XVI • PRÉFACE
quelque trailé d^économie politique à Tindignation des hommes sensés comme ayant soutenu qu'il faudrait, pour Famour du pittoresque, laisser les terres en friche et supprimer toutes les routes carrossables.
Un autre démenti me fut adressé. En remarquant que l'Exposition n'avait pas produit une strophe digne de mémoire, je faisais d'avance réparation aux poètes inconnus dont les œuvres pouvaient n'être pas arrivées jusqu'à moi. La muse de l'Exposition prit un moyen décisif pour me démontrer qu'elle existait; elle vint me trouver, et j'ai sous les yeux une vraie épopée et plusieurs odes qui réclament contre mon exclusion. Je l'avouerai : ces poëmes, en général fort peu académiques, tracés pour la plupart par des mains laborieuses et illelirées, m'ont louché. Je les ai ouverts trop souvent avec dédain, et presque jamais je ne les ai achevés sans être ému. La forme, à très-peu d'exceptions près, en est défectueuse, et cela malheureusement par prétention et par faux goût, bien plutôt que par rudesse. Mais quelques-uns de ces essais respirent tant d^honnêleté, de sympathie, de bonne volonté pour comprendre les choses élevées; on y trouve tant de cœur et un patriotisme si respectable dans sa naïveté, que moi, qui étais décidé