C... entrée le 29 décembre
Qoût. — La coloquinte et le piment ne sont pas reconnus à gauche, ils sont reconnus à droite.
Odami. — Intact Jes deux côtés.
Tw. — Normale u droite et à gauche; il eil< de môme de rouïe,
Sensibilitfhjénéi'ale. — Pnrfaitement intacte surj la peau et les muqueuse?*.
19 juillet 1873, Môme état de la sensibilité.
Ob8, V*— Hysléro t'^pilepsio, service de M. Cbaroot, Salpôtrière,] lit n« 16.
\[. h... 19 juillet 1873. Sensibilité cutanée abolie à gauche et conservée à peine du côté droit.
Lit de Tœil droit seulement ; Tœil gauche voit' les personnes comme des ombres et ne peut dis tinguer les caractères d'imprimerie, quelle que soit leur grosseur el (publie que soit la di^itanceà laquelle ils sont placés, ^^H
Le sucre et la coloquinte placés sur les deux co^^ lés de la lanjiue ne sont, nullement reconnus.
Uodorat est cohqïUiemeM af/oli des deiu côtés. V
Les battements d'une montre sont entendus à Û"*,Û3 à gaucJie; ils ne peuvent être perçus par M Toreille droite, même quand la montre est au contact du i>avillQn de roreille. h
G août 1873. MAme état de la sensibilité. V
M. L.,, est morte phthisique dans le mois de janvier 187''!, L'autopsie n'a révélé aucune lésion ce* rébrale.
Obs* VL — Salpèiriôrej salle Sl-Jacquês, n" 3.
E... Hystéro-épilepsie dont le dernier accès a eu lieu en 1872.
3 juillet 1873. Le bras gauche est serré contre le tronc, Tavant-bras fléchi à angle droit sur le bras et ramené devant Tépigastre, la main est fléchie sur son bord radial, les doigts à demi fermés.
Tout le côté gauche est anesthésié ; il y a cependant, sur la face dorsale des deux premiers orteils, une zone de 0",03 de diamètre, qui donne à la malade une sensation de fourmillement quand on la gratte avec la pointe d'un crayon. La sensibilité des muqueuses est abolie des deux côtés. La conjontive scléroticale et cornéenne est insensible.
Ft/^. — Abolie à gauche, mais ici par suite d'une neuro-rétinite.
Ouïe. — L'oreille gauche entend toujours comme le grondement d'un train en marche.
Le goût et Vodorat sont abolis des deux côtés.
Céphalalgie persistante au niveau de la bosse pariétale gauche.
6 août. L'état de la sensibilité est le môme.
17 février 1874. Il est survenu la nuit précédente une série d'étourdissements qui a duré deux heures ; quelques jours avant, l'oreille droite est devenue momentanément le siège de ces bourdonnements que nous avons signalés, et qui persistent encore du côté gauche. L'anesthésie du côté gauche est la môme, mais la zone sensible de la face dorsale du pied ne peut plus être excitée que par de profondes piqûres. Le goût et l'odorat sont toujours abolis des deux côtés. La contracture du membre supérieur est restée la même.
Obs. vil — Asile Saînle-Anne, — Hystérie— Anesthésie cutanée complète,— Amélioration rapide.
PG..., lîûgère, née à Falaise (Calvados) j entre à Tasile le IG décembre 1873. On constate qu'ell est al teinte de délire des persécutions mêlé de préoccupations hypocliondriaques et de changement dans les sentiments ailectifs : on Tinjurie dans la rue, on la menace, elle désire la mort, ne peut s allacher à personne, son sang est changé. Depuis quatre ans elle ne dort plus, on la tour-^ ment<\ La maladie est arrivée à son summum d'intensité en niâi's dernier. A ce momen t est survenue une contracture persistante dans le memhre pelvien droit, contracture qui a amené la flexion de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse. A ce moment les rapports sexuels étaient trèspénibles, et la malade se plaignait aussi d'une sensation continuelle de boule dans la région œsopbûgienne. Un purgatif donné à cette époque amena y au dire de la malade, les premiers 1 roubles de la sensibilité générale.
On constate, au moment de Tentrée de la ma* lade, une anesthésie cutanée presque complète. La sensibilité est abolie dans les membres supérieui^ et sur le tronc; la partie interne des cuisses est la région la moins atteinte; les sensations de piqûre et de température y subsistent, quoique très-émoussées, LVinestbésie plantaire est telle qu'il lui semble marcber sur du coton. Le goût et Tudorat ont disparu en totalité, La
malade ne communique plus avec Textérieur que par la vue et Touïe qui sont intacts. La titillation des mamelons en amène l'érection sans que la malade en ait conscience. Au dire de la malade, les sensations voluptueuses du coït ont complètement disparu.
Je vois cette malade le 12 février 1874. Les deux côtés sentent les pincements. Le goût est revenu, Todorat présente même ime sensibilité au-dessus de la normale du côté gauche, mais il reste un peu affaibli à droite. L'ouïe et la vue sont excellentes, mais il reste un peu de mobilité dans le caractère; elle rit et pleure très-facilement.
Nous retrouvons dans ces quelques faits les trois caractères principaux de Tanesthésie hystérique :
1^ Cette anesthésie ne se manifeste que quand il existe déjà, depuis un temps plus ou moins long, des symptômes évidents de l'hystérie.
2° Cette anesthésie est beaucoup plus commune à gauche qu'à droite. Ce fait, démontré par de nombreuses statistiques, se retrouve encore ici. Sur six hémianesthésies, nous en rencontrons, en effet, cinq siégeant à gauche.
3*^ Enfin la marche et la localisation de ces anesthésies présentent l'inconstance et la mobilité de la plupart des symptômes de cette névrose.
On s'étonnera peut-être de nous voir placer dans ce travail l'observation d'une malade atteinte d' anesthésie complète (obs. 7). Nous répondrons que ce cas est relativement rare et que, comme
Id^ fl MU panlt inténeant Brique! ne l'a caoulré que chez quatre malades salement, kakky dit 1 avoir obsené cinq fois ^ur un de dix-é€pt hyaléfiqiieâ. L'aneelhéaie géoérmle, dît le premier de ces aalears, se trouTe être dans la même proportion que son hyperesthœie gàoérale, ime fois sur cent
Les faits suivants, ajoutés à oe que nous avims dit du travail deL* Turck, donneront, je Te^ière, une idée assez nette de^ caractères et de la marche de rhémianesthésie dans les cas de lésions oérébraleB* Ils ont été recueillis à Sainte-Anne, dans le service de MM. Magnan et B<juchereau. Nous avons emprunté au livre déjà mentionné de M. Magnan sur Talcoolisine la première partk de riiistoire de ses malades, qu'il nous a permis^ d'après ses coni^eils, de continuer i\ observer.
C'est sur la partie de ce^ observations qui nous est personnelle que nous nous étendrons le plus, nous contentant de résumer ce qu'on peut trouver dans l'ouvrage de notre maître.
Ob8* VIll (1), — ExcL'îi de boissons; libsinUie. — Cêphajalgi^ ; vertiges ; atiaijui's 6i>ikijtiquctt. — Tromblement ; halluctnalion».— Attmjuc apoiileciif|iîi> ; hômîplégie incomplète droite; luHiûaiieslhéme droito avec diminution, puis obolîtion du y^udl el rie Tudùrat ; dysCcoe suivie de surdité complète timblyupiccL dyschromulopâîc aboutb^ant à la perte absolue do la viflion du 06I6 droit,
L. (I*ierre),!i9 ans, journalier, ancien milîtaîre, îidoiuié depuis nombre d'années aux boissons
(1) Magnant p* 43!,
alcooliques, contracta en Afrique Thabitude de boire de Tabsinthe, dont il prend jusqu'à six ou sept verres par jour. Les premières manifestations de Talcoolisme sont d'abord, de Tinsomnie habituelle avec rêves et cauchemars, de Tanorexie, de la pituite, de la céphalalgie, des étourdissements, du vertige, et enfin des attaques convulsives accompagnées de perte de connaissance, de morsure à la langue et d'évacuations involontaires. Plus tard, engourdissements, fourmillements et crampes dans les jambes, tremblement des mains, visions eflFrayantes. Del 860 à 1869, il navigue comme matelot, devient plu5 sobre, et son état s'améliore. Il débarque à la Martinique et séjourne à Saint- Pierre, où il se remet à boire. C'est dans ce dernier séjour qu'il est frappé d'apoplexie. L'attaque est suivie d'embarras de la parole et de paralysie du côté droit. Quatre mois après, il est assez bien rétabli pour rentrer en France. Il vient à Paris et y reprend ses funestes habitudes.
Entrée à l'asile le 12 juin 1872. Hébétude, délire des persécutions et hallucinations terrifiantes à redoublement nocturne. Céphalalgie, vertiges, faiblesse du côté droit du corps, tremblement des mains plus marqué à droite.
Du 14 au 30 juin» L'état mental s'améliore un peu, mais le côté droit reste toujours plus faible que l'autre* Le côté paralysé est le siège d'une notable anesthésie ; le toucher, le chatouillement les piqûres, les corps chauds ou froids sont à peine sentis; L'odorat est très-affaibli dans la narine
droite, la moitié droite delà langue ne perçeitni le sucre, ni le sel, ni la coloquinte; la moitié gauche dis lingue ces substances. La muqueuse buccale est anestliésiée du côté droit et sent d'une manière très-incomplète le toucher, la piqilw, l'action du chaud et du froid.
L'acuité de lavisionef>t moindre adroite; rœil àî ce côte peut lire seulement des caractères de O'^^Ol. Tceil gauche lit des caractères de 0*^,003. Lœfl droit est afïecté de dyschromatopsie; le \iolet paraît blanc, le jaune parait blanchâtre. L'œil gauche reconnait toutes les couleurs.
IVanesthésie ne parait pas faire de progrès jusqu'au mois d*octohre. pendant lequel [on constate un affaiblissement de 1 ouïe du côté droit. L'oreille de ce côté n'entend en elFet les battements d'une montre qu'à une distance de 0^^,02; à gauche, ils sont entendus à 30 centimètres.
Au mois de septembre 18/2, Tanesthésie du côté droit estdevenue complète, après avoir suivi, ainsi que la faiblesse du membre, une marche régulièrement progressive. Un jour le malade se brûle le dos de la main contre la idaque d'un fourneau sans le sentir; une autre fois, il plonge et laisse sa jambe droite dans un bain trop chaud, jusqu'à ce que le pied gauche, porté à sou tour dans le bassin y vienne Favertir de la température élevée du liquide. Dans la marche, le pied droit traîne légèrement sur le sol. Enfin, tout le côté droit est plus froid, la sensibilité spéciale y est également abolie. La narine droite ne perçoit au-
cune»odeui% et ua flacon d acide acétique placé audessous n*est point senti, malgré ses propriétés à la fois odorantes et excitantes. La coloquinte, le
pimejit restent sans action sur le côté droit de la langue. L'oreille droite n'entend plus iien\ la cécité est complète à droite ; Tœil reste ouvert devant le soleil sans percevoir aucune sensation; toutefois la mobilité de la pupille persiste, elle se dilate à F ombre ^ se resserre à la liunière*
Octobre 1873. Le détire et les hallucinations pénibles qui se sont montrés souvent dans le cours de la maladie reparaissent de nouveau. L. voyait des flammes j desincendieSy s'imaginait qu*on voulait Tempoisonner. (let état s'est compliqué d^embarras gastrique avec fièvre le soir, L'hémianestbésie est complète. L'œil droit, frappé de cécité, ne présenta cependant à Texamen ophthalmoscopique aucune lésion pouvant expliquer la perte de ses fonctions.
Nous examinons le malade le 11 février 1874.
La sensibilité au toucher, à- la piqûre, aux diflérences de température est abolie à droite sur la peau et les mucpieuses. Mais, quand on touche la cornée droite, on voit l'œil se remplir de larmes. Ce fait a été observé par le malade lui-même après rintroduction accidentelle dans son œil dequelques grains de tabac à priser. La pupille se contracte quand elle est exposée brusquement à la lumière, et cependant le malade ne peut avec cet œil distinguer le jour de la nuit. Il marche en traînant la jambe ; il ne peut soulever le bras droit qu'en s'aidant de la
Yirenque, 3
main gauche. Si on le soulève quand Tatlenli du malade est tlislraite, le bras retombe comme une masse*
Si on l'encraire à tenir les deux bras étendus^ horizontalement, on voit^ au bout de <iuekiiie> î?e-^ conde:^, la main et le membre droits être pria de tremblements en totalité; le malade rougit, il plaint d'un sentiment de vertiurejes tremblement s'accentuent davantage et le membre retombe La station sur la jiuube droite e^t impossible môme quand le malade prend des points d'appui sur les objets environnants. La main gauche peut pousser l'aiguille du djTiamomelre jusqirà Vex^ trôme limite du cadran; ladroileno lui faire guère parcourir que cinq di\'isions, et cela avec beaucoup d'efforts. L'œil gauche, le seul dont les fonctions soient encore conservées, ne lit que difflci lement les caractères d'un centimètre. Il faut, pour qu'il y parvienne, cpie ces caractères soient écartés les uns des autres.
La coloquinte et Taloès peuvent être placés sur le coté droit delà langue, sans que le malade en perçoive la saveur.
Les battements d'une montre sont entendus à 0^25 de Foreille gauche. La droite ne peut les entendre à aucune distance et même au contact. De plus elle est le siège de bourrlonnements incessants.
Faisons remarquer ici un phénomène que Demeaux avait également trouvé chez une femmd
alLeiiile d^liémiplégîe avec hémianeslhésîe, c'est rapparition de larmes dans les deux yeux par le contact d'un corps étranger sur la cornée du côté anesthériié, sans que la malade Tait senti et que le globe oculaire ail lait le moindre mouvemenl; rînsensibilité de la cornée est complète, et cepenj dant Taction réflexe est rendue évidente par la sécrétion immédiate des larmes. On peut, dît U. Magnaiij rapprocher ce fait de ce qui se passe chez les hystériques anestliésiques (obs, 7) ; les tissu;* érectileSj tout en ne transmettant pas d'impressions au cerveau, conservent la faculté de s'ériger; ainsi les mamelons du sein, lecliioris, bien qu'insensibles au toucher, conservent la facullé de s'ériger au moindre contact (Briquet). Cette ânes* thésie complète du globe oculaire n est pas la règle* Aiûsîj chez le malade qui fait le sujet de notre der* nière observation* la sensibilité est très-émoussée dans la conjonctive palpébrale, mais elle persiste au niveau de la cornée, ce qu'exiiliquent du reste les recherches de M. CL Bernard. Ayant arraché le ganglion ophthalmique chez des chiens, CL Bernard a toujours vu cette avulsion suivie de la perte de hx sensibilité de la cornée, avec conservation de celle de la conjonctive, résultat physiologique d'accord avec la disposition analomique, puisque la conjonctive reçoit les nerfs ciliaires directs de la cinquième paire, tandis que la cornée se trouve inneT'vée par les rameaux ciliaires émanant du ganglion opblhalmique. D'autre part, les substances toxiques exercent une influence diflerentô
sur ces parties ; dans la mort par la strj^clinine, la cornée devient d^abord insensible, tandis que, dans ranesihésie par l'eUier, Fempoisonnement M par le curare, c'est la conjonctive qui perd la pre- ^ mière sa sensibilité.
Nous devons signaler une cause d'erreur qui surgit quand on explore comparativement les membres des deux côtés du corps à Taide de F es thé- m siomètre. Il faut que la ligne qui joint les deux " pointes de rinst rumen t fasse toujours le même angleavec Taxe du membre. L'expérience démontre en effet que, parallèlement à cet axe, les pointes doivent être beaucoup plus écartées pour donner naissance à une doxible sensation de piqnre. M* Magnan qui a publié à ce sujet des tableaux comparatifs du degré de sensibilité entre les deux moitiés du corps ^ en donne Texplication suivante : la direction générale des filets nerveux superficiels d'un membre est parallèle à son axe; en piquant deux filets voisins, ce qui arrive quand la ligne des pointes de restbésiomètre se trouve suivant cet axe, on n*excite qu'un seul département de la moelle j celui qui communique avec ces lUets, Au contraire, en plaçant les lignes des pointes perpendiculairement à Taxe du membre, on irrite deux centres distincts, ce qui, on le comprend, doit faciliter une double perception*
Obs. IX (inédite).— Alcoolisme chronique avec accès Bubaigiis, hallucinations pénibles. AfTaiblissement dans les facultés intellectuelles, attaques apoplectiformcs, faiblesse et hémianesthésie incomplète du côté gauche.
G. (Louis), cordonnier, âgé de 5b ans, entre pour la première fois à Tasile Sainte- Anne, le 2 février 1874. On y constate une grande confusion dans les idées, de la sensiblerie. Il voit la nuit des chats et des rats courir autour de lui ; il sent des pattes de reptiles rampant sur sa peau ; quelqu'un Télectrise à le faire crier, il voit quelquefois des lézards courir sur sa couverture. Il est sujet à des vertiges et même à des attaques pendant lesquelles il perd connaissance. Les membres du côté gauche du corps sont plus faibles, la langue est déviée à gauche.
La sensibilité générale est obtuse, mais elle Test davantage à gauche, sur la peau et les muqueuses.
Le malade dit que sa vue est affaiblie à gauche. L'eau de fleurs d'oranger n'est pas sentie par la narine gauche ; elle est reconnue à droite ; l'essence de menthe est reconnue des deux côtés, mais plus lentement à gauche. L'acide acétique a pu être maintenu sous la narine gauche, le malade disant ; ça sent un peu fort. A droite, il a aussitôt retiré la tête.
Ooût, — Le sel n'est reconnuà gauche qu'au bout d'un moment; à droite, le malade le reconnaît immédiatement.
L'ouïe est normale des deux côtés.
btes de la seiuibiltté.
P. (Julf^-André), k^^ de 54 ans, voyagear de commerce. Sorti de Bîcèlre, le 18 septembre 1872. entre pour la troisième fois à Sainle-Aone, le 27 décembre de la même année.
D'après les renseignements fournis par le malade, il aurail eu à Bicêtre une faiblesse du côté droit du corps, sur\'enue après une attaqiie* La jambe droite tremble par moments, sans qu'il puisse l'arrêter ; quand il saisit un objet, il lui arrive d'ouvrir subitement la main et de le laisser choir.
Oùîe. — Un peu affaiblie du côté droit.
Qoûi, — Presque nul des deux cdiés.
Vue. — Très-troublée, h droite»
Le malade ne distingue le camphre et le vinaigre qu\avec la narine droite. L>au de fleurs d'oranger n'est reconnue d'aucun côté.
Obs, XI (M, M/iRnan . — Alcoolisme chronique avec accès subaigus.
Première entrée à Sainte-Anne, le 25 septembre 18G!); D... avait injurié des sergents de ville dans la rue. — Deuxième entrée, le lo février 1872, U,.. avait insulté des soldats. — Troisième entrée
le 17 avril 1873, D... avait frappé des passants,^ et elle s'était introduite chez des inconnus^ bouleversant tous les meubles et poursuivant des ennemis imaginaires. Hémiplégie gauche; hémî-
aiiGsthésie de la sensibilité générale et des sens \ aggravation parallèle de T hémiplégie et de l'hémianesthésie.
D,.,, femmes..,, 49 ans, couturière, entre h Sainte-Anne le 2^ septembre 1869, Elle fait habituoUement des excès de boissons, elle prend du cassis tous les matins ; depuis quelque lemps elle dort mal, voit des ombres sur le mur, entend des menaces, s'effraie, se croit poursuivie. Tremblement des mains qui s'amende le lendemain, U... s améliore peu à peu et se trouve en état de quitter Tasile en mars 1870,
Le 15 janvier 1872. Les mêmes accidents se reproduisent pour s'amender de nouveau. Mais, comme il arrive toujours dans le cas d'alcoolisme, la malade reste plus longtemps ii Tliôpital que lors de sa première entrée.
Le 17 avril 1873. Elle retient à Tasile pour la troisième fois. Elle s'était introduite chez des inconnus pour poursuivre des ennemis imaginaires, elle avait frappé des passants. Elle voit des tètes L^^rimaçantes qui changent de couleur^ se muUi-plient, grossissent et se rapetissent successivement.
Au bout de quelques jours, le calme étant revenu, D... se prête plus volontiers à rexamen, et on trouve une hémiplégie incomplète avec de rhémianesthésie du côté gauche. Le tremblement est un peu plus accusé da côté gauche. La jambe gauche, plus faible, ne peut se détacher du sol ; la malade saute au contraire facilement sur le pied
droit ; la main droite porte raiguille du dynamomètre à la 22*^ division, la main gauche arrive à la 11^ seulement. Du côté gauche, le souffle, le cha* touillement, lescorps froids ou modérément chauds ne sont pas perçus; une épingle tmversant la peau est à peine sentie ; du côté droit, la sensibilité est normale dans tous les modes, Les muqueuses nasale, buccale, conjoncLivale , sont également aneslhésiées à gauche. L'oreille gauche entend à U'^/IO les battements dune montre, ceux-ci sont entendus àoO centimètres parroreille droite. L'œil gauche peut lire seulement des caractères de O^^OgS, l'œil droit lit les caractères de 0",001- Les couleurs sont plus rapidement et plus facilement distinguées par Tteil droit. L'examen ophthalmoscopique, ne révèle rien d anormal d'aucun côté. La narine gauche ne reconnaît ni Teau de fleurs d'oranger, ni le camphre, ni T essence de menthe, ni le musc ; ces siibslances sont parfaitement reconnues par la narine droite. Le côté gauche de la langue reste insensible au sel, au sucre, à la coloquinte, qui sont promptemont reconnus dès qu on les place sur le côlé droit de l'organe,
La paralysie du mouvement et ilu sentiment augmente un peu dans les mois qui suivent* Le lt> novembre 1873, l'hémiplégie et Thémianesthésie ont fait de sensibles progrès. La malade se tient diflicilement sur la jïinihe gauche; dans la marche, celle-ci se tlécJiit quelquefois brusquement; la jambe droite reste solide. La main gauche pousse Taiguille du dynamomètre jusqu'à la
8* division, la droite jusqu'à la 20^. Les piqûres d'épingles, les pincements, les cliatouiUenients, les corps chauds ou froids, ne sont pas sentis sur tout le côté gauche, à Texception de Thypochondre, où le chatouillement et le pincement sont faiblement sentis. A droite, la sensibilité paraît normale. Le sens musculaire est affaibli à gauche ; il en est de même de la sensibilité électro-musculaire. La montre n'est plus entendue par Toreille gauche, excepté quand elle est appliquée directement sur le pavillon. A droite, elle est entendue à Ô'^jli), Quand l'oreille droite est bouchée, une voix élevée, le grincement d'une scie, ne sont point entendus par F oreille gauche ; à droite, la malade entend d'une façon normale» L'œil droit distingue rapidement toutes les couleurs; Tœil gauche les reconnaît plus lentement et plus difficilement. L'acuité de la vision est moindre dans lœil gauche, qui ne peut pas lire les caractères au-dessous de 0*", 003. Diverses substances sapides, placées sur le côlé gauche de la langue, ne développent aucune sensation ; toutes les saveurs sont reconnues à droite. La narine gauche ne reconnaît aucune substance, la droite distingue parfaitement Feau de fleurs d'oranger, le camphre, le musc, Tessence de menthe*
20 février 1874. Son sommeil est agité. Elle a la nuit des hallucinations terrifiantes. Elle voit son mari armé d'un pistolet^ il la menace, lui introduit du poison dans le front et dans le bras ; elle assiste ainsi à son propre empoisonnement.
Tètes jîrimaçant es; gros yeux qui la fixent. En travaillant dans la journée, elle croit entendre parler derrière elle ; elle se retourne et ne voit personne.
Ouïe. — Très-affaiblie à gauche. De ce côté, les | battements d'une montre ne saut entendus qu'au contact ; à droite, ils sont entendus a une distance de tr^OSO,
Vue, — L'œil gaiiclie voit comme a travem un brouillard ; elle reconnaît le rouge et le jaune, mais le bleu parait noir, le violet n'est pas reconnu [n'' 10 des tons do T échelle de Galezowski), L'œil droit reconnait toutes les couleurs.
Odorat. — La narine irauche ne sent aucune odeur, la droite distingue toutes les odeurs.
Qoût. — Le côté droit de la langue ne reconnaît aucune saveur.
Les piqûres , les cliatouillements, les pincements, ne sont pas sentis du côté gauche. La sensation des températures y est abolie. Les déplacements du bras et de la jambe du côté gauche ne ne sont plus appréciées^ la malade n'en a aucune conscience. Le cûté gauche est d'une faiblesse notable.
Ofls. XII.-- Hôpital du Val-de-Orâce, salle n*> 14, lit n° il,
Brahic (Emile), 42*^ de ligne, âgé de 20 ans, né à Avignon. Le 10 juin 1873, cet homme, en faisant des armes ^ est frappé à la partie interne du globe oculaire droit d'un coup de fleuret boutonné ; il tombe étourdi et reste quelques secondes dans cet
état : liémorrhagîe très^légère par la plaie de l'œil. Cet organe est le siège d*une vive douleur,' et la vision est îmmédialemont abolie de ce côté. Dans la nuit, céphalalgie, fièvre et subdeliram* Le lendemain il entre à T hôpital de Lons-le- Saulnier, où on lui applique quinze sangsues derrière l'oreille; délire et fièvre pendant trois jours^ On est obligé de lui appliquer une camisole de force. Huit jours après, vésicaloire à la nuque; à ce moment le malade souffre de douleurs intraorbitaîres assez violentes, les paupières s'ouvrent sans difficulté, ilais, quinze jours après f accident, la paupière droite tombe au devant du globe oculaire et se tombe privée de mouvements volontaires. Cependant les au très muscles innervés par la troisième paire conservent tous leurs mou* vements, et le globe de f œil peut se porter dans tous les sens; il n'y a même pas la moindre dilatalion des deux pupilles.
Le malade est évacué sur le Val-de-Grâce le 24 juillet 1873. Il entre dans le service de M. le professeur agrégé CbauveL Au premier aspect, on constate une inég.ilité frappante dans les deux côtés de la face. A gauche, aspect normal; adroite front lisse, uni, sans plis; sourcil abaissé de près de un centimètre au-dessous de farcade sourcilière, paupière abaissée et immobile ^ ainsi que le sourcil. Mais les mouvements de contraction de f orbiculaire se font assez bien. La langue ni la luette ne sont déviées. La cornée, la papille sont saines. (L'examen ophthalraoscopique a été
pratiqué par M, Chauvel lui-même.) La vision est cependant complètement abolie du côté lésé. 11 exiijte une surdité très-prononcée et un affaiblissement du goût de ce côté. Tout le côté droit du corps est moins sensible. Cependant la marche est Irès-sùre et sans fatigue. Traitement par la faradisation et les injections sous-cutanées de sulfate de strychnine.
Voici ce que nous observons chez ce malade le 1®^ septembre 1873, 11 entend les battements ■ d'ime montre placée à 30 centimètres de Ta- " reille cmiclie. A droite, surdité absolue^ blépharoptose et amaurose. Il est à remarquer que le malade n'ouvre pas l'œil gauche aussi bien qu'à Fétat normal. L'inspection de la conjonctive du côté lésé ne nous révèle aucune trace de plaie. Hémiplégie incoraplèle à droite au même degré que précédemment, Hémianesthésie sur la peau et les muqueuses du même côté. Pas de lésions du fond de rœil. (L'examen en est fai par M. le professeur agrégé Poucet.)
21 février 1874. 11 existe toujours une double blépbaroptose, mais elle est plus marquée à droite. L*œil du même côté est dévié en bas, mais les mouvements en haut, en bas, en dehors, en dedans, sont conservés. Les rides du côté droit sont efiacées, et le sourcil de ce côté est abaissé d'environ un centimètre ; mais les mouvements de rorbiculaire se font assez bien, et on ne remarque aucune déviation de la langue ni de la
luette. Les mouvements des membres sont complètement revenus. L'hémianesthésie de la sensibilité générale a presque disparu sur la peau et sur les muqueuses. Cependant il existe à droite, sur le devant de la poitrine, à 6 centimètres de la ligne médiane et à 6 centimètres de la clavicule, une région où deux pointes écartées de 3 centimètres ne donnent la sensation que d*ime seule piqûre. Le pincement, le chaud et le froid, sont reconnus normalement à droite et à gauche sur tous les points.
La poudre d'aloès n'est pas reconnue sur le côté droit de la langue; elle Test à gauche.
Les battements d'une montre sont entendus à lo centimètres du côté droit, à 30 centimètres du côté gauche.
Le vinaigre, le vinaigre de BuUy sont aussi bien sentis des deux côtés. La vision est presque complètement abolie du côté droit (au dire du malade) , il ne distingue pas le jour de la nuit. Cependant, avec beaucoup d'attention, il parviendrait à voir pendant la nuit la lumière qui éclaire la salle où il couche. Voici l'état du fond de l'œil; c'est M. le professeur Perrin qui a bien voulu pratiquer l'examen ophthalmoscopique ; nous sommes heureux de pouvoir lui présenter ici tous nos remerciments.
Œil emmétrope, milieux transparents. L'iris est excitable à la lumière comme à l'état normal. L'œil est larmoyant pendant l'examen.
La papille est atteinte de névrite en voie de
développement; lef> artères sont très-petites, à peine appréciables: lesveinei^, très-vol nmineuses, pressentent des sinuosités dans leur parcours* La rétine a perdu de sa transparence dans la région papillaire et péripapilaire. Les vaisseaux ont perdu la netteté de leurs contours. On constate sur la papille une petite suffusion sanguine siégeant au point de bifurcation inférieur de la veine (image renversée). La papille n'est pas décolorée; elle présenta au contraire une teinte rouge plus accusée qu'à l'état normal.
Pour résumer, nous dirons que l'hémianestliésie peut servir à localiser une lésion des centres ner^ veux. Il faut pour cela qu'elle soit persistante, qu'elle présente les mêmes caractères pendant toute sa durée, que cette durée soii assez longue. Il faut de plus que le malade affecté d'hémianesthésie présente une paralysie du mouvement f du môme côté et que cette hémiplégie et cette liémianeslliésie soient accompagnées des phénomènes cérébraux qui se remarquent liaMtuellement dans les cas de lésions circonscrites de Ten* céphale. Nous ajouterons que dans Fhystérie et rhystéro-épilepsie, riiémianesthésie se présente brusquement et qu'elle peut disparaître avec la même rapidité j sans laisser aucune trace de son passage, absolument comme les autres altérations de la niotilité et de la sensibilité qu'on rencontre dans ces névroses.
A. PAttE!sfT, imprimeur 4e la Faeuité de Médecûiej rue M l«-Pr*Hnc. '\\^
MORT APPAEENTE
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