‹ Essai sur Tite Live (volume 5)Chapitre 55 sur 105 · Tite Live, XXXVIII · texte numérisé non relu

Tite Live, XXXVIII

PIIILOSOPIIIK 1)K i;!IISTOIRE DANS TiTE MVE. 135 gne, gorgés de vin et de viandes gloutonnement avalées, quand la nuit approche, sans retranchements, ni postes, ni gardes, ils s'étendent près des ruisseaux comme des bêles sauvages'. » On voit comment les raisons des faits sont contenues dans les discours des personnages, comment la science est devenue éloquence, et comment l'hislorieii se trouve philosophe parce qu'il est orateur.

A ce titre, les harangues de Tite Livc sont la partie la plus utile de son histoire. C'est là qu'il raisonne et réfléchit. Les jugements de ses capitaines sont des théories; et il arrive qu'en observant les ûmcs il explique les événements. Rome a vaincu les Samnilcs, parce que les pâtres des montagnes, habiles aux embuscades, n'avaient pas la discipline des légions massives, et qu'un homme n'est pas un soldat. Le tribun Décius s'éloiine, en bon militaire, de voir des troupes qui savent mal leur métier. « Quelle est cette paresse et cette ignorance de la guerre, et comment de telles gens ont-ils pu gagner la victoire sur les Sidicins et les Gampaniens! Voyez leurs enseignes qu'ils portent çà et là, que tantôt ils rassemblent, et que tantôt ils font sortir. Personne ne se met à l'ouvrage quand nous pourrions déjà

1 Tite I.ive XXXVIII, V, 44.

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■êlrc entourés d'un rclranclicmcnt'. « Les l\oj.nains s'échappent de nuit, rejoignent l'armée, qui, revenant sur ses pas, égorge les Samniles dispersés, la plupart sans armes. Par celle indiscipline, ce peuple si vaillant et si opiniâtre péril. Ils ne surent que dresser des pièges en brigands, se couvrir d'armes éclatantes en barbares, s'engager par des rites sanglants en fanatiques. Rome dévasta leur pays avec méthode, tua tous les ans la jeunesse qui s'armait, et maintint par ses colonies ces solitudes soumises.

Les modernes ont beaucoup raisonné sur les guerres puniques. Deux mois de Scipion et d'Annibal contiennent la plupart de leurs dissertations. « Ce fut en frémissant, en gémissant, en retenant ù peine ses larmes, qu'Annibal, dit-on, écouta les paroles des envoyés. Après qu'ils lui eurent délivré leur message : « Ce n'est plus,dit- « il, par des moyens cachés, c'est ouvertement « qu'ils me rappellent, ceux qui, en empécliant « qu'on ne m'envoyât des renforts et de l'argent, « ont travaillé depuis si longtemps à m'arracher « d'ici. Annibal est vaincu, non par le peuple rote main tant de fois massacré et mis en fui le, « mais par les calomnies et l'envie du sénat carie thaginois. Cet opprobre de mon retour réjouira

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