‹ Essai sur les vrais principes, relativement à nos connoissances les plus importantesChapitre 20 sur 76 · PREMIER PRINCIPE · texte numérisé non relu

PREMIER PRINCIPE

1 . « L'évidence que j'ai considérée comme le « résultat des opérations seules de l'esprit, et qui « consiste dans cette idée distincte des choses et de te leurs rapports, qui produit en lui une conviction «c intérieui-e par laquelle il se ti'ouve comme en- « traîné nécessairement [chap. i.), pour peu de ff réflexions qu'il s'accoutume à faire sur ses propres « idées, est une règle infaillible de la vérité de « ces mêmes idées. » \,

Ou, pour rendre ce principe en d'autres termes :

« Ou peut assurer d'une chose ce que l'on con-

" çoit distinctement être renfermé dans l'idée qui

« la représente. C'est-à-dire, en un mot, que tout

« ce que Ton conçoit tlistinctemciU est précisc- " ment lel qu'on le (-onçoit. »

Cet axiome est absolument le premier de tous, et comme le fondement de tous les autres.

En conséquence, je j)uis assurer, par exemple, sans crainte de me tromper, que, dans un cercle pai-fait, tous les rayons qu'on peut tirer du centre à la circonférence sont égaux.

Mais nous ne devons jamais oublier que l'évidence exige cette connoissance distincte, cette lumière vive qui se soutient toujours également, quelque soin , quelque attention que nous apportions à la considérer , et avec laquelle il faut bien prendre garde de confondre de simples lueurs , qui quelquefois même peuvent n'être qu'un faux jour.

En un mot , il s'agit ici de principes ou de conséquences des premiers principes , qu'après un secret examen dont nous n'aj'ons point à nous reprocher de nous écarter, nous puissions dire concevoir aussi clairement, aussi distinctement que cette vérité . le néant ne peut être la cause de l'être.

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