‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 53 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et par celle des révolutions. Il y a là des monuments cyclopéens de plus d'un genre. Il est certain que les érudits allemands si patients, si laborieux, si infatigables, manquent des ressources qui abondent en Italie. D'ailleurs, les Italiens ne sont point, comme on pourrait le croire, déshérités des hautes facultés qui les distinguèrent à toutes les époques. Une sève abondante, féconde et généreuse circule encore dans les veines de ce géant qui ne dort point, quoi qu'on en dise, sous le poids des montagnes dont on l'accable depuis plusieurs siècles. Qu'il y ait quelque part, dans cette contrée historique et poétique, à Rome, par exemple , ou plutôt à Naples , un centre d'érudition analogue à celui de Calcutta, et nous verrons tout un monde sortir de ses ruines; ce sera comme une vraie apparition de l'antiquité.

Mais revenons à l'histoire romaine.

Le principe quelconque qui fonda Rome était tropviolentpour ne pas devenir, de suite, excentrique. Montesquieu remarque très bien que la puissance romaine était insuffisante, et son territoire trop borné relativement à la force de ses institutions primitives. Une réflexion si juste, qu'il fait au sujet du règne de Numa, aurait dû le conduire à chercher hors de Rome, et antérieurement à Romulus, le principe des institutions romaines; et sur-tout il aurait dû dessiner

le tableau de la lutte antique du plébéianisme et du patriciat, qui, nulle part, ne s'est montrée avec plus d'énergie et de persévérance, lutte, si souvent pénible, qui est celle même de l'humanité marchaiit vers son émancipation , et qui, ainsi que nous l'avons vu, au sujet d'Ulysse, le plébéien primitif, est la grande loi de l'initiation universelle. Ce qu'il n'a pas fait, je tâcherai de le faire, et, de prouver ainsi cette loi générale de la Providence sur les sociétés humaines.

Polybe dit, au sujet de la république romaine : (( Il n'y en a point qui se soit plus établie et plus augmentée selon les lois de la nature, et qui doive plus, selon les mêmes lois, prendre une autre forme. »

L'extrême bon sens de Polybe lui avait fait apercevoir cet ordre et cette régularité que nous signalions tout-à-rheure dans la suite des événements, et lui faisait pressentir qu'un tel ordre, une telle régularité devaient être le résultat des lois invariables de la nature. Mais il n'était point parvenu à cette loi unique de l'initiation par la Providence , loi dans laquelle se trouve l'accord de la prescience divine et de la liberté de l'homme, dont nous chercherons par-tout Tineffaçable empreinte, et que le christianisme pouvait seul révéler.

En faisant le résumé des séditions romaines.

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