HYPOTHÈSE DU DÉVELOPPEMENT CONTINU, ETC
On pourrait imaginer, entre autres suppositions, que l'organisme latent est d'une autre nature que l'organisme actuellement sensible, c'est-à-dire n'est pas un sujet abordable pour les mêmes sens. Le premier, par exemple, envelopperait le second, l'engendrerait en lui sous des rapports et des lois qui dous échappent comme lui-mômjB^ se modifierait à son tour dans le cours de cette évolution , enfin persisterait audelà du terme de l'influence réciproque, prjât pour une formation n/ouvelle dans le monde jinconnu , ou dans les mondes futurs. On s'expliquerait ainsi l'impuissance où nous gommes de saisir l'être propre du principe formateur, d'abord dajns la sphère d'observation des progrès embryonnaires, et plus tard dans l'fLnimal accompli dont il va produisant ou subissant les modifications diverses. Mais il n'est pas impossible non plus que l'être qui préexisterait, puis persévérerait à travers les phases de la vie animale et au-delà, fût plutôt Tenyeloppé que l'enveloppant de celle-ci dans l'étendue, el nous demeurât soustrait par sa petitesse seule, quoique formé d'éléments appréciables pour nous et par leur nature. Sous ce point de vue, la question du $ic(jc de rame continue à se poser comme autrefois, et avec sa signification la plus étroite el toute physique, ràuie étant un être soumis à toutes les conditions de l'être. Et il nç faudrait pas conclure de là que les fonctions diverses de la personne ne sont pas diversement localisables dans l'organisme, ainsi que les organes euxmêmes se localisent, quoique conspirant ensemble: Tunilé, en effet, ne repousse pas la multiplicilé; il sullll
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que des liens physiques existent entre les parties quelconques du corps entier et cet autre petit corps, atome de nature, qui est Tàme, pour que les actions de ce dernier apparaissent et s'assemblent en différents lieux, hors de sa propre enceinte.
A l'égard de la petitesse et de l'imperceptibilité actuelle du corps central, premier fondement de l'organisme et des organismes possibles successifs , on doit rappeler ici que l'étendue consiste en une série de rapports indéfiniment croissants ou décroissants, dont la réalité, tant qu'ils demeurent unis, peut être supposée et prolongée démesurément au-delà de la portée de l'intuition sensible ou imaginative. L'imagination proprement dite est aussi bornée que la vue ; celle-ci, plus pénétrante que le toucher, n'allait guère loin avant J'invention des lentilles ; aujourd'hui, l'entendement, à jk>rt nommé imagination, sait qu'il y a des mondes dont nos instruments n'atteignent que l'entrée; pourtant, nous parlons souvent, mais nous avons rarement une idée efficace ef assez vive de la suile inimaginable des êtres décroissants possibles.
La monadologie tira beaucoup d'intérêt de l'extension donnée à nos idées de grandeur par les observa-' tions micrographiques. Non que Leibniz n'eût fondé ses pionades sur l'abstraction de l'être, en vrai métaphysicien ; mais, de l'association des monades chimériques, il avait aussi composé une échelle d'êtres indéfiniment ^lultipliés et divisés qui suggéraient une idée tout autre pt très positive 4c l'ordre et des réalités de la nature. Sa
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thèse du progrès continu de la vie achevait le tableau, quoique la continuité , vraie sensiblement , devint une contradiction, dans le sens rigoureux et mathématique où il la prenait pour s'en faire un axiome. EnGn, en admettant Tunion perpétuelle des âmes et des corps el rimpérissabilité des essences propres des êtres vivants, ce grand homme allait implicitement à déclarer l'inutilité des âmes esprits-purs. A sa suite, Haller et C. Bonnet, le groupe des naturalistes qui s'attachèrent & Tidée de la préformation et de Temboitement des germes, pouvaient avoir le mérite de bannir de la science les l essences scolastiques. Il est surprenant que Bonnet n'ait pas senti que l'indissolubilité réelle de l'organisme et de l'âme réduisait celle-ci à ne représenter qu'une abstraction. On s'étonnerait encore plus de l'incapacité de leurs successeurs jusqu'à nos jours pour comprendre la haute portée , la valeur vraiment unique et en quelque sorte la solidité de Thypothèse des corps latents en rapport avec les corps sensibles, de leurs transformations réglées et de leurs palingénésies (la seule après tout qu'on ait proposée pour assujétir à des lois naluxelles Tordre des évolutions des animaux et des personnes, ordre qui doit légitimement être jugé aussi probable dans celle sphère élevée de phénomènes que dans les autres) ; mais celte hypothèse, telle qu'elle fut présentée, était à l'adresse des savants spéciaux plutôt que des philosophes, et, péchant par excès de précision, elle fut rejelée en bloc avec celles doses parties que décidément l'observation ne justifiait pas. On peut admettre les organismes embryonnaires préexistants, et n'en vou-