‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 57 sur 109 · V. lai Correspondance, T. II, p · texte numérisé non relu

V. lai Correspondance, T. II, p

sonne ne l'avait sue, la perte n*eât pas été grande pour rhnmanité), George II I^ roi de la Grande-Bretagne^ de France^ d'Irlande^ etc., nous voulions inscrire sur une des foces quelque intéressant proverbe de Salomon^ quelque sentence pieuse ou morale, quelque précepte de prudence et d'économie dont le souvenir fréquent, — puisqu'on les verrait chaque fois qu'on reçoit une pièce de monnaie, — pût faire impression sur l'esprit, sur celui des jeunes gens surtout, et devenir une règle de conduite. Ainsi nous aurions gravé sur les unes : La crainte du Seigneur est le commence^ment de la sagesse; sur d'autres: L'honnêteté est la meilleure politique; sur celles ci: Qui par la chaiTue veut s'enrichir, doit la conduire ou la tenir; sur celleslà : Aie soin de ta boutique, ta boutique aura soin de toi; ou encore : Un penny épargné est un penny gagné; sur d'autres enfin: Qui achète ce dont il n^a pas besoin^ sera bientôt forcé de vendre le nécessaire ; ou bien : 5e coucher tôt, se lever tôt, donne santé^ richesse et sagesse ; et ainsi de suite, à l'infini.

Sur l'autre face, nous nous étions proposé de faire dessiner et graver, par les meilleurs artistes de France, les différents traits de barbarie que les Anglais ont commis dans la dernière guerre d'Amérique. Nous aurions retracé, avec autant de fidélité que la gravure permet de le faire, toutes les circonstances abominables de leur cruauté et de leur .inhumanité, afin de faire sur l'esprit de la postérité une impression aussi forte, aussi durable que sur le cuivre. Cette résolution a été longtemps ajournée ; mais comme, en dernier lien, les Anglais ont brûlé plusieurs villes sans dë^ fense dans le Connecticut, sous le vain prétexte qu'on

avait tiré sur eux de derrière les maisons, tandis que nous savons que ces abominables mesures ont été préméditées et ordonnées en Angleterre, il est probable que cette dernière provocation sera décisive, et pourra vous procurer un grand débit de votre métal.

Je vous remercie des souhaits obligeants que vous faites pour ma santé ; je vous les retourne de bien bon cœur, et au quadruple. Adieu. B. F.

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