ACTE I, SCENE ÎII
GENEVIÈVE
Mon enfant, si je mourais ici, qui donc aurait soin de toi?
l'enfant.
Ah l que dis-tu ? Je me coucherais à tes pieds, et Dieu ne voudrait pas nous séparer.
GENEVIÈVE
Cher enfant! beaucoup d'années t'attendent, et moi, je sens que je ne vivrai pas long-temps. l'enfakt.
Ah I ma mère, comme tu pleures I je t'ai vue si courageuse et si calme dans cette retraite I pourquoi sortir d'ici ?
Il le faut. Adieu solitude où j'ai passe' dix années en paix. Il me semble que ces. arbres , que ces rochers renferment des génies protecteurs , témoins et -conGdens de mes larmes. Mais vous, ô mon Dieu ! vous qui remplissez l'univers, je pourrai vous prier partout sur la terre et sous le ciel; vous soutiendrez mes pas chancelans jusqu'à ce que cet enfant ait un autre appui que moi dans le monde. Alors vous me rappellerez dans votre sein , car j'ai trop souffert pour recom. mencer à vivre, et mon temps d'épreuve est fini. Ma fille , pour la dernière fois , sanctifie ce lieu par la prière.
( Geneifïèue et son enfant se proslcivient au pied de
la croix. )
Dieu des opprime's , Dieu des faibles, Dieu des
3o GENEVIÈVE DE BRABANT.
enfans , jregarde en pitië celui-ci. Janaais un sentiment dur ou trompeur n*est approche de son ame ; elle est encore , cette ame, ô mon Dieul telle que vous la lui avez donne'e. Elle va pour la première fois lutter avec le destin , protëgez-la ; protégez la mère à cause de Tenfant. Allons, mailliez Dieu nous a bénies. Partons.
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