I. Tlte Live, VII
« et enorgueilliraScipion moins qu’Hannon, qui,
« faute d’autres moyens, a écrasé notre maison « sous les ruines de Carthage. » Rarement, dit-on, exilé partit plus triste de son pays qu’Annibal du pays ennemi. 11 regarda souvent les rivages de ritalie, accusant les hommes et les dieux, se maudissant et appelant le malheur sur sa tête, pour n’avoir pas mené à Rome le soldat sanglant encore de la victoire de Cannes. Scipion, qui, consul’, n’avait pas vu l’ennemi en Italie, osait aller A Carthage ; lui qui avait tué cent mille hommes armés à Trasimène et à Cannes, avait
vieilli autour de Casilinum, de Cumes, de Noies 1 .
Changez un mot dans ces imprécations éloquentes; dites qu’Annihal, avec vingt-six mille hommes, ne pouvait pas, après Cannes, aller attaquer une ville armée, dont le courage était entier,
éloignée de quatre-vingts lieues, et qu’il a dû s’épuiser contre le rempart de colonies qui la protégeaient ; vous aurez en abrégé l’histoire de la guerre, que TiteLive ailleurs achève ainsi : « Al- * liés infidèles, maîtres pesants et tyranniques, les Carthaginois n’ont rien de ferme ni de stable en Afrique. Nous encore, abandonnés par nos alliés, nous nous sommes soutenus par nos propres forces, avec des soldats romains. Chez les Car-