Fol. 43, ve, 17 col. ;: 65, r°, 1° col
de Limassol le perdent tantôt de vue. Il précède la flotte et va en reconnaissance. Dans la bataille devant les côtes de Jaffa, il accoste les gros vaisseaux. Il en perce jusqu'à quatre, de quoi ceux qui étaient dedans ne s'aperçurent pas tant que leurs navires se trouvèrent pleins d’eau. « Et ainsi il leur fallut périr en la mer »'.
L'artillerie des navires comprend les pavois ou pavars dont on garnissait le pourtour du pont à l'approche d’une bataille, les échelles pour monter aux châteaux des mâts, les grandes arbaletes que l'on dressait sur le pont, les espringales qui lançaient des traits et des boulets de pierre, et enfin, à côté de ces vieilles machines, les canons, grande nouveauté au temps de Jean d’Arras?.
Les règles du service militaire étaient exactes et séveres. Maniements d'armes, exercices, marches, attaques, retraites, tous les mouvements se font à l'ordonnance et sont annoncés par la trompette. Il y a des sonneries pour chacun d'eux. Urian fait décamper à l'aube du jour. On sonne le réveil, Urian se lève. Puis on trompette pour trousser et mettre les selles. Troisième coup de trompette, et l'on crie que qui voudra boire un coup qu'il boive et que les chevaux aient leur avoine et qu'à la sonnerie qui suivra, chacun se mettc en ordonnance et marche *.
Urian, à la bataille du Pont en Chypre, Antoine et Renaud, sous Luxembourg, vont à la rencontre des ennemis. Armés de pied en cap, un gros bâton à la main, prêts à descendre de cheval et à remplacer le bâton par la lance, ils vont «au premier front », devant leurs gens, se retournant de temps en temps pour les tenir en ordre, si bien unis et si bien serrés qu'ils ne semblent pas la moitié du nombre de ce qu'ils sont et que l'un ne dépasse pas l’autre d'un plein pouce *,.
Les manquements à la discipline ne se voient jamais.
1. Fol. 68. r°, > col. ; 116, r°, 1° col. ; 116, v°, 2° col. ; 117, re, 1 col. ; 118, v”, ir col.