‹ Essais de critique et d'histoire (volume 2)Chapitre 10 sur 38 · XX VIN .. PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XX VIN .. PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

au seuil duquel les sciences naturelles s'arrêtent, pour laisser régner les sciences morales. — Il suit de Ia qu’une carrière semblable à celle des sciences natu relles est ouverte aux sciences morales; que l’histoire, la dernière venue, peut découvrir des lois comme ses aînées ; qu’elle peut, comme elles et dans sa province, gouverner les conceptions et guider les efforts des hommes; que, par une suite de recherches bien con: duites, elle finira par déterminer les conditions des grands événements humains, je veux dire les cir-. constances nécessaires à l’apparition, à la durée ou à la ruine des diverses formes d'association, de pensée et d'action. Tel est le champ qui lui est ouvert; il n’a pas de limites; dans un pareil domaine, tous les efforts d’un homme ne peuvent le porter en avant que d’un ou deux pas; il observe un petit coin, puis un autre; de temps en temps il s'arrête pour indiquer la voie qui lui semble la plus courte et la plus sûre. C'est tout ce que j'essaye de faire : le plus vif plaisir d’un esprit qui travaillé consiste dans la pensée du travail que les autres feront plus tard.

HT Taixe,

Mars 1866.

Page 1