‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 244 sur 446 · DNB xx, 378; xiv, 68; Supplément, ii · texte numérisé non relu

DNB xx, 378; xiv, 68; Supplément, ii

246 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE IIT-ii

du moins une agréable lecture #4, Samuel Gale, frère de Roger, voyage avec Ducarel, le spécialiste oxonien d'architecture normande **. Plus nombreux que remarquables, des livres se répandent ainsi, qui admirent sans grand jugement, et par une sorte d'affectation, toute vieille pierre. Mais ils favorisent l'étude sérieuse et préparent les vues d'ensemble. Autour de Hearne, d'autre part, se réorganise la Société des Antiquaires. Roger Gale en devient président et Samuel secrétaire. Une revue se fonde, l'Archæologia. En 1751, George II accorde une charte. On a dit que cette reconstitution marquait un déclin %5°. Il semble plutôt que la Société entrait dans sa véritable voie en encourageant les obscurs, mais nécessaires pionniers de l’histoire locale. Les monographies sur les comtés et les villes se multiplient %51, Et, derrière ceux qu'on peut encore nommer, il faut placer l’homme qui, en même temps que la faune et la flore de sa paroisse, étudie l’histoire de son église, le pasteur anonyme dont les traits s’uniront chez le symbolique Gilbert White %5?.

Dans son voyage sur le Continent, Gray ne passa pas sans préjugés devant les chefs-d'œuvre d’architecture religieuse. Son silence relatif dénote peut-être une part d’incompréhension ou d’attachement au goût dicté. Il n’ose guère parler qu'à sa mère d'Amiens, de Reims ou de Sienne 553, Ses simples formules découvrent alors un sentiment réel de la majesté de « l’immense monument gothique », de « l'énorme édifice de marbre blanc et noir », et même une appréciation plus éclairée. Il perçoit qu’à l’énormité s'allie l'élégance svelte. La cathédrale de Reims l’a retenu par sa beauté « étonnante », par sa « belle façade gothique aux deux tours d’une surprenante légèreté »; la plus modeste église de Saint- Nicaise, « gracieuse et légère », par ses « arcs-boutants qui tremblent lorsqu'on sonne la cloche » #54. La richesse décorative, qu’Addison comprenait, mais que Wren l’obligeait à taire, Gray la voyait dans «les milliers de petites statues », dans les « vitraux magnifiques », les châsses ciselées, les autels des chapelles, les ors et les

348. Cf. C. Wordsworth, Scholæ Academicæ, 0. c. sup I iv n. 33, pp. 158 et sq. L'ouvrage intitulé History of the Counties, Cities and Boroughs of England and Wales, de Browne Willis, parut en 1715 (cf. DNB Ixiüi, 15), et l’Itinerarium Curiosum, de William Stukeley en 1724 (cf. DNB 1v, 127).

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