Cuarcor, Boucuarp, Bmissaur. Traité de médecine, IV
au malade à jeun depuis la veille un tiers de verre d’eau, fait apparaître le clapotage dans les cas de dilatation un peu avancée. ;
Malheureusement, nous n’avons pas encore là, un moyen de fixer exactement la limite inférieure de l'estomac. Car, s’il est facile d'obtenir le clapotage, il est très difficile de le localiser parfaitement. Du reste, l’intensité et le timbre de ce phénomène ne dépendent que des proportions relatives des gaz et du liquide et non de leur volume, ni de la capacité du récipient. De plus, il faudra avoir soin, quand on pratiquera la sucussion digitale localisée, de ne pas confondre les bruits qui se produisent dans l’estomac avec ceux qui peuvent naître également dans le côlon transverse.
La sucussion totale s'obtient, après avoir saisi par le bassin, le malade couché, en le secouant plusieurs fois vigoureusement. Ce procédé, peu agréable, donnerait d’après Bouchard de meilleurs renseignements que le précédent, sur les dimensions de l’estomac.
Quelquefois, mais seulement dans les cas de grande dilatation, avec sténose du pylore, à la suite de ces excitations, on peut voir se produire un phénomène connu sous le nom d’agitation péristaltique, consistant en ondulations qui se déplacent de gauche à droite, de la grosse tubérosité vers le pylore, en dessinant la grande courbure. Ce signe, décrit par Küssmaul, est du reste de peu de valeur (1).
1. Kussmauz. Volkmanns Sammlung Klinische Vorlræge. Die peristaltische Unruhe des Magens, 1880.
Martineau 4
re
L’auscultation, permet seulement, si l’on place son oreille sur la paroi abdominale antérieure, à la hauteur de la dixième vertèbre dorsale, pendant que l’on fait boire le malade, d'entendre un bruit de glouglou plus ou moins rythmé. Ce phénomène, signe de biloculation stomacale, existerait chez les femmes dont l'estomac a été déformé par le corset (1).
Voyant le nombre .de précautions dont on était obligé de s’entourer, pour porter un diagnostic précis, avec ces divers moyens d’exploration, on avait: déjà essayé, avant la découverte des rayons de Rœntgen, d'entrer un peu plus avant dans l'intimité de l’organe. C’est dans ce but que fut créée la gastrodiaphanie. Nous avons déjà parlé de cette méthode, délicate, douloureuse, et qui ne donne pas, à beaucoup près, les résultats de la radioscopie.
Quant à la gastroscopie, procédé par lequel on cherche à explorer directement les paroïs de l’estomac, au moyen d'un tube rigide muni d’un prisme à réfraction totale qui conduit le rayon lumineux, nous lui ferons le même reproche qu'a la gastrodiaphanie. Elle ne peut, du reste, nous donner aucun renseignement sur la situation de l’estomac.
Recherche de la présence de liquide à jeun.
Le bruit de clapotage étant, par définition, produit par la rencontre dans l'estomac relâché, des gaz
et des liquides qu’il contient, est déjà un excellent