Tite Live, m
celles qui sont rapportées : « Les malheurs, dit-il, commencèrent par une famine, soit que l'année eût été mauvaise ])Our les récoltes, soit que l'attrait des assemblées et de la ville eût fait délaisser la culture. On donne l'une et l'autre raison •. » Lorsque les matrones vont trouver Coriolan, il ne sait si c'est d'elles-mêmes ou par le conseil des magistrats. Quand on doute entre deux noms, il n'ose décider, dire Furius ou Yopiscus, plutôt que Fusius ou Yirginius. Enfin plus tard, quand il suit le seul Polybe, si du doigt, à chaque ligne, on compare les deux pages, on se convainc qu'il n'ajoute aucun fait, qu'au contraire il en retranche, que la seule licence qu'il prenne est de souffler |un peu de vie dans les phrases traînantes de ses froids devanciers. Je trouve encore dans l'ordre de son récit une grande marque de son exactitude. Il va d'année en année, selon le plan de ses annalistes, disant comme eux les noms des magistrats, les prodiges, les expiations, les disputes civiles et les guerres étrangères , sans intervenir, sinon par des aveux d'ignorance et par des discours, sans essayer d'expliquer les événements par des conjectures, ou de lier les faits par des idées générales, 11 s'efface lui-même pour laisser parler ses auteurs. Ce qu'à travers lui