Niebuhr, t. lli, p
quelle revient du mont Sacré, chaque jour plus puissants parce' qu'elle devient le peuple, et à la fin vrais chefs de l’État; les dictateurs, magistrats latins, dès longtemps établis à Lanuvium et à Tusculum ; les préteurs, déjà institués sous les rois, ayant la garde de la ville et le droit d'expédier les affaires en leur absence *; les censeurs, d’abord tribuns militaires et simples intendants de la fortune publique, qui, du droit d’inscrire chaque citoyen dans sa classe, tirent celui d'inspecter les mœurs. 11 comprend que rien, dans les
institutions humaines, n'est, soudain; que, comme
les choses naturelles, elles ont des commencements faibles ; que tout changement, étant graduel et préparé, arrive, non par l’arbitraire des volontés, mais par la force dès situations, qu’il faut donc lui trouver des origines obscures; que, par la même raison, une institution ne reste jamais dans le même état ; que, sous les mêmes noms, on trouve à chaque siècle des pouvoirs 'différents ; qu’elle s’altère nécessairement et sans cesse, parce que l'homme n'est pas un seul instant le même, et que l'histoire n’est que le récit d’un mouvement., Cette vue pénétrante de la na-.* ture humaine et cette connaissance infinie des faits marquent, en Niebuhr, le génie moderne.
\. Niobuhr, l. III, p. J51 ; t. lV\p. 1J6,
Parcourez les explications qu’il accumule sur les neaez, sur les finances de Rome, sur la population, sur les terres et les dettes, sur les municipcs et les colonies, sur les changements de la légion; dans l’économie politique, dans le droit public ou privé, dans les institutions d’argent ou de guerre, il n’est aucun point qu’il n’éclaircisse. Déjà, il est vrai, le lecteur se perd dans la multitude des suppositions. Niebuhr corrige Tite Livc comme si aujourd’hui il avait soüs les yeux les grandes Annales, devine sur un manuscrit demi-brûlé* les traces d’une conspiration des Patres minores contre les majores , exagère partout la manie des conjectures, philologue et légiste intraitable, les yeux fixés sur les textes avec tant d’obstination et d’imagination qu’il finit par y lire ce qui n’y est plus, tandis que le lecteur, noyé dans les doutes, arrive à peine à bord, ne sachant plus s’il est dans le roman ou dans l’histoire, sauvant à peine quelques grandes vérités parmi les vraisemblances qui ont glissé entre ses mains.
Faut-il entrer maintenant dans le détail infini des recherches que Niebuhr amasse sur les guerres
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de Rome? Qu’il suffise de dire que le premier il explique comment l’alliance conclue par Sp. Cassius avec les Latins et les Herniqucs doubla Ic^: