APPLIQUEE AUX CAS DE MOBTS ACCIDENTELLES, RAPIDES OU SUBITES
« Qu'un homme tombe tout à coup privé du sentiment et du mouvement, et qu'aucun bruit ne puisse être entendu à. la région précordiale , est-ce la mort? n'en est-ce que Fapparence? Le doute ne sera dissipé que si le cœur se remet à battre ; alors seulement on pourra
ARTÉRÏOTOMIE.
affirmer que la mort n'était pas réelle; la mort apparente n'admet pas de diagnostic immédiat, mais un diagnostic uniquement rétrospectif*, »
Ce diagnostic immédiat ne sera plus désormais un des desiderata de la science; Tartériotomieen donne le moyen facile et siir.
Cette opération ne devant trouver son application que dans les cas de mort apparente, il convient de rappeler que la mort apparente ne commence^ pour le médecin, qu'avec la disparition des pulsations artérielles et des bruits cardiaques.
L'artériotomie sera donc seulement pratiquée :
1° Lorsque seront observés tous les signes de la mort réelle ou réputée telle^ Fabsence des pulsations artérielles étant constatée et T auscultation du cœur ne donnant que des résultats négatifs;
2** Lorsque les moyens de traitement, employés avec une extrême persévérance, auront échoué.
Dans ces circonstances in exlremiss l'artériotomie, opération exploratrice de la viCj est pour le médecin un devoir; ce n'est qu'après avoir rempli ce devoir qu'il aura le droit de cesser la lutte contre la mort*.
i, J. Parrot, De la Mort apparente* Thèse de concours, 4860* Page 63.
%, On lit dans la Gazette médicale de Lyon du S février 4 868 :
« Écoutez et méditez :
^ It y a troiâ ans enviroû, fut apparié dans l'une dei pharmacies de
ARTÉHIOTOMIE.
Toutes les branches de Tarbre artériel interrogées auraient évidemment la même et simple réponse^ oui ou non^ h la question posée* Mais dans la pratique, il conviendra de n'opérer que sui* des artères de facile accès et dont la blessure, en cas de succès, serait sans gravité: telles sont la radiale, la temporale, etc. L* artère temporale est préférable* : elle est superficielle et située sur une surface osseuse; il est facile d'établir un point de
Lyon un homme qu'on venait de trouver inanimé sur la voie publique. Le médecin le plus voisin est appelé, C eUiil un chef de ecrvir^ de* hèpilaux, membre de la Sociélé impériale de Médecine, l'un de vo? maîtres les plus estimés, mon cher confrère. Il arrive, eiamîoe lentement, gravement, selon soa habitude, et ne voit nen autre à faire qiie rie constater le décès.
V II avait complètement oublié cet incident, lorsque, à quatre jours de là, fiendant son cabine^ un client se présente, un papier à la mais :
tt Doclour, je voudrais régler cette consultation, qu'il m'a été vrai- « ment impossible de venir vous payer plus tôt».. »
(ï Et il tendait son certificat de décès , signé quatre jours avant.
*f Le docteur ne ûi qu'en rire, et ils se séparèrent bons amis.
(i Mais vous, cher confrère, si pareil fait vous arrivait, en ririez» vous? et rautorilé,,. sourirait-elle?... Et depuis ces trois ans^ a*t-on imaginé quelque nouveau signe de mort réelle, qui raeUe à Tabri votre infaillibililé désormais oflicielle? » (Lettre du docteur Dîday à M. to docteur X..,, médecin vériQcaleur des décès, à Lyon*)
t. L'ouverture de Tartère auriculaire postérieure peut aussi être pratiquée pour la vérification des décès^ elle devra môme être préférée dans les cas où les familles désireraient que rincision nécessaire de la peau ne fût pas apparente* Far sa situation sur une surface osseuse, elle est facile à élre comprimée et oblitérée.
La temporale et Tauri cul aire postérieure sont, d'après mes recherches, les seules artères dont ont ail pratiqué la saignée.
ARTKRIOTOMIE.
compression qui suflise à. roblitération du vaisseau* On sait, d'ailleurs, que la saignée de TarLère temporale a été souvent pratiquée par nos Anciens, comme moyen de traitement de diverses maladies*; ce qui me dispense de répondre d'avance à ceux qui argueraient d'une prétendue gravité de l'opération contre la métiiode que je propose.
L'artère étant ouverte suivant les règles de la médecine opératoire, si le sang n'apparaît pas à son extrémité cardiaque; si cette extrémité du vaisseau est béante et
1, Uno seule citation : elle est précieuse, elle vient de notre grand Arabroise Paré : « Or ne sera icy hors de propos refiler cesle histoire de monseigneur le prince de la Roclie-sur-Yoo, lequel esloit extrêmement tourmenté d'vne douleur de leste, tant de iour que de nuit, auec peu d' intermission r et pour le guarîr appella messieurs Cliapelain, premier médecin du roy, et Castelan, au^si médecin dudit seigneur^ et premier de la royne mère, et monsieur Duret, lecteur et médecin ordinaire du roy, homme fort sçauant et beaucoup estimé entre les gens doctes : lesquels luy ordonnèrent plusieurs remèdes, tant par dedans que par dehors, semblablement saignées, ventouses, bains, frictioui, dïeto : bref tout ce qui se pouuoit excogîler : tous lesquels remèdes ne luy peurent iamais appaiser ta douleur. Âdonc m'enuoya quérir, pour entendre de moy si î'aunis aucun moyen à luy seder la douleur : ou proraptement luy conseille se faire ouurir Tarière du temple, du coslé où il sentoît sa plus grande douleur : et luy dis que i'auoiâ grande cou lecture que la cause de sa douleur es toit contenue aux artères, et non aux veines^ et qu'auois fait gouuent telle ouuerture, dout les malades esloient guaris, et que les Anciens le conseil loient, mesme que ie me Taueis fait ouurir pour semblable douleur, et que depuis n'auois senti aucun mal. Subit enuoya quérir les susdits médecins, lesquels furent de mon aduis : et en leur présence fois ouuerture de
*§t AUTÉRIOTOMIE.
vide, — la mort est réelle* — Si le sang s'ccoule par ■ jels plus ou moins distants et faibles, et même d'un«" manière continue et comme passive, — te mûri n"e$i qu'apparente ; — les soins au malade seront énergiquement continués; Tartère sera légèrement, mais suffisamment comprimée et surveillée, parce qu'elle pourra servir à mesurer les progrès du retour aux fonctions vitales ou leur suspension définitive. Le retour des bat-B tements du cœur et le rétablissement assuré des fonctions de la vie animale détermineront le moment opportun pour Toblitération définitive de rartère. fl
Ce sera, dorénavant, à tous les médecins, chirurgiens, accoucheurs et à nos confrères de la médecine vétéri- ■ naire, de constater les services que rendra remploi de Fartériotomie dans les cas si divers par leurs causes, M mais ayant pour caractères communs les signes de la mort ; cas dans lesquels chaque médecin se pose cette ■ question pleine d'angoisses et jusqu'à présent insoluble pour tous : la rre est-elle latente? est-elle définitivement éieinie? — Les diverses asphyxies, les morts subites, la
rartere, dioisissanl la plus appa renie à la temple et qui auolt plus graod batlemonl, auec vne simple incision, comme pour faire vfic plilebotomie : et fust tiré du gang deux palettes cl plus, lequel sorloil par vne grande impetuosilé de ladite artère, sautelant loing a raison du diastole et systole d'icelle: et proteste que par le moyen de ceste ouuerture il perdit incontifient sa douleur sans plus luy retourner : dont ledit seigneur me feit uti honorable présent, » {Œuvres cQmrpivies d'Àmbroise Paré^ édition Malgaigne, lome H, page 441.)
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léthargie, etc*, la mort apparente des enfants nouveaunés et celle, si soudaine et si effrayante, qui fait quelquefois suite à remploi des anesthésiques*
Je ne dois pas oublier que ce travail a un but spécial, qu'il doit être court et réduit aux explications absolument nécessaires.
Je le résume par les propositions suivantes :
La cessation de la circulation, c'est la cessation de la vie,
Uartériotomie constate maiérieHement la cessalion de la circulation; elle donne ainsi le signe cerm/n de la mort réelle-
Conclusion, — L artériotomie résout le problème du diagnostic différentiel de là mort réelle et de la mort apparente.