décomposées, sans mélange de pierrailles trop nombreuses. On en fait dégazonner une surface convenable. Les mottes de la végétation superficielle sont mises à part; la place mise à nu est piochée, et la terre ameublie est déposée à côté de l'excavation produite, sous forme rectangulaire, et sous une épaisseur de Cm. 20 environ. On ratisse cette couche amepblie avec un râteauenferà trois dents (1), pour rejeter pierres et lacines, puis on la recouvre d'une partie des mottes mises à part. Ces mottes sont frappées avec le dos du râteau jusqu'à ce que la terre qu'elles retiennent soit tombée. On forme ainsi une deuxième couche dont le mélange avec la première s'obtient facilement avec le râteau en fer.

Un nouveau lit de terre vierge, surmonté d'ime couche de gazons^ émiettés, est ensuite dressé, et ainsi de suite, jusqu'à àce que le monceau ait acquis un volume d'environ 1 à 2 mètres cubes.

On creuse la face supérieure du tas de manière à lui donner une forme concave, et on dispose dans cette concavité, pour y être brûlés, les résidus des mottes et des racines. On mêle les cendres

Page 1