Tite Uve, I1Î
Belle leçons sans doute, et digne d’un moraliste '; mais un historien ajouterait que ees mœurs simples étaient grossières % et ne donnerait pas à des sénateurs, pâtres de bœufs et conducteurs de charrue, le langage choisi et achevé d’un lettré parfait. Gincihnatus n’est point un Xéndphon, homme de goût, instruit, philosophe, qui s’amuse à l’agriculture; c’est un paysan fort rude. Il est aisé de mépriser le luxe quand on l’ignore, et d’être frugal quand on n’a sur sa table que des oignons.
Pendant dix livres , on traverse une galerie de grands hommes, un peu orgueilleux peut-être, mais tous orateurs, philosophes, héros. Ce sont d’utiles exemples, je le veux ; mais, au risque de scandale, on se souvient volontiers que ces sages faisaient métier de l’usure; qu’ils étaient conquérants par maxime, c’est-à-dire voleurs par x institution ; qu’ils passaient le jour à expliquer des formules de procédure, à observer le vol du corbeau, à inventer des chicanes ^publiques et privées pour piller leurs voisins. On juge encore, sans pour cela être niveleur, que Tite Live est prévenu contre les plébéiens. Un homme si juste n’eût point dû appeler révoltes des demandes si justes. Est-il vrai que les lois agraires « fussent