‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 253 sur 278 · LK DÉVELOPPEMENT CONTINU · texte numérisé non relu

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et de ces causes yagues que« pour définition unique, on déclarait capables d'expliquer tout ce dont Texplicalion était requise. Le mobile auquel nous obéissons est le même qui a fait imaginer les âmes appropriées aux fonctions diverses, nutritive, sensitive, motrice, irascible, appétilive, rationnelle, les formes substantielles, les natures plastiques, Tâme stahlienne, le principe vital, et toutes ces forces que le matérialisme lui-même n'a pu s'empêcher de poser à l'origine et au fond des propriétés des êtres vivants. L'aqimisme n'est pas loin d'accorder tous les caractères d'un êlre véritable et complet à l'âme qui a charge de faire vivre le corps ; et la métaphysique lui en fait un reproche. Enfin, Cabanis arrive au vrai sens de l'hypothèse, â l'idée qui satisfait la science et la désintéresse, quant à présent, en lui ouvrant carrière pour l'avenir, lorsqu'après s'être demandé laquelle des deux opinions est la plus probable, de la mortalité ou de la permanence du principe de personnalité, il donne cette conclusion.

« Toutes les considérations ci-dessus réunies nous conduisent naturellement à regarder le principe vital, ou l'ensemble de toute la sensibilité dont est animé je oorps vivant, non comme le résultat de l'action des parties , ou comme une propriété particulière attachée à la combinaison animale, mais comme une substance, un être réel qui, par sa présence, imprime aux organes tous les mouvements dont se composent leurs fonctions, qui retient liés entre eux les divers éléments employés par la nature d^qs leur composition régulière,

ET LES ÂMES HÂT&RIBLLES. 663

ot les laisse livrés à la décomposition du moment qu'il s'en est séparé définitivement et sans retour (1). »

Vêtre réel de Cabanis, l'âme de Stahl, avouée matérielle et étendue, le principe vital et organisateur de tant de physiologistes depuis Platon jusqu'à Broussais, quand ils nq l'ont. pas érigé en abstraction et soustrait aux conditions de la nature, enfin et surtout la croyance ancienne et populaire, et beaucoup de théories qui, réduites à leur plus simple expression, n'ont d'autre fondement et d'autre sens que cet instinct presque universel, peuvent être cités à l'appui de l'hypothèse des organismes latents. Ainsi présentée, elle est sans doute en dehor$ du savoir actuel ; mais si nulle observation ne la confirme, les faits ne la démentent pas non plus. Elle ne s'impose pas au nom d'une philosophie ouvrière de chimères , mais elle est conforme aux autres inductions sdentifiques, et qui sait si elle n'est point la pierre d'attente de découvertes futures 7 Sa simplicité, sa vulgarité, sont peut-être des motifs assez faibles de lui donner la préférence sur les vues plus hautes et plus générales que nous avons exposées; mais elle nous laisse une espérance d'apprendre régu* lièrement par la suite quelque chose de ce qu'elle anti* cipe, et c'est là un mérite. Ceci soit dit sans choisir et nous prononcer, car la thèse que nous défendons n'exige de nous aucun parti pris, ou plutôt nous les interdit tous, et se trouve d'autant plus forte.

4u reste, cette hypothèse et ces vues sont conciliables.

(1) Lettre sur les causes premières, p. 72, éd. Bérard.

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