‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments duChapitre 51 sur 64 · ne 1661 à · texte numérisé non relu

ne 1661 à

S. Colbert, fidèle observateur des maximes de Richelieu jusqu'à s'en attirer des plaisanteries de la part du feu roi.... Quand il s'agissait d'une affaire importante, le feu roi disait souvent : « Voilà Colbert « qui va nous dire : Sire, ce grand cardinal de Richelieu, » etc. (Mém. de M. de Valincourt, sur la marine, joint au SIém. du marquis de

Dès 8on entrée au conseil, il fit reparaîti'e les plans du grand ministre et se proposa pour but l'exécution de tout ce (jue cet homme ettraordinaire n'avait pu qu'ébaucher, indiquer ou entrevoir. L'œuvre de Richelieu s'était accomplie dans la sphère des relations exié^ rieures; mais il n'avait pu que déblayer le terrain et tracer les voies pour la réorganisation intérieure dU royaume. Par la diplomatie et par la guerre^ lui et son habile successeur avaient assuré à la France une flitua^ tion prépondérante parmi les États européens ; il s'agissait de lui donner un degré de richesse et de bien^ être égal à sa grandeiu* au dehors , de créer et de développer en elle tous les éléments de la puissance financière , industrielle et commerciale. C'est ce qu^entreprit un homme qui n'avait ni le titre ni les droits de premier ministre, serviteur d*un monarque jaloux de son autorité personnelle, et ombrageux en ce point jusqu'à la manie *. Richelieu avait fait de grandes

Villettê, publié par M. de Mcnmer<ta6 pour la Soeiété de l'âistolre de France p. ux.)

1. Quant aux personnes qui dévoient seconder mon travail Je résolus, sur toutes choses , de ne point prendre de premier ministre ; et, si vous m'en croyez , mon âls , et tous vos successeurs aprôs vous, le nom en sera pour Jamais aboli eu France , rien n*étant plus indigne que de voir d'un côté toute la fonction, et de l'autre le seul titre de roi. Pour ce dessein, il étoit absolument nécessaire de partager ma confiance etl'eiécution de mes- ordres, sans la donner toute entière à pas un. {Œuvres de Louis XlVji, I, p. 37.)-^ Nul »e partage votre travail sans avoir un peu de part à votre puisSancei

choses dans sa pleine liberté d'action; Colbert en fit de non moins grandes sous la dépendance la plus étroite, avec la nécessité de plaire dans tout ce qu'iJ lui fallait résoudre, et avec la condition de ne jamais jouir extérieurement du mérite de ses propres actes ^ de prendre pour soi dans le pouvoir les soucis, les mécomptes, les injustices populaires, et de porter sur autrui le succès^ la gloire et la reconnaissance publique.

Rien de plus étrange que le contraste des figures et ' des caractères dans cette association au même travail qui liait l'un à l'autre Louis XIV et Colbert. Le roi , jeune et brillant , fastueux , prodigue, emporté vers le plaisir, ayant au plus haut degré l'air et les goûts d'un gentilhomme; le ministre, joignant aux fortes qualités de la classe moyenne, à l'esprit d'ordre, de prévoyance et d'économie , le ton et les manières d'un bourgeois. Vieilli avant Tâge dans des devoirs subalternes et des travaux assidus, Colbert en avait gardé l'empreinte; son abord était difficile, sa personne sans grâce, ses

N<en laissez à autrui quo ce qu'il vous sera impossible de retenir ; car quelque soin que tous puissiez prendre, il vous en échappera toujours beaucoup plus qu'il ne seroil à souhaiter. (Ibid., p. 450.) — L'ambassadeur de Portugal luy dit un jour : « Sire, j'accommoderay cette affaire avec vos ministres. Monsieur l'ambassadeur, ré< pliquale roy, vous voulez dire nos gens d'affaires. » {Les portraits de la eour^ Archives curieuses de l'histoire de France, 3* série, t. VI II, p. 374.)

traitsaustèresjusqu'à la dureté. Cette rude enveloppe couvrait en lui une âme ardente pour le bien public , avide d'action et de pouvoir, mais encore plus dévouée qu'ambitieuse*. Glacial pour les solliciteurs et peu sympathique aux plaintes de Tinlérét privé, il s'animait de tendresse et d'enthousiasme à l'idée du bonheur du peuple et de la gloire de la France^. Aussi tout ce qui constitue le bien-être, tout ce qui fait la splendeur d'un pays, fut-il embrassé par lui dans ses

1. Il est homme sans fastidie, sans luxe, d'une médiocre dépense, qui sacrifie volontiers tous ses plaisirs et ses diTertissements aux intérêts de TÉtat et aux coins des affaires. Il est actif et vigilant, ferme et inviolable du costé de son devoir; qui fuit les parUs, et ne veut entrer en aucun trailté sans en donner connoissance au roi et sans un exprès commandement de Sa Majesté ; qui témoigne n'avoir pas grande avidité pour les richesses, mais une forte passion d'amasser et de conserver les biens du roy. ( Les Portraits de la cour. Archives curieuses de l'histoire de France, 3« série, t. Vlll, p. 371.) — Voyez l'Histoire de la vie et de l'administration de Golbert par M. Pierre Clément, la noUce sur Golbert par Lemontey, et le rapport lu par U. Viilemain à la séance annuelle de l'Académie française, le 47 août 1848.

2. Je voudrois que mes projets eussent une fin heureuse, que l'abondance régnât dans le royaume , que tout le monde y fClt content , et que, sans emplois, sans dignités , éloigné de la cour et des affaires, l'herbe crût dans ma cour. (Paroles de Golbert citées par d'Auvigny, Vies des hommes illustres de la france, t V, p. 376.) — Je déclare en mon particulier à Votre Majesté qu'un repas inutile de 3,000 livres me fait une peine incroyable, et lorsqu'il est question de millions d'or pour la Pologne, jevendrois tout mon bien, j'engagerois ma femme et mes enfants, et j'irois à pied toute ma vie pour y fournir, s'il étoit nécessaire. (Lettre de Golbert à Louis XIV, Particularités sur les ministres des finances, par M. de Monthyon, p. 44.)

méditations patriotiques. Heureuse la France , de tout le bonheur où alors elle pouvait aspirer^ si le roi qui avait cru à Golbert sur la parole de Mazarin mourant ' eût toujours suivi l'admirable guide que la Providence lui donnait. Du moins ; dans les vingt-deux ans de ce ministère mêlés de confiance et de défaveur^ il lui permit de mettre la main à presque toutes les parties du gouvernement y et tout ce que toucha Golbert fut transformé par son génie. On est saisi d'étonnement et de respect à la vue de cette administration colossale qui -semble avoir concentré dans quelques années le travail et le progrès de tout un siècle.

S'il y a une science de la gestion des intérêts publics, Golbert en est chez nous le fondateur. Ses actes et ses tentatives, les mesures qu'il prit et les conseils qu'il donna prouvent de sa part le dessein de faire entrer dans un même ordre toutes les institutions administratives jusque-là incohérentes, et de les rattacher à une pensée supérieure comme à leur principe commun. Cette pensée I dont Louis XIV eut le mérite de

.1. On dit que le carâitial mourant lui ftToit eonfeeilléâe se défaire do Fouquet comme d'un homme sujet à ses pasaions, dissipa^ teur» hautain, qui voudroit prendre ascendant sur lui; au lieu que Golbert , plus modeite et moins accrédité, seroit prêt à tout et régleroit rÉtat comme une maison particulière. On dit mfime qu'il ajouta ces mots (et M. Golbert s'en vantoit ayec ses amis) : « Je vous dois «tout, Sire, mais Je crois m'acquitter en quelque manière en vouf « donnant Golbert. » {Uémoires de l*abbé de Choisy^ collect. Michaud et Poujoulat, 8« série, 1. Vf, p. 079.)

sentir et d'aimer la grandeur, peut se formuler ainsi : donner Fesser au génie national dans toutes les voies de la civilisation, développer à la fois toutes les activités, l'énergie intellectuelle et les forces productives de la France. Golbert a posé luinnéme, dans des termes qu'on croirait tout modernes, la règle de gouvernement qu'il voulait suivre pour aller à son but : c'était de distinguer en deux classes les conditions des hommes, celles qui tendent à se soustraire au travail^ source de la prospérité de l'État, et celles qui, par la vie labo* rieuse, tendent au bien public; de rendre di^eilesles premières et de faciliter les autres en les rendant, le plus possible, avantageuses et honorables ^ Il réduisait

4. Il fautauBsi prendre garde que toui ceux qui aeront nomméa

pour ceUe matière aient plus de force et de probité qu'aueuns Il

sera bien nécessaire quHls observent de rendre diffieilea toutes les conditions des hommes qui tendent à se soustraire du travail qui va au bien général de tout l'État; ces conditions sont le trop grand nombre d'offieiers de justice, le trop grand nombre de prêtres, de moines et religieuses. Et ces deux derniers, non«seuIement se soulagent du travail qui iroit au bien commun, mais même privent le publie de tous les enfants qu'ils pourroient produire pour servir aux fonctions nécessaires et utiles : pour cet effet, il seroit peut^tre bon de rendre les vœux de religion un peu plus difficiles , et de reculer Tftge pour les rendre valables, même retrancher l'usage des dots et des pensions des religieuses, et de faciliter et rendre honorables et avantageuses, autant qu'il se pourra, toutes les conditions des hommes qui tendent au bien public, c'est-à-dire, les soldats, les marchands, les laboureur et gens de Journée. ( Projet d'une révision générale des ordonnances, discours prononcé par Golbert dans le conseil du 10 octobre 1665, neuue rétrospective, » série, t. IV, p. 357 et suivO

le nombre et la valeur des offices, afin que ta bourgeoisie, moins empressée à leur poursuite^ tournât son ambition et ses capitaux vers le commerce, et il attirait du même côté la noblesse , en combattant le préjugé qui, hors du service militaire et des hauts emplois de l'État^ lui faisait un point d'honneur de la vie oisive * . L'émulation du travail , tel était Tesprit nouveau qu'il se proposa dlnfuser à la société française , et selon lequel fut conçu par lui Timmense projet de remanier la législation tout entière^ et de la fondre en un seul corps pareil au code de Justinien^.

I. Comme le commerce, et particulièrement celui qui se fait sur mer, est la source féconde qui apporte l'abondance dans les États et la répand sur les sujets à proportion de leur indu^^trie et de leur travail, qu'il n'y a point de moyen pour acquérir du bien qui soit plus innocent et plus légitime : aussi a-t il toujours été en grande

considération parmi les nations les mieux policées Comme il

importe au bien do nos si^ets el à notre propre sulisfaclion d'effacer entièrement les restes d'une opinion qui s'est universellement répandue que le commerce maritime est incompatible avec la noblesse, et qu'il en détruit les privilèges, nous avons estimé à propos de faire entendre notre intention sur ce sujet, et de déclarer le commerce de mer ne pas déroger à noblesse, par une loi qui fût rendue publique et généralement reçue dans toute l'étendue de notre royaume. (Édit d'août 4669, Rec, des anciennes lois françaises, \.'}L\ill, p. SI7.)" Yoy. Forbonnais, Recherches et considérations sur les finances de France 1 1. Il, p. 150 et 362 ; t. III, p. 257.

3. Mais si Votre Majesté s'est proposé quelque plus grand dessein, comme seroit celui de réduire tout son royaume sous une même loi, même mesure et même poids, qui seroit assurément un dessein digne de la grandeur de Votre Majesté, digne de son esprit et de son âge, et qui lui attireroit un abîme de bénédictions et de gloire, dont toutefois Voire Majesté n'auroit que l'honneur de l'exécution, vu que le

C*est à ce dessein qu'il faut rapporter, comme des fragments d'un même ouvrage , lés grandes ordonnances du règne de Louis XIV^ si admirables pour répoque, et dont tant de dispositions subsistent encore aujourd'hui, Fordonnance civile ; l'ordonnance criminelle, l'ordonnance du commerce, celle des eaux et forêts et celle de la marine \ Ck)lbert, d'abord simple intendant, puis contrôleur général des finances, avait, par l'ascendant du génie, contraint le roi à élever ses fonctions dans le conseil jusqu'à celles de régulateur de tous les intérêts économiques de l'État. De la sphère spéciale où son titre d'emploi semblait devoir le renfermer, il porta du premier coup la vue aux plus hautes régions de la pensée politique , et^ enveloppant toutes

dessein en auroit été formé par Louis XI*, qui a été, sans contredit, le plus habile de tous nos rois. (Projet d'une révision générale des ordonnances, Revue rétrospective, se série, t IV, p. 248.) — Après avoir avancé ce travail, peut-être que Sa Majesté voudra que Ton poursuive pour achever le corps entier de ses ordonnances, et que l'on examine de même celles qui concernent les domaines de la couronne, les finances, les eaui et forêts, Tamirauté, la connétablie , les fonctions de toutes les charges et of&ces du royaume, et généralement , afin de rendre ce corps d'ordonnances , aussi complet que celui de Justinien pour le droit romain. (Ibid., p. 258. )

I. Ordonnance civile touchant la réformation de la justice (avril 1667); ordonnance pour la réformation de la justice, faisant continuation de celle d'avril 1667 (août 1669); édit portant règlement général pour les eaux et forêts (août 1669); ordonnance criminelle (août 1670); ordonnance du commerce (mars 1673); ordonnance de la ma- .rine (août 1681). Recueil des anciennes lois françaises, t. XVUl, p. 403, 841, 219 et 871 ; t. XIX, p. n et 282.

choses dans eetta synthèse, il leseonsidéra^ ma en eUes^mémes, mais dans leur accord avec l'idéal d'oitlre fécond et de prospérité croissante qu'il se formait. H lui parut qu'une grande nation » une société inraiment complète devait être à la fois agricole , mannfkcturière et navigatrice, et que la France , avec son peuple né pour l'action en tout genre, avec son vaste sol et ses deux mers, était destinée au succès dans ces trois branches du travail humain. Ce succès y général ou partiel , fut à ses yeux le but suprême et le seul fondement légitime des combinaisons financières, n s'irn** posa ta tâche d'asseoir Timpôt, non sur les privations du peuple | mais sur un accroissement de la richesse commune y et il réussit ^ malgré d'énormes obstacles^ à augmenter le revenu de l'État en réduisant les chaires des contribuables ^

Dans ses plans formés surtout en vue de la prospé*rite matérielle , Colbert fit entrer pour une iai^ part le soin des choses de Tintelligence. Il sentit qu'au point de vue de Téconomie nationale^ des liens existent Bntre tous les travaux, entre toutes les facidtésd'un peuple ; il comprit le pouvoir de la science dans la production des richesses, rinfluence du goût sur Tindustrie, des arts de Tesprit sur ceux de, la main. Parmi ses créations célèbres on voit TAcadémie des sciences,

1, Yoy. le» hHkêrchêê de Ferbeiwais sur les finaneei de Ui Fîmes et l'ouvrage de M. Pierre fument sur radfflintslraUon de CoAberl.

rAeidémie des inscriptions et belles-lettres, les académies de peinture, de sculpture et d'architecture, récole de France à Rome^ l'école des langues orientales, rObservatoire, renseignement du droit à Paris. Il institua , comme partie du service public et de la dépense ordinaire , des pensions pour les littérateurs , les savants et les artistes, et ses bienfaits envers eux ne s'arrêtèrent pas aux limites du royaume. Quant aux mesures spéciales de ce grand ministre pour la régé^ nération industrielle de la France , leur détail dépasserait les bornes où je suis tenu de me renfermer. Les changements qu'il opéra dans toutes les branches de l'administration financière, ses travaux pour accrottre ou pour créer le capital national sous toutes ses formes S ses encouragements de tout genre distribués à toutes les classes d'hommes concourant à rœu\Te de la production , depuis le chef d'entreprise jusqu'au simple ouvrier, ce vaste et harmonieux ensemble de lois , de règlements , de statuts , de préceptes , de fondations , de projets , se trouve habilement exposé dans des publications récentes ^. Il me sufBra d'y renvoyer le lecteur, de dire que c'est à

1 . Les routes, les canaux, les bâtimente oiviU et militaire», les ane« naux, Ja marine marchande et la marine de TÉtat.

s. Voy. le tome XIV de VHisioire de France de M. Henri Martin, reuvrage de H. Pierre Clément cité plus haut , et VBistoire de Vad^ miniêtraiîM en Frante, depuis le règne de PhiUppe''Augu8te juiqu'à ië wmi ê» tMiéê xir, par M. Dareste de la Chavanne.

l'impulsion donnée par Colbert, à ce principe de vie nouvelle répandu en nous il y a près de deux siècles , que nous devons de compter dans le monde comme puissance maritime et commerciale.

Colbert eut cela de commun avec d'autres hommes doués du génie organisateur, qu'il fit des choses nouvelles par des moyens qui ne Tétaient pas, et se servit comme instrument de tout ce qu'il avait sous la main. Loin de lutter contre les habitudes et les pratiques anciennes, il eut l'art d'en tirer des forces, vivifiant par une volonté inspirée et par des méthodes d'application originales , ce qui semblait inerte et usé. C'est ainsi que, pour les finances et le commerce , il transforma une accumulation de procédés empiriques en un système profondément rationnel. De là sa puissance et ses merveilleux succès dans son temps , dont il ne choqua point les doctrines; de là aussi la faiblesse de quelques parties de son ouvrage aux yeux de Texpérience acquise et de la science formée après lui. A-t-il eu tort de ne tenir aucun compte du vœu des états généraux de 1614 pour l'adoucissement du régime des jurandes, et de marcher , dans ses règlements , au rebours de cette première aspiration de la France vers la liberté du travail ^ ? La réponse à celte

1. Voy. plus haut, chap. Tii.^Édit de mars 1673, portant que ceux qui font proression du commerce, denrées ou arts, qui ne sont d'aucune communauté, seront établis en corps, communautés et jurandes.

question et à d'autres du même genre que soulève Tadministration de Golbert * ne peut se faire isolément. Tout est lié dans les actes du grand ministre de Louis XrV, et, sur cet ensemble systématique , deux faits dominent : le premier, c'est qu'il fit découler tout du principe de Tautorité, qu'il ne vit dans la France industrielle qu'une vaste école à former sous la discipline de l'État^; le second, c'est que les résultats immédiats lui donnèrent pleinement raison , et qu'il parvint à pousser la nation en avant d'un demi-siècle '. Il avait fallu de longues années de guerre pour que

et qu'il leur sera accordé des statuts. R«c. de$ ane. lois françaises , t. XIX, p. 91.

1. Notamment celle des tarifs des douanes. Yoy. l'édit de septembre 1664, portant réduction et diminution des droits de sortie et d'entrée, avec la suppression de plusieurs droits [Recherches deForbonnais sous cette date), et l'analyse faite par M. Pierre Clément do l'ordonnance de septembre 1667, Histoire de la vie et de Vadministra' tion de Colbert, p. 231 et 31 B.

2. Les arts étaient nouveaux ou presque totalement oubliés par rinterruption du commerce. Nous ignorions les goûts du consommateur étranger; nos manufacturiers, pauvres, écrasés sous les taxes et la honto de leur état, n'avaient ni les moyens Qi le courage d'aller puiser au loin les lumières ; il s'agissait d'imiter et non d'inventer. Le ministre donna aux ouvriers des instructions, et la plupart furent bonnes , parce qu'elles étaient rédigées par des négociants ou des personnes expérimentées Soit dans l'art, soit dans le commerce étranger. Chaque règle était appuyée de son motif. ( Forbonnais, Recherches et considérations sur les finances de France, t. II, p. 366.)

3. Voyez , dans l'ouvrage de M. Dareste de la Ghavanne, Histoire de l'administration en France , etc., t. Il, p. 221, un tableau des manufactures créées par Golbert.

ToBovre de Richelieu s'aocomplH; pour que oélle d» Ckdberti complément de l'autre , se développât librement et donnât tous ses fruits ^ il fallait de longues années de paix. Après le trwté de Westphalie et le traité des Pyrénées *, un repos durable semblait assuré à l'Europe et à la France i mais ce que promettaient ces deux grands pactes » Louis XIY ne l'accorda pas. Au mom^t où le jeune roi paraissait livré tout en-* tier aux soins de la prospérité intérieure^, il rompit la paix du monde pour courir, sous un prétexte bîzarroj les chances d'un agrandissement extérieur, n entreprit, au nom des prétendus droits de sa femme, rinfante Marie «Thérèse, et contre Tavis de ses meilleurs conseillers , la guerre d'invasion que termina le traité d'Aix-larChapelle', guerre injuste, mais dont

Page 1