‹ Essai sur Tite Live (volume 3)Chapitre 45 sur 111 · Niebuhr, t. III, p · texte numérisé non relu

Niebuhr, t. III, p

Ainsi une différence de race etde condition fonde et maintient l'inégalité des ordres; la guerre extérieure continue par une guerre domestique; et les vaincus, devenus citoyens, supportent et combattent encore des vainqueurs. Les patriciens gouvernent la cité où ils ont reçu les plébéiens, et jouissent des terres publiques qu'ils ont conquises par les mains des plébéiens ; ceux-ci demandent des droits pour sortir de la servitude, des terres pour sortir de la misère, et obtiennent des terres et des droits parce qu'ils deyiennent la nation. Dès lors tout le récit de Tite Live s'éclaircit. Les deux peuples, réunis en une seule armée et en une seule assemblée' par la constitution de Servius, restent distincts longtemps encore. Chacun a son assemblée^ ses magistrats, ses intérêts, son caractère; et les retraites de la plèbe ne sont que la séparation de deux nations unies, non confondues. Et remarquez que cette union de deux peuples est la constitution de toute l'antique Italie. Depuis le traité de Servius, le peuple latin est attaché au peuple romain, comme la plèbe à la nation patricienne ; ainsi que les plébéiens, les Latins demandent l'égalité, se séparent plusieurs fois de la nation maîtresse, lui fournissent des soldais, et linissent par obtenir les nié-

1. L'assemblée par cciiluncs. — '2. L'assemblcc par curies et rassemblée par tribus.

mes droits. L'Ilalic, coinmo lo Laliuni, sul.il le commandon.enl .le Home, rompt l'alliance daim la guerre Socialecommc le Latium dans laguorre samnite, comme la pR'be dans la retraite au luuul î>acre. La colonie romaine est encore l'ima^^o de Home; elle forme dans la ville occupée la nation patricienne, elles anciens habitants sont la plèbe « Rome elle-même est une colonie d'Albains et de Sabins réunis sur le pied de l'é-alité, et les Lucères appartiennent à un peuple allié sur un picd d'infériorité, ou qui même était sujet'. «Nicbuhr trouve enfin la constitution romaine chez les voisins de Home. Partout, dans le monde antique, des cités composées d'une plèbe de vaincus et d'une noblesse de vainqueurs s'assujettissent d'autres cites. Sparte a ses ilotes et ses penœques. Sparte, Athènes, Gartha^^et leurs colonies, cbnquérantes comme Rome, s'entourent d'une plèbe de villes soumises. Ce mouvement d union et de subordination avait commencé dix fois autour de la Méditerranée. Rome le répète l'assure et l'agrandit. '

Niebuhr est admirable encore, lorsqu'il montre la naissance insensible de toutes les ma-isiratiircs, les tribuns institués par Servius qu'Iiid la plèbe se forme en tribus, déclarés inviolables lors -

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