‹ Essai sur Tite-LiveChapitre 52 sur 95 · PHILOSOPHE 1 MODERNE DE L’'HISTOIRE. T · texte numérisé non relu

PHILOSOPHE 1 MODERNE DE L’'HISTOIRE. T

hote du monde un peu fr ondeur. Bossuet n' 'avait guère ajouté à Tite Live. Il résumait l’histoire avec un grand sens, dans un grand style, sous une idée imposante, et rapportait à un seul à but toute la vie du genre humain. Mais il par- __.courait les événements à pas précipités, et l'idée £ : qu’il leur donnait pour règle, éclatante et con- testée, était l'improvisation d’un orateur chrétien ; HU que la découverte d’un historien exact.

L'ouvrage de Montesquieu, Chapitre détaché de . répit des Lois, est le fragment d’une science. " Dans ce livre, il oublie presque les finesses de ele, le soin de se faire valoir, la prétention de mettre en mots spirituels des idées profondes, de . cacher des vérités claires sous des paradoxes apparents, d’être aussi bel esprit que grand Ë . homme. 1 ne garde de ses défauts que les qua- lités. Il parle de Rome avec plus d'apprêt que | Tite Live, mais avec la même majesté poétique. Ses jugements tombent comme des sentences . d’oracle, détachés, un par un, avec une concision et une vigueur‘incomparables, et le discours . marche d’un pas superbe et lent, laissant aux lecteurs le soin de relier ses parties, dédaignant de leur indiquer lui-même sa suite et son but.

| un des AncIcns jurisconsuites; Montesquieu a

: Si l'on ôte quelques passages où la simplicité est affectée et la sagesse raffinée, on croit entendre

: 178 no. CHAPITRE VI.

leur di solennel et leur brièveté grandiose PA . du même ton dont ils donnaient des lois aux peu- “ ples, il donne des lois aux événements. us : he . On n’est pas ici, comme dans Machiavel et Tite ne Live, obligé de ramasser et de réunir de. rares | théories éparses. Elles abondent et se suivent. D A la vérité il explique avec une assurance trop. é __ créduleles premiers règnes; Voltaire jui a déjà re- | 4 proché d’être mauvais critique. Mais, dès l’abord, il devine que Rome naissante fut un camp de brie gands, « comme les villages de Crimée, faits pour renfermer le butin, les bestiaux et les fruits d la campagne; » et, au bout d’ une page, il entre dans les faits certains, dans les raisonnements solides. 11 montre que Rome conquit la domina= tion, parce qu'elle fut la plus forte dans la guerre, et la plus habile dans la politique’. Les Romains apprennent la guerre, parce qu'ils la font sans cesse; ils La font, parce que le sénat veut occuper. le nee parce que les consuls cherchent à se distinguer, parce que le peuple a besoin de gagner du butin et des ‘terres. Ils ne s’y corrom- | : pent pas, parce que leurs voisins sont pauvres, . parce que l'ignorance des siéges et le manque de solde prolongent la lutte. Ils s endurcissent par. les exercices du champ de Ro par les tr avaux | af a

ASS 1 Montesquieu, Cd éreson sur fes causes de 1 grandeur Vois let de la décadence des tonnes Éd. SUR p.120

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