XXXVII
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Progression descendante, souvent agrémentée, comme dans l'exemple, de petites notes; mouvement de cadence redoublé (finale fa répétée trois fois).
Amplification de formes conclusives simples, telles que celles-ci :
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Ou à deux parties, en juxtaposant les notes qui font harmonie dans Tordre successif mélodique :
— Première indication du thème dans le rôle de David, où il est associé au motif de l'écolier:
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(p. 37) David à Waltcr : (( Depuis un an ilans Sachs met tout son zèle à m'inculquer son art. ))
— Rappel au prélude du 3® acte qui offre la synthèse musicale de la vie et de Toeuvre de Sachs; il est associé ici à un des thèmes de la méditation (Th. XIV, B):
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Thème XXXVIII. — Au cours des scènes qui, dans les deux derniers actes, se passent entre Sachs et Beckmesser, durant ces dialogues où l'attitude calme de l'un contraste avec les intonations violentes ou aigres de Tautre, une phrase orchestrale, commune aux deux interlocuteurs, revient plusieurs fois, qui peut être regardée comme ayant le rôle d'un thème secondaire :
(p. 231) '= acte
Et sous une forme plus simple
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Eléments caractéristiques :
A rinitium intervalle descendant, saut brusque; note répétée avec insistance, ce qui donne à cette phrase une certaine analogie avec la formule rythmique du marqueur (il est question d'ailleurs du marqueur, dans ce passage), triolets, rythme ternaire ayant Tallure d'une danse dans un mouvement modéré, touches légères, ironiques, qui vont et viennent, montent et descendent dans la ligne mélodique. C'est le geste railleur, la lenteur calculée qui ménage un effet, la voix qui insiste complaisamment; ce sont, en un fiel savamment distillé, des paroles qui, sur le ton enjoué de la plaisanterie, frapperont plus juste et plus profondément.
Les exemples sont tirés de la scène (p. 23 1 et suiv.) où Beckmesser, gentiment, fait savoir à Sachs que lui, Sachs, ne sera jamais choisi pour marqueur, il est beaucoup trop orgueilleux, trop envieux! Beckmesser parlant à Beckmesser ne tiendrait pas un autre langage, et quand Sachs répond, le poète rend au cuistre la monnaie de sa pièce (p. 233 et suiv.), en employant à son tour le thème moqueur.
Nous le retrouvons, à Tacte suivant, dans la scène parallèle, Beckmesser reprochant à Sachs d'avoir tout machiné pour s'approprier Eva, la fille « qui pour le greffier seul est faite ». Ici, il succède immédiatement au thème XVIII (p. 234) (i).
Thème XXXIX. — Un autre petit thème d'allure naïve et simple se rapporte au personnage de Sachs, et pourrait être dénommé motif du mariage de Sachs. Dans sa première indication, lorsque David dit à son patron
(i) \'oir également le passage (scène entre Sachs et Walther, p. 321) où le poète parle ironiquement des maîtres, de ces vieux qui ne comprennent pas grand chose aux mélodies libres du chevalier, et que toute innovation gêne.
qu'il lui faut se remarier (p. 294), il continue d'une façon tout à fait imprévue et plaisante les dernières notes du thème de David, forme abrégée dans un mouvement lent (Th. XX^^) :
Ligne mélodique double (sixtes ou tierces).
Avec ses notes alternées (x), ramenées par un trait ingénu et placide (/3), il a un air tout à fait bonhomme; il représente spirituellement les douceurs de l'existence pot-au-feu, les joies de la famille, les enfants qui s'endorment, aux sons de cette berceuse, dans ce verbiage enfantin.
Il est rappelé, plus loin, lorsque Sachs dit tranquillement à Beckmesser « mais vrai, Sachs n'est point un rival pour vous! » (p. 338).
Thème XL. — Enfin, nous avons à signaler dans le rôle de Sachs une mélodie qui, bien qu'elle ne soit pas un véritable leit motifs^ amène un développement symphonique remarquable. Elle se trouve dans la scène du troisième acte, où Sachs donne à Walther des conseils qui sont des règles d'art admirablement justes, des vues esthétiques saines et profondes.
Chez Walther, l'art est surtout le produit spontané de sa nature jeune, ardente, de ses aspirations poétiques; pour le chevalier, l'artiste est surtout l'improvisateur, mais pour Sachs l'artiste véritable est quelque chose de plus.
« Ami, dit le poète au jeune homme, au doux avril des ans, alors qu'aux chauds délices de l'amour qui s'éveille, le cœur se gonfle vite et fort, un chant vibrant
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peut naître aux lèvres d'un grand nombre... V avril le dit pour eux. »
a Arrive rauiomne, Thiver enfin, les peines, les angoisses, les calmes joies, par contre, enfants, affaires, soins, combats... celui-là seul est maître qui peut encore faire un chant sublime... certes maître est son nom. »
« Des maîtres, méditez les règles^ qui sans erreur vont vous conduire et font que Ton conserve les chants de la jeunesse qu'aux jours bénis d'avril, l'amour fit naître en vous à votre insu, afin qu'ainsi vous les gardie{. »
Celui-là seul est vraiment artiste qui, ayant compris la vie dans sa réalité complexe, ayant eu d'elle joies et souffrances, a su garder en son âme la flamme première, l'inspiration improvisée de la jeunesse et qui peut l'évoquer encore dans une forme d'art, selon les règles quil s'est prescrites à lui-même ^ celui-là compose une œuvre d'art qui est vraiment sienne.
La mélodie qui accompagne ces strophes est fort significative par sa structure, nous y reconnaissons, à l'initium, les premières notes du thème de Walther, nous trouvons à sa suite, dans les développements, le thème du printemps (i), le thème des maîtres (2), ou enfin les formes gracieuses tirées des motifs d'Eva (3).
En voici la première phrase :
3' aclc, p. 310)
(i) Successivement, à la (In des trois strophes dont nous avons donne le texte intcf^ral, chaque strophe étant terminée thématiquemcnt, d'une façon différente.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
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Le rythme du début, une longue suivie d'une brève, dans une tnesure a quatre temps^ constitue une des formes de discours musical le plus fréquemment employées dans les œuvres de Wagner.
Cette phrase se répète, ensuite, dans la partie symphonique, soit entièrement, soit réduite à Finitium^ dans la forme d'imitations serrées :
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(\'oir également p. 313, 314, 315)
Pour énumérer complètement les éléments mélodiques de la partition des Maîtres^ signalons brièvement, à côté de cette partie thématique, différents motifs qui figurent dans les scènes pittoresques ou descriptives de Toeuvre.
Le Choral du début, chanté par les fidèles dans Téglise Sainte-Catherine, et dont voici le premier verset :
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(p. Il)
Le Choral du Rossignol, exposé au prélude du troisième acte, et que toute la foule entonne au dernier tableau; c'est, comme on le sait, l'œuvre maîtresse de Sachs. En voici les deux premières phrases :
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La chanson de David « saint Jean dans l'onde du Jourdain » au premier tableau du 3^ acte :
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Dans ces trois motifs aux allures archaïques, nous remarquons une forme rythmique a.^ composée de deux brèves et d'une longue, celle-ci venant tomber sur un temps faible (i); ce groupe est très caractéristique comme spécimen de formes anciennes (2).
Le premier choral (Th. XLI) est reproduit à Torchestre au moment où Sachs prépare la « cérémonie du baptême du nouveau mode » (p. 373).
Un autre motif, d'un caractère récitatif plutôt que mélodique, doit être signalé ici, c'est celui de la Tabiilatiire, au premier acte, dont plusieurs dessins sont rappelés dans la scène dont nous parlons.
(i) Cette disposition métrique est essentielle; elle correspond, dans le plain chant auquel elle doit vraisemblablement son origine, à l'accentuation d'un mot bisyllabique où l'accent est représente par deux notes, ce qui 1 adoucit.
Le mot Dcus par exemple, se placerait ainsi sur le groupe a. du choral :
, "/' t\n»W tnV'.
Et non pas ainsi :
Dé se trouvant sur le temps faible subdivisé serait absolument fautif, l'accent métrique du temps fort venant renforcer la finale, faisant ainsi un contresens rythmique, en défigurant le mot Déus.
(2) Rapprocher de ces exemples le thème de la Bannière (Th. 11) dont la cadence terminale Ç est identique à celle du choral du Rossignol (*,Th. XLII).
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En voici un passage : cadence redoublée et remplie de fioritures :
j^ff'^ff. ;
(p. 107 Kothner. Tabulature.
a. repris au quatuor avec beaucoup de solennité et cérémonieusement.
Cette forme de cadence est répétée plusieurs fois dans des tons différents, et, à chaque fois, Torchestre vient confirmer la conclusion par une ritournelle empanachée; citons encore celle-ci :