PRÉFACE. XIII
Je Tai tenté du moins, j'espère qu'on me saura gré de mes efforts.
Le premier des deux fragments qui accompagnent r Essai sur l'histoire du Tiers État, touche à l'un des points les plus importants de cette hisr toire; c'est un tableau de l'origine et des vicissitudes des anciennes constitutions municipales des villes de France, tracé par régions et par provinces. Ce tableau, nonnseulement a son utilité pour l'histoire du droit et de l'administration au moyen âge, il offre encore un intérêt plus général. C'est en quelque sorte l'inventaire de nos vieilles expériences en fait de liberté politique, expériences partielles^ il est vrai, mais renouvelées sans cesse, durant plusieurs siècles, sur toutes les parties du territoire.
Le second fragment est une étude sur l'établi^, sèment de la constitution communale d'Amiens, où les textes originaux sont examinés et commentés dans le plus grand détail. Cette monographie n'est destinée qu'aux personnes qui se plaisent à ce qu'il y a de plus particulier dans l'érudition historique. Si l'on me demandait quel genre d'intérêt elle peut avoir pour d'autres
XIV PUÉ FACE. i
lecteurs, je dirais qu'on y voit l'histoire minutieusement traitée d'une charte constitutionnelle du xir siècle, d'une constitution écrite à la manière des nôtres, qui n'a pas eu, comme celles-ci» la prétention d'être une œuvre de haute logique^ mais qui a duré cinq cents ans. De pareils faite» quelque petite qu'en ait été la scène, sont, pour les hommes de notre temps, dignes d'attention et de réflexion. Nos ancêtres du moyen âge avaient, il faut le reconnaître, quelque chose qui nous manque aujourd'hui , cette faculté de l'homme politique et du citoyen qui consiste à savoir nettement ce qu'on veut, et à nourrir en soi des volontés longues et persévérantes.
Paris, le J5 Février 1853.