DEUXIÈME PARTIE
fiction de l'âge d'or; par la même raison, des philosophes du siècle dernier ont voulu faire une peinture séduisante de ce qu'ils ont appelé l'état de nature. L'erreur des uns et des autres est absolument semblable.
Voici donc ce qui me paraît être la vérité :
l'homme est tenu de s'approprier la terre , puis de se faire lui-même ; son développement est un tra«^ vail sans relâche et sans repos; son initiation a commencé par le degré le plus infime ; mais je dois me hâter de répéter que leS' traditions dépositaires d'une révélation primitive n'ont été, nulle part, entièrement abolies; que le souvenir, plus ou moins altéré, s'en est réveillé lorsqu'il a été temps; que c'est ce qui explique les missions divines, chez les Gentils, comme, par exemple, celle d'Orphée; enfin, que Dieu n'a jamais détourné sa face de son ouvrage, et qu'il a seulement voulu que l'homme méritât, soit l'amélioration de ses destinées, soit sa réhabilitation , soit sa gloire immortelle.
Les catastrophes physiques du globe, dont on trouve tant de monuments de différents genres, . imprimèrent sans doute dans le cerveau des hommes qui en furent témoins, et qui leur survécurent, une sorte, de désordre intime qui se perpétua, long-temps par la voie de la génération. De là Jes fables monstrueuses que l'on trouve toujours près de ces terribles époques. N'oublions pas toutefois
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de signaler également les tropes qui ont pu résulter quelquefois du langage né de riiiéroglyphe.
Ces fables monstrueuses tiennent enfin à lantique superstition relativement au mélange des races; et ici nous pourrions encore remonter à l'origine dune distinction primitive, dont le signe réside dans la forme même du mariage. Ce point fondamental de toute histoire antique sera mis, plus tard , hors de toute discussion. Nous expliquerons, quand il en sera temps , ce que les austères patriciens de Rome entendaient par cette expression si énergique , natura 5ecMm discors , expression qui, à elle seule, raconte tout un ordre de choses.
Ajoutons à présent que je ne spis quoi de sinistre se manifeste aussi aux époques de transformation et d'avancement des sociétés humaines. L'éducation du genre humain est toujours dure , parcequ'elle contient toujours la double condition de l'expiation et du progrès acheté par l'eiFfort, même par la douleur. Remarquons, avant de finir sur ce sujet, que plusieurs des premières hérésies chrétiennes, héritières en cela des traditions douloureuses que nous venons d'indiquer , avaient au nombre de leurs dogmes la haine de la propagation, sentiment d'une terreur profonde qu'il faut bien faire attention de ne point confondre avec ceux d'une pureté et d'une piété exaltées.
Un des esprits les plus mélancoliques qui aient