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Chapitre XLV, ?2 1 O

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Grecs en 12.61 , & que Michel Paléologue l'arracha aux ufurpateurs Latins pour le ravir à fon pupille Jean Lafcaris. Il faut encor fe repréfenter que dans ce tcms-là le frère de St. Louis , Charles d'Anjou , envahiïlait Naples & Sicile, & que fans les vêpres ficiliennes il eût diiputé au tyran Paléologue la ville de Conftantinople , dcfhnée à être la proie des ufurpateurs.

Ce Michel Paléologue ménageait les pspes pour détourner l'orage. Il les flatta de la fou million de l'égîife grecque ; mais fa biffe politique ne put remporter contre l'efprit de parti & la fuperflicion qui dominaient dans fon pays. Il fe rendit fi odieux par ce manège, que fon propre fils Andranic , fchifmarique maiheurcufement zélé , ri'ofa , ou ne voulut pas lui donner les honneurs de la lepulture chrétienne.

Ces malheureux Grecs preflés de tous côtés , & par les Turcs, & par les Latins, difputaient cependant fur la transfiguration de Jesus-Christ. La moitié de l'empire prétendait que la lumière duTabor était éternelle, & l'autre , que Dieu l'avait produite feulement pour la transfiguration.Une grande (eô:e de moines & de dévots contemplatifs voyaient cette lumière à leur nombril , comme les faquirs des Indes voient la lumière célefte au brut de leur nez. Cependant les Turcs fe fortifiaient dans l'Afie- Mineure , & inondèrent bientôt la Thrace.

Ottoman y de qui font defeendus tous les empereurs OfmanliSy avait établi le fiége de fa domination à Eurfe en Bithinie. Orcan fon fils vint jufqu'aux bords de la Propontide ; & l'empereur Jean Cantacuscne fut trop heureux de lui donner fa fille en mariage. Les noces furent célébrées à Scutari , vis-à-vis de Conflantinople. Bientôt après , Canîacustne ne pouvant plus garder l'empire , qu'un autre lui difputait ,' s'enferma dans un monaftère. Un empereur beau-père du fultan , & moine , annonçait la chute de l'empire. Les Turcs n'avaient point fç encor de vaiiTeaux , & ils voulaient pafîer en Europe, fc

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332 Essai sur les mœurs. *

Tel était l'abairTement de l'empire, que les Génois, moyennant une faible redevance, étaient les maîtres de Galata , qu'on regarde comme un fauxbourg de Conftantinople, féparé par un canal qui forme le porr. Le fultan Amurat fils àHOrcan engagea, dit-on , les Génois à paffer fes foldats au-deçà du détroit-* Le marché fe conclut ; & on tient que les Génois pour quelques milliers de bezans d'or livrèrent l'Europe. D'autres prétendent qu'on fe fervit de vaiiïeaux grecs. Amurat parle, & va jufqu'à Andrinople , où les Turcs s'établiflent , menaçant de là toute la chrétienté. L'empereur Jean Paléologue court à Rome baifer les pieds du pape Urbain V. Il reconnaît fa primatie ; ils s'humilie pour obtenir par fa médiation des fecours que la fituation de l'Europe & les funeftes exemples des croifades ne permettaient plus de donner. Après avoir inutilement fléchi devant le pape, il revient ramper fous Amurat. Il fait un traité ~£\ avec lui , non comme un roi avec un roi , mais comme un efclave avec un maître. Il fert à la fois de lieutenant & d'otage au conquérant Turc, & après qu'^4murat ôc Paléologue ont fait crever les yeux chacun à fon fils aine, dont ils fe défiaient également, Paléologue donne fon fécond fils au Sultan. Ce fils nommé Manuel fert Amurat contre les chrétiens , & le fuit dans fes armées. Cet Amurat donna à la milice des janiflaires déjà instituée la forme qui fubfifle encor.

Ayant été afTaffiné dans le cours de fes victoires , fon fils Baja^et Ilderim , ou Baja\ct le Foudre , lui fuccéda. La honte & l'abaiflement des empereurs Grecs furent à leur comble. Andromc , ce malheureux fils de Jean Paléologue , à qui fon père avait crevé les yeux , s'enfuit vers Ba'ja\ct , & implore fa protection contre fon père & contre Manuel fon frère. Baja.{et lui donne quatre mille chevaux ; & les Génois toujours maîtres de Galata l'affifrent d'hommes & d'argent. Andronic

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