LES
GRANDS BCRIVAINS FRANCAIS
ETUDES SUR LA VIE LES GUVRES ET L'INFLUENCE DES PRINCIPAUX AUTEURS DE NOTRE LITTERATURE
Notre siécle a eu, dés son début, et léguera au siecle prochain un godt profond pour les recherches historiques. Il s’y est livré avec une ardeur, une méthode et un succés que les Ages antérieurs
n’avaient pas connus. L’histoire du globe et de ses , habitants a été refaite en entier; la pioche de l’ar-
chéologue a rendu 4 la lumiére les os des guerriers de Mycénes et le propre visage de Sésostris. Les ruines expliquées, les hiéroglyphes traduits ont permis de
reconstituer l’existence des illustres morts, parfois'
de pénétrer jusque dans leur ame.
Avec une passion plus intense encore, parce qu'elle était mélée de tendresse, notre siécle s’est appliqué
4 faire revivre les grands écrivains de toutes les lit-
tératures, dépositaires du génie des nations, interprétes de la pensée des peuples. Il n’a pas manqué en France d’érudits pour s’occuper de cette tache; on a publié les cuvres et débrouillé la biographie de ces hommes fameux que nous chérissons comme des ancétres et qui ont contribué, plus méme que les princes et les capitaines, a la formation de la France moderne, pour ne pas dire du monde moderne.
Bere
Car. c’est 1a une de nos gloires, l’cuvre de la ; France a été accomplie moins par les armes que par ap la pensée, et l’action de notre pays sur le monde a toujours été indépendante de-ses triomphes militaires : on l’a vue prépondérante aux heures les plus” douloureuses de V’histoire nationale. C’est pourquoi
les maitres esprits de notre littérature intéressent — non seulementleurs descendants directs, mais encore une nombreuse postérité européenne éparse au dela des frontiéres.
Beaucoup d’ouvrages, dont toutes ces raisons jus-
tifient du reste la publication, ont donc été consacrés © aux grands écrivains frangaiss Et cependant ces.
ig agenies puissants et charmants ont-ils dans le —
monde la place qui leur est due? Nullement, et pas méme en France.
Nous sommes habitués maintenant a ce que toute meee soit aisée; on a clarifié les grammaires et les sciences comme ona simplifié les voyages ; Vimpossible d’hier est devenu l’usuel d’ aujourd’hui. C’est pourquoi, souvent, les anciens traités de littérature nous rebutent et les éditions completes ne nous attirent point : ils conviennent pour les heures d’étude qui sont rares en dehors des occupations FY obligatoires, mais non pour les heures de repos qui i
aS
sont plus fréquentes. Aussi, les ceuvres des grands. hommies completes. et intactes, immobiles. comme des portraits de famille, véenérées, mais rarement | __ contemplées, restent dans leur bel alignement sur legen __ hauts rayons des bibliothéques.
Bie On les aime et on les néglige. Ces grands noni ee
cam} Cr
a) as
semblent trop lointains, trop différents, trop sayants, trop inaccessibles. L’idée de l’édition en beaucoup de volumes, des notes qui détourneront le regard, Vappareil scientifique qui les entoure, peut-étre le vague souvenir du collége, de l'étude classique, du devoir juvénile, oppriment l’esprit; et heure qui souvrait vide s’est déja enfuie; et l’on s’habitue ainsi a laisser 4 part nos vieux auteurs, majestés muettes, sans rechercher leur conversation familiére.
L’objet de la présente collection est de ramener pres du foyer ces grands hommes logés dans des temples qu’on ne visite pas assez, et de rétablir
entre les descendants et les ancétres l’union d’idées
et de propos qui, seule, peut assurer, malgré les changements que le temps impose, l’intégre conser-
vation du génie national. On trouvera dans les vo-—
lumes en cours de publication des renseignements précis sur la vie, l’cuvre et l’influence de chacun des écrivains qui ont marqué dans la littérature universelle ou qui représentent un cété original de Vesprit francais. Les livres sont courts, le prix en
est faible; ils sont ainsi a la portée de tous. Ils sont.
conformes, pour le format, le papier et l’impression,
au spécimen que le lecteur a sous les yeux. Ils don-
nent, sur les points douteux, le dernier état de la science, et par 1a ils peuvent étre utiles méme aux spécialistes. Enfin une reproduction exacte d'un portrait authentique permet aux lecteurs de faire, en quelque maniére, la connaissance physique de nos grands écrivains.
En somme, rappeler leur réle, aujourd'hui mieux
Fat ars the Bish, nnu grace. aux nee ee Vérudition, fortifie ce r action sur le a pxeseny resserrer Jes liens
ee beeeie. par 13 contemplation de ose donner foi dans l’avenir et faire taire, s’il est poss sible, les dolentes voix des découragés : tel est notre objet principal. Nous croyons aussi que. cette collec~ tion aura plusieurs autres avantages. Il est bon que — chaque génération établisse le bilan des richesses a qu ’elle a trouvées dans l’héritage des ancétres, elle ae apprend ainsi a en faire meilleur usage; de plus, elle ; . se résume, se dévoile, se fait connaitre elle-méme | par ses jugements. Utile pour la reconstitution. du ’ passé, cette collection le sera donc peut-étre encore pour la connaissance du présent. . ash sf
7 Re
J.J Jussenanp; | 9
* — ae die Tae 2 ’ i) g o ot 7 > ees. f ‘ ol ; ~~ “3 is a ». (cer [ 7 ” = va 4 7 e - 7 ~ * ag ae q Pe ’ a =< 7 1 7 7 a , : ve 7 >i ae ‘ ane Z y Se es) a o a rd a ‘ -
ip ray? *
a 7 rie PARE.) =&@ ae eae is
« / in A “3 ~ in
Giraud, Victor, | jin be
Essai sur Taine, son oeuvre et sor influence, .