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insensé. Non seulement il s’agit de réduire le pouvoir d'achat, maïs encore d’abandonner toute construction de maisons et de routes, tous grands travaux d'utilité publique. Les administrations locales suivront cet exemple. Si l’on s’en tient à la théorie qui se trouve à la base dé tout ceci il arrivera finalement qu'il n’y aura plus rien à fairé pour personne, sauf les quelques privilégiés qui cultivent eux-mêmes leurs pommes de terre. Ge sera le résultat de notre refus, par raisons d'économie, d’acheter quoi que ce soit ou quelque service que ce soit les uns des autres. Puiser à la Caisse des Travaux publics pour remplir la Caisse d’Amortissement, c’est, dans les circonstances actuelles, faire une politique digne de Charenton,
Enfin il ÿ à la question de la balance commerciale, qui après tout est la plus importante en ce qui concerne Ja crise. D'une façon générale, le coût de la production n'est pas modifié. Réduire les traitements des fonctionnaires ne nous aidera pas à reconquérir les marchés mondiaux. Ces traitements, ainsi que les autres salaires qui se trouvent être dans lés mains du Gouvernement, sont précisément ceux dont la réduction importe le moins à nos exportations. On nous dit qu'il est faux de déclarer qu’il n’y a là qu’un premier pas vers une réduction générale des salaires. Cependant pareille mesure, si elle n'avait ce sens-là, n’en aurait aucun. Pendant ce temps le Gouvernement s’est aperçu qu'il y avait juste un facteur sur lequel il pouvait intervenir pour amener une hausse du coût de la production, À savoir la part du patron dans les assurances sociales qui constitué en fait une taxe sur l'emploi dé la maind'œuvre. Aussi afin de prouver de façon péremptoire qu'il était complèterhent fou, le Gouvernement a-t-il décidé de l’élever.
Il n’y a que déux répercussions du plan du Gouvernement qui puissent être favorables à la balance commerciale. Tout ouvrier privé de travail ou appauvri cConsOoM-
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mera forcément moins. La plus grande partie de ce qu'il économisera en matières de consommation se chiffrera en pertes commerciales et en chômage pour les autres Anglais. Une partie cependant, mettons un cinquième, atteindra les importations. Cependant cela même ne servira à rien si, comme le pensent les Libres Echangistes, une réduction des importations conduit forcément à une réduction correspondante des exportations. Et c’est là un procédé dispendieux pour réduire les importations. L'autre effet du plan gouvernemental. peut être, en aggravant le chômage et la misère qui en découle, de faciliter l’adoption consentie d’une réduction générale des salaires. Des économies ne sauraient avoir d'autre sens ou d'autre raison d’être que de créer de nouvelles ressources. Très peu de ces ressources viendront améliorer la balance commerciale. Le gros de celles-ci se compose de main-d'œuvre et de matériel, dont nous avons déjà un excédent inutilisable.
Ainsi, le projet du Gouvernement, qui réclame de notre part de si lourds sacrifices, est dans son ensemble basé sur de funestes directives et ne contribuera pas à résoudre les deux problèmes étroitement liés du chômage et du déficit de la balance commerciale.
En ce qui concerne ce dernier qui, si l'on n'y porte point de remède, ne tardera pas à faire s’écrouler l’étalon-or, même si l’on porte à presque rien le traitement des fonctionnaires, les seuls remèdes possibles sont la dévalorisation, de sévères restrictions appliquées directement aux importations, une réduction sérieuse, d'au moins 30 % à mon avis sur tous les traitements et salaires, ou bien une modification de la situation internationale. Une réduction de salaires entraînerait de graves conflits industriels, et nous obligerait par conséquent à un abandon presque immédiat de l’étalon-or; si bien qu’en pratique, il n’y a pas là une alternative à la dévalorisation. Il ne reste donc que trois lignes de conduite auxquelles le Ministère puisse se résoudre. La première, la
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