‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 58 sur 155 · Cttvier · texte numérisé non relu

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et n'a vécu qu'en s'imitant. Savait -on même, à Rome, distinguer l'invention de la copie ? On y égalait aux modèles grecs les tragédies d'Ovide et de Varius. J'oserais dire enfin que cette littérature si accomplie penchait vers l'affectation. Déjà, du moins, Horace cherchait les alliances de mots *, et donnait à son style cette perfection excessive, qui est le signe d'une invention araomdrie. Combien d'autres, autour de lui, étaient de simples artisans de phrases I On sait l'histoire du puriste Marcellus Pomponius, qui, dans une cause, pour un solécisme, arrêta deux ou trois fois son adversaire, et l'empêclia de continuer ; Auguste prononce la remise ; Marcellus remarque que, dans l'arrêt, il y a un mot de mauvais latin. — Pourquoi Horace attaque-t-il sans merci les anciens poètes de Rome, < qui, de son aveu, avaient le souffle tragique et osaient heureusement? » H allègue pour grief qu'ils ne sont pas assez polis, assez châtiés, assez habiles ; il a pour précepte d'effacer, de corriger, de limer sans cesse ; il enseigne par son exemple à rechercher les fines nuances de pensée, à cacher sous chaque mot plusieurs inten-^ tions, à mettre en relief les expressions heureuses, à donner aux idées un air piquant par des tours nouveaux, à parer chaque phrase de toutes les richesses de l'esprit et de Tart. Dgins le style d'Ovide, quel

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