Elles y sont dès lors librement communiquées
2. Ce dépôt se trouve, 13, rue de l'Université. Une autorisation ministérielle est nécessaire pour être admis à y travailler. L'inventaire ms., qui date de 1830, est tenu à jour et communiqué.
216 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES
des questions d'histoire, de géographie, de topographie, d'art militaire (tous enlevés lors du triage de 1867). Ces diverses séries sont fermées.
Les Cartons ^ comportent toutes sortes de mémoires ou rapports émanant d'officiers de marine, d'ingénieurs ou même de personnages divers et traitant des sujets les plus variés, n'ayant souvent qu'un lien très lâche avec la navigation. Cette série est ouverte, fort riche au point de vue historique, mais a perdu au triage de 1867 la plupart de ses documents anciens relatifs aux colonies françaises ~.
Enfin les Portefeuilles du dépôt contiennent une collection de cartes marines et autres, des plus remarquables, dont les plus anciennes pièces remontent aux premières années du xvi® siècle ; les Antilles françaises n'y sont malheureusement pas représentées avant 1667. Il résulte de cette rapide revue du dépôt hydrographique de la marine que Margry n'a laissé dans ces archives qu'un seul document ancien concernant les Antilles : un journal de bord écrit en italien et rapportant les incidents d'un voyage fait de Dieppe à la Martinique en 1659 ^.
Beaucoup plus importantes à notre point de vue sont les Archives coloniales^ conservées actuellement au Pavillon de Flore. Il s'en faut de beaucoup malheureusement qu'elles présentent au chercheur les mêmes facilités matérielles que les précédentes. On s'est plaint maintes fois du danger d'incendie que l'installation actuelle du ministère des colonies faisait courir aux collections artistiques du Louvre: on n'a pas assez insisté sur ce qu'il
1. Cette série, malgré cette dénomination ancienne, comporte aussi des volumes reliés.
2. Les documents relatifs à des pays non colonisés parles Français sont restés.
3. Port. 32, pièce 1: « Journal en Espagnol {sic) de M. Brun de France à la Martinique en 1659. » La pièce porte un autre titre : « Copia del Giornale o mcmoria di quanto e seguito nel viaggio che Mr. de R. ed io habbiamo falto alla Martinique e di quel che habbiamo esequito in conformità degli ordini e instruttioni dateci da N. », et comporte 8 fînc. (15 pp.), in-4.
ARCHIVES COLONIALES
y a de regrettable à voir exposées au même danger, des archives qui relatent à la fois le g-lorieux passé colonial de la France et les origines de plusieurs des grands états du nouveau monde ^ Espérons que cet état de choses provisoire prendra bientôt fin sans encombre et que des crédits sagement répartis permettront de fournir à ces précieuses archives, avec une autonomie propre à satisfaire tous les desiderata, un local approprié, une salle de travail plus vaste et un inventaire plus détaillé -. Il n'y a en effet aujourd'hui d'autre inventaire de ces archives qu'un registre derécolement, dressé par un des précédents archivistes, M. Giiët, vers 1880, pour les documents antérieurs à la Révolution, les seuls d'ailleurs qui soient accessibles aux chercheurs. Encore cet exemplaire unique n'est-il pas communiqué en principe ^. Il ne sera donc pas inutile de faire connaître ici le cadre de classement du dépôt.
La série A: Actes du pouvoir souverain, commence pour les Antilles à l'année 16Ô9 et par conséquent ne nous offre aucun document à consulter.
Dans la série B : Correspondance générale — Lettres envoyées, signalons sous la lettre B^ la correspondance relative
j. Les combles du Pavillon de Flore ont été subdivisés en deux étages entièrement en bois, desservis par des escaliers à vis en bois eux-mêmes. Les archives et la bibliothèque y sont installés sur des étagères en sapin el fort resserrées directement sous les plombs.
2, Le service des archives est actuellement considéré comme un accessoire au ministère des colonies et il y demeure noyé dans les services administratifs. Son personnel, peu nombreux, est donc surchargé de besognes ingrates qui n'ont nullement trait aux archives proprement dites; la salle même où les documents sont communiqués est un simple bureau dont l'exiguïté ne contribue pas peu à restreindre le nombre des autorisations ministérielles accordées aux travailleurs. Il y aurait également beaucoup d'améliorations de détail à apporter, notamment aux reliures de certains registres où les pièces se détériorent et que le manque de crédits ne permet pas de restaurer.
3. Je dois d'avoir pu rassembler les renseignements qui suivent à l'obligeance de M. Tantet, le sous-chef de bureau actuellement chargé des archives et de la bibliothèque, et je ne saurais trop le remercier ici des efforts qu'il ne cesse de faire pour suppléer dans la mesure du possible à l'insuffisance des moyens dont il dispose.
218 SOURCES DE l'hTSTOIRE DES ANTILLES FRANÇAISES
à la Compagnie des Indes. Celle qui a trait aux Iles de l'Amérique n'est enregistrée que depuis 1694.
La série C : Correspondance générale — Lettres reçues, a des origines plus anciennes, Colbert ayant pris soin de conserver les mémoires qui lui étaient adressées dès 1660 ; des copies de documents antérieurs à cette date ont du reste été ajoutés postérieurement en tête de cette série qui commence, pour les Antilles, à posséder des correspondances suivies à partir de 1664, date de l'établissement de la Compagnie des Indes Occidentales. Nous devrons donc signaler, sous les cotes:
C^ [Guadeloupe], n° 1 (registre), deux copies de 1649 et l'acte de vente en original d une partie de la Guadeloupe à la Compagnie des Indes Occidentales (1664) ;
C^ [Martinique], n« \ (registre), un mémoire de 1663, et C^, 2® série, n^ 1 (carton), divers dossiers classés chronologiquement et comprenant le premier des copies, les suivants ''1660, 1661, 1662, 1663, etc.) des originaux ;
C^ [Saint-Domingue], n^ 1 (registre), la correspondance de d'Ogeron, de 1663 à 1688, qui fournit quelques détails rétrospectifs sur la Tortue ;
C^o [Iles diverses], vingt-quatre cartons relatifs aux Iles du Vent pour la plupart, mais sans intérêt pour l'époque antérieure à Colbert.
La série D : Troupes, ne commence qu'à la fin du xvn® siècle.
La série E : Personnel, classée par ordre alphabétique, n'est communiquée qu'avec de grandes réserves. Elle est sans intérêt pour les Iles tant qu'elles ont été des seigneuries particulières.
La série F : Services divers, comporte au contraire des subdivisions remarquablement importantes pour notre sujet. Citons les sous-séries :
F2, Compagnies de Comm,erce, et notamment : F^ 15, carton renfermant un dossier de copies sur la Compagnie des Iles de l'Amérique et des documents sur la Compagnie des Indes Occidentales ; F^ 18, manuscrit relié de l'Histoire des Compagnies de
ARCHIVES COLONIALES
Demis ^ ; et F~ 19, registre du xvii® siècle comportant trois tomes en un volume in-fol. de 515 pp., intitulé : Ordres du Roy et autres expéditions de la Compagnie des Isles de V Amérique de 1635 à 1647 Avec les actes d' Assemblée tenues par cette Compagnie pour ce qui concerne ses Affaires particulières depuis 1635 jusquen 1648. Ce document, de la plus haute importance pour l'histoire des Antilles françaises avant Colbert, ne semble pas provenir directement des archives de la Compagnie des Isles ~, mais bien plutôt être une copie des registres de cette Compagnie faite en une seule fois en 1648 3, peut-être pour le compte de Fouquet. Il a été donné par l'abbé de Pomponne ^ à Clairambault en 1734 pour être remis au comte de Maurepas ^, alors ministre de la marine, qui le fît relier à ses armes ^. De ses trois tomes, le premier comprend des lettres royaux et des contrats, dont quelques-uns sont en original aux archives des Affaires Etrangères ; on retrouve aussi dans ce dépôt les originaux de quelques-unes des commissions données par la Compagnie des Isles, qui forment le tome II, avec les instructions de ladite Compagnie à ses agents ; mais ces instructions et les « actes d'assemblée », les délibérations de la Compagnie, qui forment le tome III, ne se trouvent que là et donnent à ce registre une importance capitale '^.