Essai sur les variations de l'urée et de l'acide urique dans les maladies de foie
Les maladies du foie exercent sur l’excrétion de l’urée et de l’acide urique une influence incontestable. Intéressantes pour la clinique, en raison même des services qu’elles sont appelées à rendre au diagnostic, les modifications qui résultent de cette influence, le deviennent à un autre point de vue, lorsqu’on cherche à se rendre compte de la partie de l’organisme où pourraient bien se former certains déchets, qui, tels que l’urée, l’acide urique, sont éliminés par les urines.
N’est-il pas logique de voir une relation de cause à effet, entre la possibilité pour le foie de remplir une fonction désassimilatrice et certains états pathologiques de
cet organe, dans lesquels le taux de l’urée et de l’acide urique, produits les plus importants de la désassimilation, subissent des variations remarquables ?
Les savantes leçons faites à la Faculté par M. le professeur Charcot, font pressentir que le foie doit jouer un rôle considérable, en rapport avec la nutrition générale, celui du dédoublement des matières albuminoïdes, par suite duquel apparaissent deux corps de premier ordre en pathologie, l’urée et l’acide urique.
Nous n’avons pas cru pouvoir mieux faire que de prendre ces leçons pour cadre de notre thèse, trop heureux de l’appuyer sur les opinions d’un maître aussi éminent.
Notre but n’est pas de produire des recherches personnelles sur ce sujet intéressant. Ce n’est pour nous qu’un point de départ pour diriger nos études dans une voie nouvelle, dont quelques maîtres français, sympathiques et érudits, nous montrent le chemin.
N’ayant rencontré aucun travail complet sur cette question, il nous a semblé utile de rechercher dans les auteurs étrangers les documents qui s’y rapportent, de les joindre, dans une courte notice, aux essais dispersés, la plupart inédits, des physiologistes français, et de relier ces matériaux dans un petit nombre de pages.
Si ce travail bibliographique reçoit le bienveillant accueil de nos maîtres, nous serons largement récompensé de nos investigations, et nous n’avons qu’une ambition, celle de les épargner à ceux qui viendront après nous.
Nous nous faisons un devoir d’adresser ici nos remerciements à M. le Dr Brouardel et à M. le Dr Quinquaud, pour les conseils qu’ils nous ontdonnés, et les documents qu’ils ont obligeamment mis à notre disposition.