Tite Live, IV
leur de s’allacher à considérer l’antique vertu romaine, à en suivre le déclin insensible, puis à contempler la chute qui l’enfonce dans les vices et les débauches les plus extrêmes. A chaque instant, dans les premiers livres, il s’arrête pour louer ou mettre en lumière des traits de courage, de probité, do dévouement, et il se trouve historien parce qu’il est moraliste. Lorsque les plébéiens reçurent le droit d’être tribuns militaires, les patriciens indignés et sans espérance voulurent d’abord se tenir h l’écart. « Mais l’issue des comices leur apprit qu’autres sont les esprits lorsqu’ils luttent pour la liberté et pour l’honneur, autres lorsque, le combat fini, rien n’altère plus la droiture de leur jugement. Car le peuple ne créa tribuns que des patriciens, satisfait qu’on eût tenu compte des plébéiens. Trouverait-on maintenant dans un seul homme celte modération, cette équité, cette hauteur d’âme, qui furent alors celles d’un peuple entier* ! » Ces . regrets de moraliste lui font remarquer la fai- ■ blesse de Rome en même temps que ses vices. L’an 346 (avant J. C.), les Latins refusèrent les secours de troupes qu’ils devaient donner d’après les traités. Rome suppléa à l’armée des alliés par une armée de citoyens. » On rapporte