Tite Live, XXXII
par la barricTo de monla^mcs (jui déloiul la Macédoine; mais dos ijne les armées seroiil au\ prises, la descriplioii d'une manœuvre expliciucra le succès de la guerre ; et Titc Livc aura mar(|ué les raisons des événements sans sortir de la narration ou du plaidoyer. « La charge de la deuxième légion rompit la phalange; et il n'y eut i)oint de cause plus manifeste de la victoire que ces combats nombreux et séparés qui troublèrent d'abord cette masse flottante, puis la brisèrent en morceaux. Car lorsqu'elle est serrée et toute hérissée de piques dressées, sa force est irrésistible. Mais si, en l'attaquant par pièces, vous la forcez à tourner ses lances qui sont trop longues et trop lourdes pour être maniables, elles s'entremêlent en amas confus, et, à la moindre alarme qui s'élève par derrière ou sur les flancs, tout se trouble, elle û'est plus qu'une ruine; ce qui arriva cette fois, parce que, obligés d'aller à la rencontre des Romains qui chargeaient par pelotons, ils ouvraient en beaucoup d'endroits leur front de bataifle ; et ceux-ci, partout où s'offrait un intervalle, insinuaient leurs rangs K »
Il y a des cas où l'exposition, pour être vraie, doit être éloquente, et où l'ou ne doit raisonner que par des peintures vives. C'est ainsi qu'il fal-
l.TiteLive, XUV, 41.
lait exposer la faiblesse d'Antiochus si malhabile, si imprévoyant, si confiant dans l'attirail de ses troupes et dans les lorfanteries de ses courtisans. « Toutes ces troupes de dilîérentes armes, disait T. Quintius aux Achéens, tant de nations aux noms inconnus, Dahes, Mèdes, Gadusiens, Élymœens, ne sont que des Syriens, race d'esclaves plutôt que de soldats. Et plût aux dieux, Achéens, que je i)usse mettre sous vos yeux les allées et les venues de ce grand roi, tantôt de Démétriade à Lamia, tantôt de l'assemblée des Étoliens à Chalcis ? Vous verriez à peine dans son camp l'apparence de deux petites légions mal complètes. Vous verriez le roi, tantôt mendiant presque du blé aux Étoliens pour le mesurer à ses soldats, tantôt empruntant pour les solder de l'argent à usure, tantôt debout aux portes de Chalcis, bientôt chassé de là et retournant en Étolie sans avoir rien fait que voir Chalcis et l'Euripe^ » Et ailleurs, Acilius Glabrion ajoute : « Ce roi qui a passé d'Asie en Europe pour porter la guerre contre le peuple romain n'a rien fait, en tout un hiver, de plus mémorable que de prendre, par amour, une épouse dans la maison d'un simple particulier, qui est obscur même chez les siens; maintenant nouveau mari, comme engraissé par