‹ Essais des matériaux: notions fondamentales relatives aux déformations élastiques et permanentesChapitre 62 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

veux pas nier Timportance pratique des moyennes qu*on trouve dans les traités ; il est toutefois bon d'observer que les ingénieurs admettent ce qu'ils appellent des coefficients de sécurité ; c'està-dire n'emploient les matériaux qu'avec des efforts 5 ou 10 fois plus petits que ceux qu'ils pourraient supporter, si on admettait comme exacte la valeur des charges moyennes de rupture.

69. — Application du principe de Coulomb. — Que devonsnous penser de l'application du principe de Coulomb? Les

Charges

25of

Allongement d« 5%

Allongements

courbes de décharge sont-elles à peu près parfaitement élastiques, et conséquemment les courbes de recharge leur sont-elles superposées jusqu'à la charge déjà une fois atteinte ?

On décrit la courbe de traction ABC {fig. 44) avec un fil de cuivre recuit. Parvenu au point C, on supprime l'écoulement (n* 16) et après un temps t connu, pendant lequel on dé-

crit (dP = o) la branche CD, on supprime brusquement la plus grande partie de la charge par un procédé qu'on imaginera facilement. Ceci fait, on recharge à nouveau et on obtient une nouvelle courbe, qui est formée d'une partie rectiligne EF puis qui s'infléchit brusquement suivant FG. La figure 42 donne trois courbes obtenues sur trois fils aussi identiques que possible, les points d'arrêts C correspondent au même allongement et les portions CD correspondent à des temps différents.

L'expérience montre donc que le principe de Coulomb n'est qu'assez imparfaitement vérifié. Si les branches FQ viennent sensiblement se raccorder tangentiellement aux prolongements des courbes AC, la branche EF ne vient pas passer par le point D, mais commence à s'infléchir avant ce point. Elle passe d'ailleurs d'autant plus près du point D que la branche CD (c'està-dire le temps passé sous charge constante) est plus grande.

Ainsi les déformations permanentes ne sont pas absolument assimilables à ce qu'elles seraient pour un véritable frottement solide, dont la grandeur serait accrue par la déformation ellemême (écrouissage). A tout le moins, pour que la courbe de recharge vienne de nouveau passer par l'extrémité de la précédente courbe, faut-il que la plus forte charge imposée ait eu le temps d'agir.

Cette non concordance absolue avec les conséquences du principe schématique de Coulomb est d'une importance théorique capitale ; elle ne doit cependant pas faire oublier que la concordance est approximative, qu'il s'en faut de peu que le corps ne soit devenu parfaitement élastique pourdes charges inférieures à la charge maxima déjà supportée. L'importance pratique du principe est donc considérable : il explique le rôle de tous les essais avec une charge P supérieure à celles que la pièce est destinée à supporter normalement. Les premières déformations l'écrouissent : elle se trouve ensuite pratiquement incapable de déformations permanentes pour toutes les charges notablement inférieures à la charge P.

Ce que nous venons de dire du principe de Coulomb pour la traction, s'applique à toutes les autres déformations, torsion, flexion

Quand on essaie des canons avec une quantité d'explosif supérieure à la normale (coups dits de matage), ou un pont avec une pression uniforme (lit de cailloux) plus grande que celle prévue pour la pratique courante, alors même qu'il y aurait pendant

Page 1