‹ Essais de morale, de science et d'esthétiqueChapitre 6 sur 76 · Principes de psychologie, 2« édit., I, g · texte numérisé non relu

Principes de psychologie, 2« édit., I, g

interprétation de cette réponse. Nous trouvons la valeur d'.v en fonction d'y , puis celle d'y en fonction d'x , et nous pourrions aller toujours ainsi, sans approcher davantage de la solution. L'antithèse du sujet et de lobjet, qui ne saurait être dépassée tant que la conscience subsistera, rend impossible toute connaissance de cette réalité suprême en laquelle sujet et objet sont unis '. »

On voit assez par là, je pense, qu'entre la doctrine de M. Martineau et celle qu'il combat la distance n'est nullement aussi grande qu'il le dit ; de plus, s'il y a entre les deux une différence, c'est plutôt, à mon avis, le contraire de celle qu'il prétend. En deux mots, la voici : là où lui ne reconnaît pas de mystère, la doctrine qu'il combat reconnaît un mystère. Quant à moi, je peux dire d'abord que je suis d'accord avec M. Martineau pour rejeter ridée matérialiste, comme tout à fait futile ; et ensuite que la seule différence entre nous, la voici : il dit avoir trouvé une autre explication des cboses, et moi j'avoue que je n'en puis trouver aucune. Il se dit en état de comprendre la puissance qui se manifeste dans les choses, et je me sens obligé, après de nombreux échecs, d'avouer que je ne peux la comprendre. Ainsi, en face du problème transcendant que l'univers nous offre, M. Martineau croit l'esprit humain capable de trouver la solution, et moi je le crois impuissant. Or ce n'est pas ainsi que l'Essai dont il s'agit présente la différence qui nous sépare. S'il y a lieu de parler de « l'orgueil de la science », que dire alors de l'orgueil de la théologie? Je ne sens pas ce qu'il y a d'humihté à prétendre que l'esprit humain est à même de comprendre ce qui se cache derrière les apparences; je ne vois pas quel grand exemple de piété l'on donne en affirmant qu'il

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